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Pelléas et Mélisande inédit par Pierre Monteux au MET

À emporter, CD, Opéra

Claude Debussy (1862-1918) : Pelléas et Mélisande, opéra en cinq actes (15 tableaux). Distribution : Nadine Conner, soprano (Mélisande) ; Theodor Uppman, baryton (Pelléas) ; Martial Singher, baryton (Golaud) ; Martha Lipton, mezzo-soprano (Geneviève) ; Jerome Hines, basse (Arkel) ; Vilma Georgiou, soprano (Yniold) ; Luben Vichey, basse (un médecin). The Metropolitan Opera Orchestra and Chorus ; direction : Pierre Monteux. 2 CD-R St-Laurent Studio. Enregistré en public le 2 janvier 1954 au Metropolitan Opera à New York. Transferts : Yves St-Laurent. Pas de notice de présentation. Durée : 2:19:31

 

YSL T-526L’année Debussy, célébrée à l’occasion du centenaire de la mort du compositeur, nous apporte quelques intéressantes nouveautés discographiques, parmi lesquelles on trouvera cette interprétation de Pelléas et Mélisande, captée sur la scène du Metropolitan Opera en 1954. Elle est éditée pour la première fois, dans le cadre de la série consacrée aux raretés signées .

Celui-ci était à la tête des altos de l’orchestre de l’Opéra-Comique à Paris, ainsi que son chef assistant lors de la création de Pelléas et Mélisande, le 30 avril 1902, sous la direction d’André Messager. Plus tard, Monteux déclara au sujet de cette œuvre : « Pelléas m’affecte profondément ; je ressens toujours un sens aigu du ravissement en conduisant cet opéra inspiré. Bien sûr, le mystérieux poème de Maeterlinck a aussi beaucoup à voir avec mon amour pour cette composition » (citation tirée du livre It’s all in the music, éd. Farrar, Straus & Giroux, 1965).

Quant à l’interprétation, on salue, en premier lieu, dont Pelléas (le rôle qu’il incarne depuis 1947) attire l’attention tout autant par la simplicité et la beauté d’un timbre lumineux que par la profondeur expressive. C’est par de légers changements de couleurs et d’intensité que l’artiste modèle son chant – par moments empreint d’une charge émotionnelle très forte mais pas excessive – conformément au sens des paroles.

, en Mélisande, saisit surtout par la chaleur d’une voix baignée d’une douce lumière et imprégnée de tendresse. Ses « échanges » avec ne manquent ni de ferveur, ni de tension, et fascinent par leur force évocatrice.

Pour les autres solistes, retenons qui, en Geneviève, enrichit le drame par la sincérité du ton et l’élégance des phrasés, ainsi que en Arkel, dont la basse impressionne par un style raffiné et la grandeur. N’oublions pas non plus en Golaud, doté d’un timbre sombre et un peu raide, dont la prestation se distingue par une certaine sobriété, voire une froideur qui n’est pas de la pâleur.

, particulièrement attentif aux moindres détails de la partition, rend le drame cohérent, limpide et poétique, tout en mettant en valeur la plasticité des textures et un large éventail de teintes, aussi pour les contrebasses.

En ce qui concerne les reports, l’éditeur ne précise pas quelle en est la source. Il signale seulement que « ce transfert a été réalisé à partir d’un rare exemplaire existant de cette prestation légendaire. Une restauration longue et méticuleuse a été nécessaire pour corriger les nombreux défauts techniques de cet enregistrement. Son extrême rareté et son intérêt artistique et historique justifient l’importance de sa diffusion ». Nous supposons qu’il s’agit d’un transfert exécuté depuis une gravure effectuée dans des conditions incertaines par un collectionneur lors de la radiodiffusion du spectacle (de temps en temps, on entend, au fond, des sons assourdis qui semblent faire partie d’un autre programme). Il en résulte des distorsions et plusieurs coupures, en raison desquelles cet album ne peut être considéré que comme un document.

Malgré ces défauts, cette interprétation pleine d’émotions et rayonnante de musicalité mérite l’attention, d’autant plus que les chanteurs ont tous une diction irréprochable. À recommander sans hésitation aux amateurs de cet opéra.

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