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Exploration de La Belle au bois dormant au musée de la danse de Stockholm

Aller + loin, Danse , Expositions

Exposition : Sleeping Beauty – Fairy tale, Dance and Dream. Dansmuseet, Stockholm. Jusu’au 19 août 2018.

Collectionnées par Rolf de Maré, les archives internationales de la danse ont trouvé refuge depuis 1953 au musée de la danse de Stockholm, premier musée consacré à cet art dans le monde, qui accueille aussi régulièrement des expositions temporaires. Cet été, il offre une plongée au cœur des différentes versions chorégraphiques de La Belle au bois dormant.

Le musée de la danse est modeste, certes. Sis dans une ancienne banque, il accueille régulièrement des événements destinés aux danseurs amateurs ou des master classes. La salle consacrée à la collection permanente compense sa petite taille par une scénographie astucieuse. Rolf de Maré, héritier d’une famille de bienfaiteurs des arts et fondateur des , n’était pas seulement un mécène éclairé, un collectionneur avisé, mais aussi un globe-trotter qui rapporta du monde entier des objets liés à la danse, ce qui confère à ce musée un amusant côté « cabinet de curiosités ».

Des tiroirs permettent d’admirer masques balinais ou instruments exotiques, tandis que des maquettes de théâtre illustrent en musique les seize productions des , la compagnie qu’il dirigea à Paris dans les années 1920. Musiques de Francis Poulenc, Darius Milhaud ou Maurice Ravel, scénographies de Francis Picabia, Fernand Léger, Pablo Picasso ou Pierre Bonnard et chorégraphies invariablement signées Jean Börlin, ces vitrines animées agrémentées de costumes ou archives d’époque offrent un témoignage précieux de cette période. Elles complètent les acquisitions récentes de costumes originaux des Ballets Russes, de l’Opéra royal de Suède ou du que le musée a pu réaliser ces dernières années.

De Petipa aux Ballets Russes

C’est tout naturellement dans la salle des coffres, avec ses lourdes portes blindées, que se niche l’exposition temporaire consacrée à La Belle au bois dormant. Le conte de fées de a connu un succès chorégraphique non démenti depuis sa création le 15 janvier 1890 au Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg par sur une musique de Tchaïkovski, devenant le « ballet des ballets ». L’exposition en retrace les productions les plus importantes, depuis celle des Ballets Russes à celles du ou du Bolchoï, en passant par les différentes productions suédoises, du à celle de . Des costumes rares, pour certains magnifiques, issus de trois différentes productions, émaillent l’exposition.

La visite prend comme point de départ la représentation de La Belle au bois dormant par les Ballets Russes à Londres à l’Alhambra Theater en 1921, première représentation occidentale du ballet devant un public de spectateurs européens. Elle présente un ensemble de documents très complet, du programme aux photographies de la production, qui réunissait des danseurs comme Olga Spessivtseva, Pierre Vladimirov, Stanislas Idzikowski ou Bronislava Nijinska, qui avait signé quelques chorégraphies additionnelles. Les décors et les costumes avaient été conçus par Léon Bakst. D’autres productions, telle celle d’Yngve Gamlin pour l’Opéra royal de Suède en 1955, sont également représentées à travers costumes, maquettes de décor ou vidéos. Seul regret, que n’y figure pas la version de , mise en scène dès 1966 à la Scala de Milan et dansée par lui-même et Carla Fracci, puis remontée au Canada, à Londres, à Vienne et enfin en 1989 pour le Ballet de l’Opéra de Paris.

Animée de grands panneaux dessinés par une illustratrice suédoise contemporaine, destinés aux plus jeunes, l’exposition s’adresse à tous les publics et vise à faire vivre le mythe de La Belle au bois dormant, l’un des ballets classiques les plus populaires aujourd’hui.

Crédits photographiques : © Klara Berggren

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