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À Stockholm, remise du Prix Birgit Nilsson 2018

Jeudi soir, l’Opéra royal de Stockholm a ouvert ses portes pour la remise du Prix Birgit Nilsson 2018, attribué pour la quatrième fois par la Fondation . Cette cérémonie s’inscrivait cette année dans le cadre du centenaire de la naissance de la grande soprano et comptait pour l’occasion parmi ses invités le couple royal de Suède, l’aristocratie suédoise et le premier ministre du pays. Avec un code vestimentaire strict (smoking et robe longue) c’est une cérémonie très chic et luxueuse, qui s’est déroulée dans une salle somptueuse et sur une scène agrémentée de décorations et d’escaliers dorés. Le programme de la soirée comprenait aussi bien la remise du prix à la lauréate, la soprano suédoise , par le roi de Suède Charles XVI Gustave, que des discours et des parties musicales.

Pour celles-ci, la jeune soprano a d’abord interprété trois chansons scandinaves, de Jean Sibelius (Ai-je rêvé ? et Gretchen vient du rendez-vous op. 37) et de Ture Rangström (Vingar i natten), en nous convainquant par son intensité émotive et rhétorique. Si la prestation donnée par Nilsson était une belle entrée en matière, celle de était une performance magistrale du point de vue du chant et de l’art dramatique. Bien que sans costume particulier et sans mise en scène (mais avec une tenaille avec laquelle il frappait la semelle de l’une de ses chaussures en présentant un monologue du deuxième acte des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner !), Terfel s’est comporté comme s’il jouait dans un vrai spectacle et, de plus, en interagissant avec le public ; le timbre de sa voix de satin se caractérisant par la finesse de la mezza voce, l’ampleur et la profondeur du fortissimo, ainsi qu’une expressivité et un engagement physique et émotionnel rares. Grand interprète dramatique de Wagner (des monologues du Vaisseau fantôme et des Maîtres chanteurs de Nuremberg), c’est un comédien qui fait rire aux larmes dans Verdi (un monologue du 1er acte de Falstaff). L’Orchestre de l’Opéra royal de Suède sous la baguette d’Evan Rogister faisait preuve de justesse et d’éloquence. Après le concert, les invités, y compris le couple royal, se sont rendus au Grand Hôtel pour un dîner de fête, pendant lequel jouait, sur un Steinway moderne, Gangar op. 54 n° 2 d’Edvard Grieg, Romance op. 24 n° 9 de Jean Sibelius, et la Polonaise « Héroïque » op. 53 de Frédéric Chopin. Son exécution a fait montre de ses qualités exceptionnelles d’interprète : pour les miniatures, une musicalité saisissante, un large éventail de demi-teintes, mais également la pureté du ton ; pour Chopin, une suggestivité touchante, la délicatesse du toucher, de même que, par moments, le tour de force pianistique. La partie centrale, fascinante par le pouvoir d’expression, faisait penser à un passage puis à une charge de cavalerie.

Crédits photographiques : et Charles XVI Gustave © Fredrik Stehn

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