Retour à l’accueil du site   Le magazine La scène Ecouter, voir, lire ...      Ajouter aux favoris Abonnement à la lettre d'information        Qui sommes-nous ? Contactez-nous Dans la presse Partenaires       Flux RSS




[Paris] Harmonies d
Du 15 au 20 septembre
[Paris] Harmonies d'Automne
Année France-Russie



[Franche-Comté] Festival de Besançon 63e édition
Du 16 au 26 septembre
[Franche-Comté] Festival de Besançon
63e édition



[Provence] Les Floraisons Musicales Musiques et Patrimoine
Jusqu'au 17 octobre
[Provence] Les Floraisons Musicales
Musiques et Patrimoine



11 et 12 septembre
[Aude] Les Théophanies
Week-end baroque français

Tous les communiqués

Nos partenaires

 


 

Agen Aime Aix-en-Provence Ambronay Amsterdam Ancy-le-Franc Angers Anthony Antibes Anvers Anzy-le-Duc Arques-La-Bataille Asnières-sur-Oise Aubenas Auberive Aubervilliers Auch Aulnoye Aimeries Auvers-sur-Oise Auvers_sur_Oise Auxerre Avenches Avignon Bad Urach Bad-Wildbad Baden-Baden Bagnolet Barcelone Bayreuth Beaune Beauvais Belle Ile en mer Bellerive Berlaimont Berlin Berne Besançon Biarritz Blagnac Bobigny Bonmont Bonn Bordeaux Bouillon Boulogne-Billancourt Boulogne-sur-Mer Bourg-en-Bresse Braine-le-Comte Bruge Bruges Brûlon Bruxelles Bucarest Budapest Bury St. Edmunds Buxy Caen Caen-Verson Cahors Calenzana Caluire-et-Cuire Cambrai Cannes Castelnau Castelneau Céret Cergy Pontoise Cernier Chalon-sur-Saône Charleroi Chartres Chateau-Thierry Chatenay Chaumont-en-Vexin Chevigny-Saint-Sauveur Colfontaine Colle di Val d’Elsa Colmar Cologne Compiègne Conques Corbigny Cordon Corneilla de Conflent Couillet Crest Créteil Cuenca Deauville Denain Dijon Dinard Divonne Douai Douchy Doucy-en-Bauges Dresde Dubrovnik Duisburg Düsseldorf Ecaussines Echternach Ecully Ederbach Edinburgh El vendrell Elne Enghien Ernen Essen Essômes-sur-Marne Faucogney Fayence Fécamp Filderstadt Flavigny-sur-Ozerain Florence Fontaine-les-Dijon Fontainebleau Fontenay Fontevraud Fribourg Fuveau Gand Gelsenkirchen Gênes Genève Glyndebourne Grenoble Gstaad Guebwiller Hambourg Helsinki Héricourt Herrenchiemsee Horrues Houdain Lez Bavay Ifs Ile de France Ille sur Têt Innsbruck Issoudun Jemappes Joliette Jouy-le-Moutier La Chabotterie La Chaise-Dieu La Côte Saint André La Prée La Roque d'Anthéron La Roque d’Anthéron Lacoste en Lubéron Lagraulet Lambesc Lanaudière Lanoraie Lausanne Le Creusot Le Havre Le Pin La Garenne Le Thor Les Arcs Les Karellis Les Lucs sur Boulogne Levallois-Perret Liège Ligugé Lille Limoges Londres Los Angeles Louvain-La-Neuve Lucerne Luçon Lugano Lure Luxembourg Luxeuil-les-Bains Lyon Macerata Mâcon Madrid Magny-les-Hameaux Manaus Marcq-en-Barœul Marsannay Marseille Martigny Massada Massy Mazaugues Mériel Meslay du Maine Metz Mézières Milan Mittenwald Moissac Molitg-les-bains Monaco Monestiés Mons Montauban Montaudran Montigny-le-Bretonneux Montpellier Montréal Montreuil Montreux Montreux/Vevey Montrouge Mougins Moulins Mulhouse Munich Mussy-la-Fosse Namur Nancy Nanterre Nantes Naples Narbonne New York New-York Nice Nivelles Noirlac Orange Orléans Pantin Paris Parme Peronne Perouse Perpignan Perros-Guirec Pierre de Bresse Poissy Poitiers Pontoise Prades Prague Provence Puteaux Québec Quimper Rambaud Ravenne Reims Rennes Roisin Rome Rotterdam Roubaix Rouen Rouffach Royaumont Saanen Sablé Sablé-sur-Sarthe Saint Michel de Cuxa Saint Sulpice / le Verdon Saint-André de l’Eure Saint-Avé Saint-Céré Saint-Cloud Saint-Denis Saint-Etienne Saint-Germain-au-Mont-d'Or Saint-Guilhem-le-Désert Saint-Irénée Saint-Jean cap Ferrat Saint-Jean-de-Luz Saint-Laurent Saint-Maximin Saint-Maximin-la-Sainte-Baume Saint-Michel en Thiérache Saint-Nizier-de-Fornas Saint-Péterbourg Saint-Pétersbourg Saint-Philbert-de-Grand-Lieu Saint-Pierre-sur-l’Hâte Saint-Quentin-en-Yvelines Saint-Sulpice-le-Verdon Saint-Victor-la-Coste Sainte-Marie-aux-Mines Saintes Salerne Salon-de-Provence Salsbourg Salzbourg San Francisco Santa Fe Saoû Sarrebruck Sceaux Seattle Ségry Semur-en-Auxois Seneffe Senlis Silly Soissons Sorèze Souillac Strasbourg Stuttgart Sully-sur-Loire Talant Talent Tautavel Tillières-sur-Avre Toronto Toulon Toulouse Tourcoing Tournon-sur-Rhône Tours Turin Valenciennes Vauxrenard Vélizy-Villacoublay Venise Verbier Vernet-les-Bains Verneuil sur Avre Verneuil-sur-Avre Vérone Versailles Vevey Vézelay Vezoul Vienne Vienne (Isère) Villefrance de Conflent Villefranche-sur-Saône Villeurbanne Vimoutiers Vincennes Vitteaux Vougeot Walcourt Werden-Essen Wiesbaden Wissembourg Zürich
   La Scène
[Scène] Lyrique
La Finta Giardiniera, acte II
[Reims] Mozart, génie musical et dramatique

La Scène [Scène] Lyrique Pays : FRANCE Région : CHAMPAGNE-ARDENNE Imprimer l’article Tous les articles de Richard Letawe

Reims. Grand Théâtre. 2-IV-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Finta Giardiniera, opéra en trois actes sur un livret attribué à Giuseppe Petrosellini. Mise en scène et décors : Stephan Grögler ; costumes et décors : Véronique Seymat ; lumières : Laurent Castaingt ; assistante à la mise en scène : Bénédicte Debilly. Avec : Chantal Santon, Sandrina ; Sara Hershkowitz, Arminda ; Aurélie Loilier, Serpetta ; Daphné Touchais, Don Ramiro ; Mathieu Abelli, Il conte Belfiore ; José Canalès, Le Podestat ; Ernesto TresPalacios, Nardo. Opera Fuoco, direction : David Stern.

     
Retour au Grand Théâtre de Reims pour entendre la Finta Giardiniera de Mozart, avec un doute, suscité par la brillante représentation la veille de la version d’Anfossi : Et si le relatif insuccès de la version Mozart par rapport à celle d’Anfossi avait été mérité ? Le vieux routier au sommet de ses moyens n’a-t-il pas été plus inspiré que son jeune cadet au génie encore un peu maladroit ?

     La confrontation des deux partitions en si peu de temps permet de remettre les pendules à l’heure. Le grand succès d’Anfossi à l’époque est compréhensible : sa musique est d’un abord plus facile, plus immédiatement plaisante, moins recherchée, moins virtuose, elle demande moins d’investissement et d’attention de la part de l’auditeur. La musique du jeune Mozart est cependant d’un autre calibre, plus inventive, plus diversifiée, mieux orchestrée, plus mélodieuse, et sa supériorité (quel autre terme utiliser ?) est éclatante. Le dramaturge Mozart est également bien plus intéressant, car il rend les personnages plus humains et leur donne une étoffe que n’ont pas les pantins d’Anfossi. Ainsi, quand le compositeur napolitain écrit en mode mineur, c’est toujours pour parodier les grandes envolées tragiques de l’opera seria, alors que chez Mozart, les passages en mineur illustrent des sentiments et des situations vrais et sincères. Le passage le plus saisissant chez Mozart est le début du deuxième acte, qui voit se succéder deux vrais airs serio, qui sont de grands airs tragiques, sans aucun caractère de pastiche. La partition de Mozart a certes un côté plus disparate, la musique semblant parfois « trop grande » pour un livret faible (une marquise se fait passer pour une jardinière afin de retrouver son fiancé qui l’a frappée et laissée pour morte lors d’une crise de jalousie. Lorsque l’ex-fiancé la reconnaît, celle-ci avoue sa véritable identité puis se rétracte, mais tout se termine évidemment en happy end après quelques péripéties assez convenues) mais la Finta Giardiniera est plus qu’un brouillon pour les grandes œuvres à venir, et elle peut constituer un spectacle tout à fait passionnant. Pour terminer ce comparatif des mérites des deux compositeurs, un argument qui pourra sembler trivial : la version Anfossi est très plaisante, mais le troisième acte semble fort long et on est quand même, malgré tout, un peu soulagé d’en voir la fin, alors qu’avec Mozart, la fin vient trop vite, et on en reprendrait bien pour une heure.

      Dans les mêmes décors que la veille, la mise en scène de Stephan Grögler marque bien le saut qualitatif opéré entre les deux versions. L’action est plus concentrée, plus sérieuse, les possibilités du décor sont moins exploitées (ce n’est plus nécessaire), et il n’y a plus besoin d’introduire un personnage supplémentaire, le pianofortiste, certes très drôle et dont l’utilisation était une excellente idée, mais qui était somme toute un parasite, un greffon sur le déroulement de l’action. Finalement, si la mise en scène de la version Mozart est moins inventive et marquera certainement moins les mémoires, elle est nettement mieux adaptée à la nature de l’œuvre.

     Pour servir cette Finta Giardiniera, comme la veille, une distribution de jeunes chanteurs de tout premier plan. Il y a d’abord quatre excellentes soprano au voix bien différenciées : Chantal Santon est une Sandrina au format vocal très large, au timbre laiteux et sombre assez somptueux, qui doit encore apprendre à maîtriser sa respiration et à soigner son intonation, mais qui produit déjà des aigus excellemment contrôlés et quelques pianissimi superbes. Une belle révélation, et peut-être l’étoffe d’une grande Susanna. Sa rivale Arminda est chantée par Sarah Hershkowitz, voix piquante, aux aigus brillants et excitants, et réussissant de très belles ornementations. Aurélie Loilier (Serpetta), est annoncée souffrante, ce qui, à part un léger manque de puissance ne se remarque pas du tout. Le timbre est corsé, le medium riche, le chant stylé et très agréable. Enfin, Daphné Touchais fait forte impression en Ramiro, avec sa voix puissante et veloutée et son timbre aux couleurs éclatantes. Elle bouscule un peu la ligne vocale, mais c’est une chanteuse passionnante, qui rayonne sur scène, et qui caractérise très bien les personnages qu’elle interprète. José Canalès (Podestat) est un bon comédien, mais un chanteur au timbre assez ingrat, et très prudent, il a tendance à escamoter ses aigus. On le sent dans ses quelques airs toujours à la limite de ses moyens. Pour l’autre ténor, Mathieu Abelli (Belfiore), le problème est inverse : il a des moyens, mais ne les contrôle pas encore très bien. Le timbre est très beau, assez sombre et très viril, mais le style est fruste, les aigus sont peu assurés et la ligne vocale très hachée. Cependant, il chante avec beaucoup de cœur, a de la prestance, et son potentiel est indéniable.

     Le meilleur homme est pour la fin, Ernesto Tres Palacios est un Nardo au format vocal très impressionnant, aux graves somptueux, et au médium souple, mais à l’émission un peu brutale.

     David Stern dirige son ensemble Opera Fuoco avec énergie et fermeté, et se montre très attentif aux chanteurs. Les sonorités de l’orchestre sont un peu sèches, mais nettement moins que celle de la Capella de’Turchini de la veille. Le sens de la continuité manque à cette direction ardente et juvénile, ce qui se traduit par l’impression d’entendre une suite de numéros sans trop de rapports entre eux.

     L’impression est donc globalement très positive, pour les deux spectacles en eux-mêmes, ils pourraient presque être montés séparément, mais surtout pour leur confrontation, qui permet de mesurer à quel point Mozart, tout en n’étant pas seul au monde et en ayant un style très proche, était quand même nettement plus intéressant que ses concurrents. Une belle manière de toucher du doigt la différence entre le talent et le génie. Grâce en soit rendue à la Fondation Royaumont, initiatrice de cette double production, et au Grand Théâtre de Reims, qui choisit bien les spectacles qu’il invite et qui présente des saisons variées et intéressantes.

Crédit photographique : © Michel Chassat

par Richard Letawe (11/04/2006) [3946 visite(s)]

Inviter un ami à lire cet article
Votre nom :
Votre email :
Email de votre ami :
Commentaire :
  Je m’inscris aussi à la lettre d’information de ResMusica
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien en plein écran vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous à contact@resmusica.com en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit. Pour plus d’information, vous pouvez vous reporter au Droit du Net.



38 mélomane(s) connecté(s)
18006 pages lues hier

Qui sommes-nous ? Contactez-nous Dans la presse Partenaires
Copyright © 2000-2010 ResMusica. Tous droits réservés.
Retour à l’accueil du site
Le magazine
La scène
Ecouter, voir, lire ...
Ajouter aux favoris
Abonnement à la lettre d'information
Qui sommes-nous ?
Contactez-nous
Dans la presse
Partenaires