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| Le Magazine |
Compositeur Roumanie - XIXe
Porumbescu Ciprian [1853 - 1883]
La Roumanie et le printemps
des peuples
La seconde moitié du XIXème siècle voit les
nationalités dEurope Centrale et du Sud revendiquer leur reconnaissance et aspirer
à lautonomie. Ce vaste mouvement nationaliste, que lon désigne parfois sous
le nom de « Printemps des peuples », influence de nombreux compositeurs, qui
intègrent systématiquement la composante nationale à leurs uvres.
Nation Latine isolée au cur de lEurope,
la Roumanie est une province disputée par les empires Austro-Hongrois et Ottoman. Situés
au confluent de lOrient et de lOccident, sujets aux influences Slaves,
Turques, Hongroises, les Roumains trouvent leur « éveilleur » musical en la
personne du compositeur Ciprian Porumbescu (14 octobre 1853 - 6 juin 1883).
Porumbescu le précurseur
Ciprian Porumbescu, malgré sa courte existence - il
meurt à 29 ans -, laisse environ 250 uvres inspirées par le folklore roumain. Ce
fils de prêtre, issu dune famille aisée, est un romantique à part entière. Il
compose infatigablement : pièces pour piano, danses roumaines, rhapsodie, musique de
chambre, opérette... Son style est caractérisé par la simplicité, la bonne humeur. En
maintes occasions, son optimisme le rapproche de Mendelssohn.
La limpidité de son langage nest pas non plus sans évoquer lun de ses
illustres contemporains, latin comme lui Georges Bizet.
Cette activité de compositeur accompagne de fortes
implications révolutionnaires. Nationaliste convaincu, le jeune Porumbescu, installé à
Vienne - où il suit les cours de composition dAnton
Bruckner - édite une « collection de chansons sociales pour les étudiants
Roumains ». Par sympathie pour le peuple Albanais, persécuté par les Ottomans, il
lui compose un Hymne National. Cet activisme vaudra la prison à Ciprian Porumbescu. Et
même la prison ne peut le réduire au silence : il y écrit ses chansons les plus
célèbres.
Très populaire de son vivant, le
« compositeur-patriote » Ciprian Porumbescu est une figure incontournable de
la Roumanie, en pleine période deffervescence nationale. Par reconnaissance, on
choisira plus tard lune de ses pièces pour piano les plus appréciées pour hymne
national, et son nom sera donné à la ville qui la vu mourir, Stupca.
La musique de Ciprian Porumbescu na guère
franchi les frontières de son pays. Il est vrai que sa musique vise essentiellement les
sentiments des auditeurs en laissant de côté tout caractère cérébral. Dautre
part, elle noffre pas non plus aux interprètes loccasion de mettre en valeur
leurs qualités techniques ou virtuoses.
La musique Roumaine trouvera en George Enescu - né 2
années avant la mort de Porumbescu - le génie qui saura véritablement exploiter et
transcender les si riches musiques populaires de cette contrée.
Cependant, à lheure où nombre de maisons de
disques se distinguent par la redécouverte dun répertoire méconnu, on peut
espérer que la vaste production de Ciprian Porumbescu sorte enfin de lombre.
Récemment encore, Ciprian Porumbescu a longtemps
incarné lespoir pour le peuple Roumain. En effet, pendant les années noires de la
tyrannie de Ceaucescu, les émissions quotidiennes de Radio Europa Libera, symbole de la
résistance au pouvoir, étaient annoncées par lintroduction de lémouvante
ballade pour violon. Quel plus bel hommage pouvait être rendu à ce jeune homme épris de
musique et de liberté ?Merci à...
- Marinela Nardin, restée au pays, pour ses traductions précieuses
- Marian Rapaport, membre du quatuor Kineret, pour sa sympathie et son aide
désintéressée. (http://www.geocities.com/Vienna/6396/)
par Alain Chotil Fani (22/07/1999) [4545 visite(s)]
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