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Presse quotidienne
17 juillet 2005
La revue de presse
par Alexandre Pham (04/07/2005)
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Le Monde (samedi 16 juillet)
ACADEMIES DE SAINTES : ESSOR et PERSPECTIVES

Notre confrère Renaud Machart s’intéresse au Festival de Saintes (Charente-Maritime). Stephan Maciejewski (46 ans), directeur artistique explique le projet artistique du festival qui connaît en 2005, sa 34 ème édition, du 14 au 24 juillet. Exemple d’un lieu qui a su évoluer à mesure que la notion de musique ancienne et baroque a elle-même investi de nouvelles perspectives (pratique instrumentale et répertoires).
L’interviewé précise la notion plutôt mobile et ouverte de « musique ancienne » : « J’ai accompagné et je prolonge aujourd’hui la réflexion de Philippe Herreweghe quant à la notion de musique ancienne qui a d’abord été de la musique... contemporaine ! La musique ancienne n’est pas un ghetto mais un regard porté sur des répertoires, qu’ils soient du XIVe ou du XXe siècles. Le pianiste Jos van Immerseel joue Poulenc sur un Erard qu’aurait pu toucher le compositeur français, pourtant mort en 1963. Mais il n’y a pas de fétichisme quant aux instruments : Alexandre Tharaud a joué Bach, en 2004, sur un Steinway moderne. D’autres, comme les violoncellistes Jean-Guihen Queyras et Peter Wispelwey, choisissent leur archet et leur cordage selon qu’ils jouent Bach ou Britten.  »
Peu à peu, le public a suivi cette la notion dynamique de l’approche dite historique : « La concomitance des époques ou des styles au sein d’un même concert, quand elle est possible, est pour moi la meilleure solution. Une Sequenza de Luciano Berio programmée juste avant une cantate de Jean-Sébastien Bach est une manière d’ouvrir les perspectives et de titiller la curiosité. »
En complément : précisions des activités du Centre Culturel de rencontre de l’Abbaye aux Dames dont le festival est l’une des parties ; relations avec Philippe Herreweghe dans l’élaboration des programmes…

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Le Monde (samedi 16 juillet)
SAINTES PORTE EN TRIOMPHE « l’utopie » polyphonique de la Renaissance

Aucun des fidèles de Saintes, ne saurait se soustraire à un concert de Paul Van Nevel. « C’est un rituel » précise Renaud Machard, spectateur du concert inaugural du 14 juillet dernier qui a vu paraître le chef belge lequel « tout en aimant des compositeurs d’autres époques (Bartok est sa passion), ne se consacre professionnellement qu’à une période de l’histoire de la musique. Cette période, pour van Nevel, est la Renaissance, ou, plus largement, mais plus exactement, l’âge d’or de la polyphonie, qui couvre plus de deux siècles, du XVe au XVIIe. C’est-à-dire un immense continent de musique.  »
L’époque est celle des princes s’arrachant à prix d’or solistes et chantres de leur chapelle privée. « Les cours et les chapelles mettaient alors un point d’honneur à rivaliser en matière de recrutement de haut vol, de salaires de ministres pour débaucher et attirer les compositeurs, qui étaient le plus souvent eux-mêmes chanteurs ou maîtres de chapelle ce qui laisse imaginer quel niveau intellectuel, technique et musical devait être celui de ces cercles musicaux.  »
Gros plan sur la figure emblématique, au sein de la Flandre, -foyer des talents recherchés-, de Nicolas Gombert, auquel Paul Van Nevel « a consacré un merveilleux petit ouvrage » dans lequel l’auteur déclare que « les capitales musicales européennes furent sous l’emprise des musiciens franco-flamands ».
Notre confrère évoque le foisonnement festif du premier concert de Saintes 2005 : « un ensemble de pièces qui composaient sans mal un feu d’artifice polyphonique. Des musiques franco-flamandes, il va de soi, mais aussi des musiques italiennes et, en "dessert", la pièce montée qu’est le célèbre Spem in Alium de Thomas Tallis à quarante couches vocales. » Aux vertiges de la musique correspond une société en profonde mutation dont Van Nevel rappelle que : « "Copernic (1473-1543) renverse le monde au propre comme au figuré. Petrucci (1466-1539) invente l’imprimerie musicale, rendant la musique accessible à tous. Le savant juif Abraham Zacuto (v. 1450- v. 1515) élabore un ‘Almanach perpetuum’grâce auquel l’homme peut prévoir l’avenir. (... ) Antonio di Pietro Averlino (v. 1400-1469) crée la cité futuriste idéale Sforzinda dans son Trattato d’architettura. Francesco di Giorgio Martini (1439- 1502) expose les règles de la perspective moderne, un tournant dans la représentation de la perception dans les arts plastiques. " »
Saintes ressuscite les sonorités anciennes et sait passer commande aux auteurs d’aujourd’hui : « Mais la vraie surprise est que, justement, un jeune compositeur de 43 ans puisse écrire aujourd’hui comme ces grands aînés naguère. C’est ce à quoi parvient assez magistralement Willem Ceuleers, l’auteur d’un Nomen Mortis infâme à... 35 parties réelles.  »
Lyrique et convaincu, notre confrère parle d’un « van Nevel, subtil jouisseur », grâce à la « sonorité idéale construite par 40 chanteurs ultratechniciens (ndlr : l’ensemble Huelgas), mais poètes, au service de ces utopies sonnantes. »
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AGENDA : Festival de Saintes jusqu’au 24 juillet. Renseignements : 05-46-97-48. 48 et www. festival-saintes. org

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Le Figaro (vendredi 15 juillet)
MONTPELLIER : Jeanne d’Arc ouvre le XX ème festival

Notre confrère Jean-Louis Validire assiste aux dernières répétitions de l’oratorio d’Honegger dédié à la figure de Jeanne d’Arc, à l’affiche du festival de Montpellier 2005, ce soir et demain, dimanche 17 juillet.
« Paul Claudel et Arthur Honegger, dont le Festival de Montpellier donne en ouverture l’oratorio Jeanne d’Arc au bûcher composé en 1935 et créé à Orléans en mai 1939, sont décédés la même année 1955 à dix mois d’intervalle. On ne pouvait rêver plus belle commémoration de ce cinquantième anniversaire.  » Pour notre confrère du Figaro, le metteur en scène Jean-Paul Scarpitta explique pourquoi il a demandé à la comédienne Sylvie Testud le soin d’incarner la martyre française : «J’ai vu les larmes de Jeanne couler sur les joues de Sylvie comme sur le visage de Maria Falconetti dans le film de Carl Dreyer. Elle a cette intériorité et cet air résolu qui siéent au personnage. »
Jean-Louis Validire précise la genèse de l’œuvre, la relation difficile entre Claudel et Honegger dont les conceptions religieuses n’étaient pas semblables. A quelle Jeanne, la vision du metteur en scène Jean-Paul Scarpitta entend donner un éclairage personnel : lecteur des minutes du procès, il se dit fasciné par « la pureté et la beauté intérieure que montre l’intelligence de ses réponses face aux esprits faux et religieux. Elle est toujours claire et résolue et quelquefois apeurée ce qui la rend illuminée. Elle ne demande rien, elle transfigure tout ».
Sylvie Testud explique son rapport au théâtre de Claudel et dit pourquoi il a fallu pour Jeanne, vis à vis de l’incarnation qu’en a donné précédemment Marthe Keller, désapprendre « son rythme à elle. »

Et la place du chef dans ce projet prometteur ? Notre confrère du Figaro donne la parole au metteur en scène : « Je suis ébloui par Emmanuel Krivine. Il montre une grande disponibilité. C’est la première fois que je sens qu’il n’y a pas un grand fossé entre le directeur et le chef. »
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AGENDA : Samedi 16 et dimanche 17 à l’Opéra Berlioz/Le Corum de Montpellier. Renseignements : 04. 67. 02. 02. 01. Tout le programme du XX ème festival de Radio France et Montpellier sur www. Festival-rfmontpellier. com

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Le Figaro (vendredi 9 juillet)
PARIS, théâtre des Champs Elysées : NATALIE DESSAY, LE CHANT RETROUVE

Notre confrère du Figaro, Christian Merlin était le spectateur du récital de la soprano Natalie Dessay le 7 juillet dernier. « On imagine la pression sur ses épaules menues : deux opérations des cordes vocales, deux traversées du désert suivies par le paysage lyrique international, et maintenant ce grand retour attendu au Théâtre des Champs-Elysées, dans la série Les Grandes Voix.  »
Dans « ce bel canto romantique italien où la prouesse vocale n'est rien sans l'expression des affects », la chanteuse dont on pouvait craindre une défaillance vocale, « ne peut dissimuler sa tension avant de passer à Bellini, avec ses débuts à découvert où la voix doit être chaude tout de suite. Se rassurer, là encore : les Capulets passent, la voilà libérée pour la Somnambule et ses trésors de musicalité, avec une partie lente comme sous hypnose. »
Sa Lucia est de la même assurance : « La préparation technique est celle d'une grande sportive, l'incarnation d'une grande actrice, non dans le sens de la démence expressionniste, mais de réminiscences intimes, comme rêvées dans un souffle onirique… »
Dans la fosse, « son complice Evelino Pido l'aura couvée et guidée tout au long de la soirée avec tact, style et fougue, l'aidant à passer l'épreuve plus facilement.  »
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Agenda : récital diffusé sur France Musiques le 26 juillet à 20 heures.

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Le Monde (jeudi 8 juillet)
STEPHANE LISSNER : RASTIGNAC DE LA MUSIQUE ?

« Evidemment, les succès répétés et grandissants de Stéphane Lissner agacent. Ce qui agace encore plus ceux qui ne l'aiment pas ou le jalousent, c'est la trajectoire apparemment inéluctable, depuis quinze ans, de cet homme, âgé de 52 ans, que certains comparent à Rastignac, monté de sa province pour faire carrière à Paris » : le portrait de Lissner à l'irrésistible ascension, brossé par notre confrère du Monde, Renaud Machart, est très clair.

C'est que « Lissner (…) en redemande, obtient toujours davantage, accumule les réussites budgétaires et artistiques, les fonctions, les voyages entre Paris, Vienne, et désormais Milan, depuis que la Scala lui a confié sa direction administrative et artistique - doublon qui ébahit ses collègues.  »
Son secret ? :
« Il est de ceux aussi qui parviennent, dans l'urgence et la vitesse, à dompter le temps, qui lui est compté. »
Un politique qui lui ressemble ? :
« Ce qui gêne et épate, c'est ce côté Nicolas Sarkozy que Lissner a en lui, que tant aiment détester chez le bouillonnant ministre et président de l'UMP : le culot, le mouvement, l'intensité.  »
Un confrère avec lequel il aimerait rivaliser dans un esprit de saine émulation et de respect partagé ? :
« Pourtant, Lissner, qui peut à l'occasion paraître suffisant et imbu de lui-même, connaîtrait le doute et souffrirait du "complexe" de compétition avec Gérard Mortier, le bouillonnant directeur de l'Opéra de Paris, avec lequel il entretient des relations professionnelles détendues, contrairement à ce qui se passait avec Hugues Gall, prédécesseur de Mortier à l'Opéra.  »

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Le Monde (jeudi 7 juillet)
AIX-EN-PROVENCE : LE COSI TRES ATTENDU DE PATRICE CHEREAU
Marie-Aude Roux est sur la brèche. Sur le point de couvrir l’événement lyrique de cet été, -la production aixoise de l’opéra de Mozart : « Cosi fan tutte », mis en scène par Patrice Chéreau-, notre consœur du Monde relate comment le projet aixois occupe depuis longtemps le réalisateur français : « en mai, à Paris, Patrice Chéreau tenait depuis de longs mois le crachoir de Dostoïevski, baladant l’éructation terrible des Carnets du sous-sol, de Paris à Villeurbanne en passant par Milan, Rome, Moscou, Athènes... L’été ne sonnait pas la charge mais l’heure était déjà au Cosi fan tutte de Mozart annoncé pour juillet à Aix-en-Provence. Ainsi, après onze années passées loin de la scène lyrique, Chéreau s’était fait cueillir par le désir. "Un jour, je suis allé voir Le Tour d’écrou de Britten monté par Luc Bondy pour le Festival d’Aix. J’ai trouvé le travail du chef d’orchestre, Daniel Harding, formidable »
Désir ressuscité pour la scène lyrique qui après de précédentes réalisations, -toutes saluées par la critique et le public-, permet d’envisager le meilleur pour ce Mozart 2005. Actif mais toujours en quête du sens de ce qu’il doit faire, Patrice Chéreau précise : « j’ai surtout fait du cinéma. Cependant, entendre des gens me dire que je ne faisais plus de théâtre m’a conduit à me poser la question de l’envie. Et notre consœur de compléter : « pour Chéreau, l’envie ne vaut que passée à l’épreuve du désir. Ce désir qui est aussi la clef de voûte du génie mozartien ».
Chéreau-Mozart : une alliance féconde donc que Marie-Aude Roux analyse depuis « Le premier Mozart de Chéreau, c’était en 1985 : Lucio Silla, à Bruxelles, Milan et Nanterre.  » Bilan sur l’œuvre de Chéreau à l’opéra, une quête exigeante du sens qui a réussi là où beaucoup se sont épuisés sans convaincre. Un exemple ? un cycle wagnérien désormais légendaire, « enfant adultérin de Shakespeare et des tragiques grecs », la Tétralogie à Bayreuth en 1976, laquelle « avait changé la face du monde lyrique.  »
Et sur « Cosi », Patrice Chéreau est d’une rare pertinence car pour notre consœur, « Des trois opéras de Mozart qu’il aura montés, Cosi fan tutte, ossia La Scuola degli amanti est certainement le plus proche du Patrice Chéreau metteur en scène de Marivaux (La Dispute et La Fausse Suivante ). « Dans Cosi, Mozart dit enfin ce qu’il n’avait jusqu’alors qu’esquissé : il attaque de front l’idée du désir » précise le metteur en scène.
Précis dans ses propos, visiblement en totale affinité avec le chef-d’œuvre de Mozart, Patrice Chéreau dévoile tout de sa conception, à notre consœur du Monde.
AGENDA : festival d’Aix-en-provence, à partir du 9 juillet. Consultez l’adresse : http://www.festival-aix.com/opera/

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Le Figaro (jeudi 7 juillet)
CHOREGIES D’ORANGE : PLASSON, « fervent et nostalgique », dirigera Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach
Jean-Louis Validire annonce la production qui inaugurera ses Chorégies d’Orange 2005 : « Samedi, c’est avec Les Contes d’Hoffmann, dans la mise en scène de Jérôme Savary déjà présentée en 2000, que les Chorégies d’Orange ouvriront la saison 2005. Michel Plasson dirigera l’ouvrage avant de prendre la baguette pour donner les Carmina Burana de Carl Orff ».
Ce qui du point de vue de notre confrère fait aujourd’hui le miracle d’Orange chaque année, est l’action d’un seul homme, charimastique et opiniâtre à défendre, qualité, chaleur, magie d’un festival renommé : « Une fois de plus, Raymond Duffaut, l’infatigable maître-d’œuvre de cette manifestation, aura eu gain de cause, entouré de l’amitié des musiciens »
« Venu ici une dizaine de fois », le chef Michel Plasson déclare que « C’est un plaisir toujours renouvelé. L’acoustique est extraordinaire. On peut chanter tous les pianos possibles, comme dans une salle «normale ». Quelle œuvre alors pour ouvrir le bal d’Orange 2005 ? « Le chef Plasson dirigera Les Contes d’Hoffmann dans la mise en scène de Jérôme Savary, qui offre peu de changements par rapport à celle qui avait été présentée en 2000. Seuls les chanteurs sont différents, Laurent Naouri reprenant le rôle des quatre diables, qui était interprété par José Van Damme.  »
Pour cette reprise, et « Sur le plan musical, il maîtrise totalement les difficultés et surtout les atouts du lieu. » A notre confrère du Figaro, le chef d’orchestre avoue son amour de la musique Française : «La musique française, c’est celle du bonheur, comme la peinture, mais le Patrimoine s’occupe plus volontiers de cette dernière. Le répertoire musical est en voie de disparition, noyée dans un océan de musiques avec un s, analyse-t-il. Je souhaiterais réhabiliter l’opéra et les opérettes. Qui joue Messager aujourd’hui ? Militant, dressant des constats malheureux, mais d’aucune façon, abattu : « Berlioz est mort de la France. Il avait du succès partout, sauf chez les siens, constate-t-il dans une conclusion qui est loin de sonner comme une renonciation. .. » conclue Jean-Louis Validire.
AGENDA :
Chorégies d’Orange, Les 9 et 12 juillet. Location par téléphone. : 04. 90. 11. 04. 04. Site : www.choregies.asso.fr


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