Festival baroque de Pontoise

  
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23e édition



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I.Toon Fret, flûtiste de l’Ensemble Oxalys

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A l’occasion de l’enregistrement du Chant de la Terre instrumenté par Schoenberg, ResMusica a eu l'opportunité de rencontrer Toon Fret, flûtiste de l’Ensemble Oxalys.

ResMusica : Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir cette œuvre, mondialement connue mais sous sa forme symphonique ? Cette version sera une véritable découverte pour un bon nombre d’entre nous, mais sera également sujette à polémique pour les aficionados de Mahler. Afin d’alimenter la polémique, vous auriez pu également choisir la version pour ténor et baryton ?
Toon Fret : En gardant tout l’amour pour la grande version, ce qui frappe dans cette version « Bonsaï », c’est la clarté, et donc la communication directe, de la musique avec le public. Le flou romantique, qui a parfois rendu poussiéreuse cette œuvre magistrale, est enlevé. Elle impressionne moins pour certains, mais je pense que ce monde typiquement mahlérien est très bien évoqué ici. Schönberg et Riehn ont réduit l’œuvre au maximum, tout est là, toutes les lignes et même toutes les couleurs orchestrales. Je pense aussi que cette version offre en surplus cette confidentialité qui nous plaît tellement. La démarche chambriste et « oxalyssienne » est exactement de valoriser la fragilité humaine qu’on peut vraiment retrouver dans Le Chant de la Terre.
On a choisi la version pour ténor et alto tout d’abord par plaisir, pour le travail avec André Post et Margriet van Reisen. On pourrait dire que la différence des timbres donne plus de couleurs à l’œuvre, mais je vois autant d’autres arguments positifs que négatifs. Personnellement, j’entends mieux le dialogue dans « Der Abschied » entre la voix d’alto et flûte.

RM : Comment se passent les répétitions au sein de votre ensemble ? Est-ce un véritable travail de concertation où toutes les visions sont partagées, ou plutôt le fruit d’un directeur musical au sein des musiciens ?
TF : Il n’y a pas de directeur artistique chez Oxalys. Le processus de répétitions est donc parfois « Genesis revisited», mais du chaos naît très vite une version convaincante. Aussi, après 12 ans de travail, un idiome Oxalyssien existe vraiment. C’est un son et une expression qui, comme je le disais avant, sont portés par la volonté de valoriser la fragilité, la nuance et la subtilité.

RM : Comment est perçu l’ensemble à l’étranger ? Est-ce « facile » d’imposer une formation telle que la vôtre ?
TF : Comme dans chaque pays, un ensemble exotique a toujours un avantage : on remarque qu’on nous écoute avec des oreilles fraîches. Ce qui est apprécié à l’étranger c’est la qualité chambriste, mais aussi le discours artistique et la qualité de la programmation. Ce dernier point est très important en Belgique puisqu’il y a beaucoup d’ensembles. Cela nous oblige à vraiment bien définir ce qu’on veut faire, quelle est notre mission artistique. Ce n’est jamais facile de se vendre ; on doit donc utiliser toutes les techniques du management (culturel), qui doit être au même niveau que la qualité du produit artistique.

RM : Quels sont vos projets pour l’ensemble Oxalys ?
TF : Oxalys continuera son discours chambriste, sous toutes ses formes. La semaine prochaine au « Arsenaal», nous aurons quelques exécutions du Quatuor pour la fin du temps dans une installation de J. Friedler, avec des textes de Primo Levi. Après cela, nous exécuterons la quatrième symphonie de Mahler (transcription d’E. Stein) au « de Singel » à Anvers. Une tournée aux Pays-Bas (Concertgebouw d’Amsterdam, Vredeburg Utrecht) est prévue avec comme programme, le quintette à cordes opus 111 de J. Brahms ainsi que la Sonate pour flûte, alto et harpe de Claude Debussy...

RM : Envisagez-vous une tournée de présentation du nouveau CD ?
TF : On espère que le lancement de ce CD inspirera encore plus de producteurs à découvrir ces versions pour ensembles de musique de chambre. C’est une aventure qui nous a tellement inspiréE qu’on ne veut pas s’y limiter.

RM : Quels sont vos projets d’enregistrements futurs ?
TF : En octobre, nous avons le lancement d’un CD impressionniste avec de la musique de Debussy, Pierné, Caplet, Jongen et Martin et en février, le lancement du CD enregistré ce soir. En septembre 2006, nous enregistrerons le Quintette pour clarinette de Brahms.

Crédit photographique : © DR

par Anthony Goret (31/08/2005) [2144 visite(s)]

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