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Côté Jazz/Pop/Rock Roy Music
Jérôme Attal le dandy génial
Jérôme Attal. Comme elle se donne. Jérôme Attal, chant ; Cyrille Fournel, batterie ; Frédéric Rouet, piano, claviers, basse, chamberlin ; Matthieu Zazzo, guitares, basses ; Mélanie Laurent, chant sur « Quand tu ne m’aimeras plus ». Enregistrement, mixage : Studio Juno en juin 2005. Prise de son & mix : Antoine Gaillet. Masterisé à la source par Jean-Pierre Chalbos assisté de Jean-Sébastien Dupuis. 1 CD Roy Music. 2005. 41’24’’.
Flash-back en noir et blanc sur nos vies de trentenaires ou quadragénaires. Il fut un temps – les années 80 – où les bons vieux vynils commençaient tout juste à se faire oublier des rayons pour laisser la part belle au non moins usé compact-disc de nos jours. Il fut un temps où l’on écoutait du rock et de la pop façon anglaise avec ses envolées mélodiques et ses battements placés au millimètre. La rencontre avec la musique ne se faisait pas que par des medias surdimensionnés s’adressant à un public le plus large et consommateur possible. Le réseau alternatif existe encore évidemment mais combien de temps lui reste-t-il avant de se voir avaler par la pieuvre économico trépanante qui multiplie à loisir ses tentacules décérébrantes ? Dans les années 90, quelques grands artistes se sont opposés à l’inévitable, Sting, Mark Knopfler (Dire Straits) pour un sompteux titre Money for nothing rejetant en bloc la politique guerrière de MTV. Puis la pieuvre a tenté d’avaler tous les courants alternatifs, on se souvient des Pixies, des Nirvana, les groupes américains suivis de tous ceux que le rêve américain faisait vibrer plus que leurs guitares ouvraient la voie à l’asceptisation d’un art que nous avions cru nous appartenir. Que reste-t-il de Boucherie Production crée par François Hadji-Lazaro qui nous avait à l’époque fait espérer en un avenir meilleur ? Le rock et la pop redevenaient un art de petits bourgeois s’adressant aux bourgeois. Alors éclatait le nouvel art libre, le rap, la rave … Aujourd’hui le rap est diffusé à outrance sans doute pour mieux convaincre ses créateurs et ses adeptes de rejoindre la grande famille des esclaves. La musique est une industrie qui rend esclave … Certains l’ont compris comme cela et feront tout pour convaincre le commun des mortels que la musique qu’ils diffusent est la plus à même de lui donner du réconfort.
Mais dans ce brouhaha incessant il n’est pas dit que l’on ne fasse encore des rencontres capitales. Comme si la musique savait toujours retrouver ses racines et proposer ponctuellement un artiste, un titre ou un album qui sort du lot pour nous abreuver de ses rimes et de ses rythmes bien balancés ou la modernité s’allie subtilement à l’histoire de la musique. Certaines maisons de production l’ont compris et s’appliquent à redorer le blason d’un art de la pop et du rock que nous avions failli perdre ! Kulturart (Paris) fait partie de ces petites maisons de production ou management d’artistes qui privilégient le beau son et les chansons à texte.
Parmi leurs quatre groupes et artistes, Jérôme Attal, est la nouvelle coqueluche des salles obscures … Présenté par la presse comme le « dandy désabusé » autant « influencé par Taxi Girl ou Serge Gainsbourg », Jérôme Attal a sous les pieds déroulé le tapis rouge de la réussite avec sa belle gueule et ses jolis textes bien balancés. Mais il faut avant tout nous convaincre ! Son premier album « Comme elle se donne » présente onze titres d’influence hétérogène où il est question de sexe, d’amour puis … d’amour et de sexe évidemment, nous aurions pu le deviner. Seulement voilà, le « dandy » sait en parler, ce qui n’est pas forcément donné à toutes nos stars académiciennes qui beuglent plus qu’elles ne chantent des phrases qu’elles ne comprennent pas, ou si peu … Si le titre phare de cet album « Comme elle se donne » est sujet à controverse par la position prise dans le clip qui pourrait se voir censurer sur les chaînes à forte audience car l’on y voit deux jeunes femmes débuter un acte d’amour, il ne constitue pas à notre avis LA révélation. Tout l’album est savamment orchestré autour de textes qu’il a lui même écrit comme il a écrit pour Johnny, Birkin, Pagny … Rien que ça ! Le parolier de Warner en profite pour nous dévoiler toute sa poétique à travers les « Demain sans importance », « La théorie des nuages », « Le pays des filles qui sentent bon » ou « Le jeune homme changé en arbre ». Attal vit au milieu des livres plus que des disques, Dostoïevski, Salinger ou Duras lui apportent l’inspiration au quotidien. Côté musique, c’est un festival de références qui nous envahissent les oreilles et l’esprit. Il nous a été donné de lire dans la presse des noms aussi prestigieux que Gainsbourg, Nick Cave, Bashung, Taxi Girl, … Mais chacun y retrouvera son lot de contentement. On peut aussi y entendre quelques senteurs musicales de REM, d’Arno et pourquoi pas de Vincent Delerm ? Pour enrober le tout une profonde connaissance de la pop anglaise comme on l’aime.
Ce premier album d’Attal est à notre sens une réussite, un patchwork idéal pour tous les amoureux du bon rock et des jolis textes qui y verront une sorte d’aboutissement.
S’il vous reste un petit doute dans votre esprit, allez entendre Jérôme Attal en concert avant de vous précipiter sur l’album :
Jérôme Attal sera au café de la Danse
Le 01 Mars 2006 à 20. 00 h
5 Passage Louis Philippe – 75011 Paris
Première Partie : Constance
13 € en Billetteries
15 € sur Place
+ AFTER SHOW AU PARIS PARIS
Et pour en savoir plus sur Jérôme Attal :
http://www.jerome-attal.com/
Crédit photographique : (c) Matthieu Zazzo
par Christophe Le Gall (30/01/2006) [4793 visite(s)]
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