|
| Écouter, voir, lire ... |
Côté Jazz/Pop/Rock Zig-Zag Territoires
Duo de grands-mères en liberté
Michel Donato et Guillaume Bouchard, contrebasses : Happy blue. 1 CD Zig-Zag Territoires. Ref. : ZZT 061003. Enregistré en avril 2006 dans l’église du Bon Secours à Paris, XIe arrondissement. Notice bilingue en français et en anglais. Durée : 57’36.
Mettre deux contrebasses seules sur scène pour jouer des standards et confier la mélodie et les chorus à l’une et l’accompagnement, rythmique comprise, à l’autre, est un exercice périlleux et ingrat. Périlleux d’abord, car à pour être audibles à la contrebasse, les thèmes doivent être joués très haut, souvent dans des positions dites « du pouce », qui ne sont pas faciles à réaliser. Ingrat enfin, car, même au prix de gros efforts, le résultat sonore n’est pas toujours franchement enthousiasmant. Pour être clair, on ne s’entend pas beaucoup en train de jouer et le public ne perçoit pas tout non plus.
Cet album nous propose donc dix-sept morceaux joués selon ce principe : douze compositions originales et cinq standards. Parmi ces derniers, My Funny Valentine ouvre l’album et donne le ton : c’est musical, bien improvisé mais jamais surprenant et l’ensemble ronronne gentiment. Les compositions originales sortent souvent du lot et nous avons alors droit à un peu plus de groove, ce qui réveille un peu l’attention de l’auditeur.
Mais le gros point faible n’est pas musical et réside en fait dans l’aspect technique. Située dans une église parisienne pour bénéficier sans doute d’une réverbération naturelle, la prise de son semble avoir été réalisée par des micros placés près des instruments et manque carrément de pêche et de netteté, ce qui est curieux car les fabricants sont désormais capables de réaliser de bons micros ou bien des capteurs que l’on place sur le chevalet et qui donnent de bons résultats, du moins en amplification ; alors pourquoi pas en enregistrement ? Le mixage ensuite aurait pu privilégier un peu la première contrebasse de façon à mieux faire ressortir les thèmes et les improvisations, ce qui aurait évité une certaine confusion souvent ressentie à l’écoute. Tout ceci donne un ensemble plutôt décevant pour les amateurs de lâchers de grands-mères en liberté, ce qui n’arrive finalement pas si souvent.
par Frédéric Platzer (29/01/2007) [1377 visite(s)]
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien en plein écran vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous à contact@resmusica.com en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit. Pour plus d’information, vous pouvez vous reporter au Droit du Net.
|
|
|
|  |