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| La Scène |
Évasion Colloque International
[Nancy] Cultures juives et transferts culturels en Europe centrale et orientale
Nancy. Association Culturelle Juive. 11-IX-2007. Colloque International organisé par l’Université de Nancy 2. Session du mardi 11 septembre 2007, matin. Présidence : Professeur Paul Dumont (Université Marc Bloch, Strasbourg). Professeur Didier Francfort (Université Nancy 2) : « Figures de musiciens médiateurs » ; Jean-Sébastien Noël (Doctorant, Université Nancy 2) : « Autour de la symphonie n°3 Kaddish de Leonard Bernstein (1918-1990) : création, dédicace et diffusion » ; Audrey Roncigli (Doctorante, Université Nancy 2) : « Pratique du violon et judéité » ; Professeur Philippe Gumplowicz (Université de Bourgogne, Dijon) : « Jazz et musique juive ».
Dans le cadre des Journées Européennes de la Culture Juive, l’Université Nancy 2 a proposé les 10, 11 et 12 septembre derniers, une série de conférences sur le thème des « Cultures juives et transferts culturels en Europe centrale et orientale ». Nous rendons brièvement compte ici des thèmes présentés et développés par les différents intervenants au cours de ce colloque :
Il y a dans la formation, la culture, la sensibilité des musiciens issus des communautés juives d’Europe centrale et orientale, quelque chose qui porte à devenir « médiateur » dans le transfert et la diffusion des cultures musicales de masse (telles le jazz au début du XXe siècle).
Leonard Bernstein aura pris 8 ans (de 1955 à 1963) pour composer sa symphonie n°3 Kaddish, et ce pour 3 raisons : 1. sa difficulté à aborder le deuil, 2. son double processus d’identification (à son père, au Sionisme…) et 3. son identification à un projet universaliste. Cette œuvre est une alternance de poèmes de Bernstein avec la prière Kaddish ; elle s’inscrit dans le cadre du projet « américain », politiquement (l’assassinat du président américain entraîne une dédicace posthume) et musicalement parlant. Finalement, cette symphonie pose deux questions : l’existence des Juifs sur le sol américain et leur intégration.

Le violon est considéré comme l’instrument juif par excellence, notamment par son aspect pratique : il peut être transporté. L’expression « jouer juif » est plus « historico-politique » que musicale : les Juifs ont été au premier plan de l’Histoire politique du XX siècle. Être violoniste juif aujourd’hui serait un destin, mais aussi une sorte de devoir moral et intellectuel.
Les Nazis, puis l’extrême droite, considèrent le Jazz, « musique judéo-nègre-bolchévique », comme un art dégénéré, dangereux. Il a été haï, mais en même temps, il fascinait. Les Juifs semblent avoir accueilli le jazz parce qu’ils étaient prémunis contre les préjugés. Ils en ont perçu la finesse et la modernité et vont en faire progressivement la musique nationale américaine.
Crédit photographique © Université Nancy 2. De gauche à droite : Pr Philippe Gumplowicz, Audrey Roncigli, Jean-Sébastien Noël et Pr Didier Francfort.
par Evelyne Christophe (20/09/2007) [1145 visite(s)]
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