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[Ile-de-France] Prélude aux Rencontres Musicales de Puteaux 4 concerts exceptionnels
Les 6, 7, 12 et 13 décembre
[Ile-de-France] Prélude aux Rencontres Musicales de Puteaux
4 concerts exceptionnels



[Paris] L
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Du 12 novembre au 31 décembre
[Paris] Orphée et Eurydice
Théâtre Mouffetard



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   La Scène
[Scène] Lyrique
Festival de Glyndebourne 2003
[Glyndebourne] Tristan, Mimi et Idoménée font les beaux soirs des heureux festivaliers Britanniques

La Scène [Scène] Lyrique Pays : ROYAUME UNI Région : ÉTRANGER Imprimer l’article Tous les articles de Olivier Brunel

Tristan, Robert Gambill et Isolde, Nina Stemme Glyndebourne Festival Opera. 4 et 5.VII.2003. Richard Wagner (1813-1883), Tristan une Isolde. Nina Stemme, Robert Gambill, Bo Skovus, Yvonne Wiedstruck, Peter Rose. Mise en scène : Nikolaus Lehnhoff. Direction : Jirí Belohlávek. London Philharmonic Orchestra. Décors : Roland Aeschlimann. Giacomo Puccini (1858-1924), La Bohème. Mise en scène David McVicar. Rolando Villazon, Nathan Gunn, Elisabeth Norberg-Schulz, Giuseppina Piunti. London Philharmonic Orchestra. Direction : Mark Wigglesworth. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Idomeneo, re di Creta. Mise en scène : Peter Sellars. Direction : Simon Rattle. Magdalena Kozená, Christiane Oelze, Anne Schwanewilms, Philip Langridge. Glyndebourne Chorus. Choregraphie : Mark Morris.

Le Festival d'opéra de Glyndebourne a ouvert dans la sérénité son édition 2003 avec deux superbes nouvelles productions de Tristan und Isolde de Wagner, une première pour ce festival, et d'Idomeneo de Mozart, ainsi que la reprise d'une Bohème de Puccini très actualisée.

Poignant Tristan

     C’est avec Tristan et Isolde que le Festival de Glyndebourne 2003 a ouvert, grande réussite du metteur en scène allemand Nikolaus Lehnhoff, artisan du cycle Janácek qui a triomphé sur cette scène dans les années quatre-vingt-dix, et qui fut, à ses débuts, l’un des assistants de Wieland Wagner pour son fameux Tristan de 1962 à Bayreuth. Hormis quelques extraits symphoniques, Wagner n’avait jamais été joué dans ce festival anglais, bien que cela eût toujours été le rêve de son fondateur John Christie et, plus tardivement, un projet plusieurs fois remis. Cependant pour un coup d’essai, ce Tristan est un coup de maître ! Mise en scène poignante, distribution sans faute ne comprenant que des débutants dans leurs rôles respectifs, révélation d’une grande Isolde, la Suédoise Nina Stemme et direction musicale passionnante du chef tchèque Jirí Belohlávek, lui aussi dirigeant l’œuvre pour la première fois, à la tête d’un London Philharmonic Orchestra superlatif de timbres et de texture. Comme décor unique, Roland Aeschlimann a créé un dispositif frontal elliptique figurant la coque d’un navire qui, à la manière d’un œil d’appareil photographique, permet de concentrer l’attention sur le cœur de l’action, et de faire de Tristan un opéra de chambre, effet d’autant plus renforcé grâce à des éclairages prodigieux qui projettent les protagonistes dans des climats propices à toutes les phases de l’évolution du drame. La direction d’acteur très précise de Lehnhoff qui tend à humaniser les personnages, les extraire du mythe, a d’autant plus d’impact que tous les chanteurs ont le physique de leur rôle. Nina Stemme, qui reprend le flambeau des grandes Isolde scandinaves, en possède les moyens vocaux considérables, une diction parfaite, un respect scrupuleux des notes et, de surcroît, le caractère terriblement véhément du personnage. Son interprétation du nocturne du second acte restera, en dépit de la grande coupure faite, un moment inoubliable. Doté lui aussi d’une voix qui lui permet d’être à la hauteur sans jamais forcer, Robert Gambill s’est montré un partenaire idéal, et son jeu scénique constamment tendu dans le redoutable monologue du troisième acte signe, là, un véritable tempérament d’acteur. Bo Skovus, remarquable interprète de Kurwenal et Yvonne Wiedstruck, Brangäne assez inégale, et le Roi Marke très humain de Peter Rose complétaient cette magnifique distribution.

Une Bohème fin de XXe siècle

La Bohème (Puccini)

     La Bohème, première reprise de cette édition, est un spectacle simple dans ses moyens qui a été réalisé en 2000 pour la tournée que donne chaque hiver le Festival dans plusieurs villes du Royaume-Uni (et non à l’inverse comme c’est le cas habituellement). Partant, de ce qui souvent est une fausse bonne idée, la transposition de l’action un siècle plus tard, il convainc sans peine car David McVicar, dont on n’attendait pas moins après sa formidable Carmen de l’an passé, n’a pas cherché à mettre en scène autre chose que la simplicité des sentiments exprimés dans un des opéras les plus populaires du répertoire. Les émois des premières amours et le désarroi devant la mort sont des émotions universelles, et la bande de jeunes stressés dans une fin de vingtième siècle un peu déluré que propose McVicar vaut bien, en cela, le quatuor un peu caricatural de « bohémiens » du Paris d’Henri Murger. Pari aussi sur la simplicité de la distribution : seul le Mexicain Rolando Villazon est une valeur du chant international (il devrait être Alfredo de La Traviata d’Orange cet été) et de fait, il est en Rodolfo le meilleur avec une voix de volume moyen mais de superbes phrasés et beaucoup d’émotion. Il n’éclipse en rien ses compagnons de bohème, seul le Marcello de Nathan Gunn se distinguant par une plastique exceptionnelle et un jeu plus personnel. Mimi, Elisabeth Norberg-Schulz et Musette, Giuseppina Piunti s’équilibrent aussi dans leurs qualités et leurs défauts. Le London Philharmonic Orchestra et le chef britannique Mark Wigglesworth, tous deux « naïfs » devant cette œuvre qu’ils n’ont jamais jouée auparavant, tissent un tissu sonore luxueux, dégraissé des mauvaises habitudes de la tradition, à cette Bohème qui n’aura jamais aussi bien démontré l’absolue nécessité, autant musicalement que dramatiquement, de n’en laisser voir que la simplicité des passions élémentaires.

Idomeneo selon Rattle, en dépit de Sellars

     Idomeneo de Mozart est un opéra dans la tradition de Glyndebourne qui a été l’une des premières scènes à le réhabiliter, dès 1951, avec des noms comme Richard Lewis, Sena Jurinac, Leopold Simoneau. Elisabeth Grümmer, Gundula Janowitz et Luciano Pavarotti qui firent des apparitions dans cette fameuse production de Carl Ebert à l’affiche jusqu’en 1964. Pour la quatrième production de l’œuvre, on avait fait appel à deux habitués du lieu, le metteur en scène américain Peter Sellars, et le Britannique Simon Rattle, actuel chef des Berliner Philharmoniker. On peut résumer en une phrase le travail de Peter Sellars et de son équipe en déplorant un mélange de styles rabâché où hardes et treillis n’apportent plus rien d’excitant sur scène mais, en louant une direction d’acteurs qui met les personnages vraiment à nu et les montrent dans leur vérité dramatique. Á la tête de l’Orchestre de L’Âge des Lumières, Simon Rattle a donné une lecture passionnante de cette partition qu’il avait choisi, au risque de déséquilibrer la soirée –ce qui n’a pas manqué, la seconde partie étant beaucoup trop longue – de jouer dans la mouture originale munichoise de 1781 sans coupure et de la conclure par la magnifique musique de ballet qui est généralement sacrifiée. On ne peut rêver, aujourd’hui, plus belle distribution que celle réunie avec l’Idamante débordant de sincérité de Magdalena Kozená, l’Ilia poignante de Christiane œlze, l’Elettra véhémente d’Anne Schwanewilms. Philip Langridge qui est titulaire du rôle-titre sur cette scène depuis 1983 y est toujours aussi déchirant sinon à la hauteur de ses difficultés techniques. Le chœur, si important dans cet ouvrage, était extrêmement bien tenu par le Glyndebourne Chorus. On a connu Mark Morris plus inspiré que dans l’embryon de chorégraphie qui tombait comme un cheveu sur la soupe après le merveilleux troisième acte déjà passablement longuet. Plus tard, cet été, Sellars reprendra sa production de Theodora de Haendel (1996) et Johann Strauss II partagera avec Wagner, dans un répertoire plus léger, le privilège de faire ses débuts dans les verdoyantes collines du Sussex avec Die Fledermaus, curieuse intrusion d’une opérette viennoise dans un jardin anglais !

Glyndebourne Festival Opera (00.44.1273.813813). Idomeneo de Mozart jusqu’au 26 juillet 2003. Prochains spectacles : Les Noces de Figaro de Mozart jusqu’au 24 août 2003 ; La Chauve-souris de Johann Strauss II, du 27 juillet au 30 août 2003 ; Theodora de Haendel du 10 au 31 août 2003.

Site Internet : www.glyndebourne.com

Crédit photographique : droits réservés

par Olivier Brunel (09/07/2003) [4763 visite(s)]

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