Festival baroque de Pontoise

  
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[Paris] Chostakovitch et Droujinine - Hommage à l
Mercredi 15 octobre
[Paris] Chostakovitch et Droujinine - Hommage à l'Alto
Salle Cortot



[Pontoise] Festival baroque de Pontoise 23e édition
Du 13 septembre au 19 octobre
[Pontoise] Festival baroque de Pontoise
23e édition



[La Chaux-de-Fonds] Les Heures de Musique Conservatoire de musique Neuchâtelois
Saison 2008-2009
[La Chaux-de-Fonds] Les Heures de Musique
Conservatoire de musique Neuchâtelois



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Samedi 18 octobre
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   La Scène
[Scène] Lyrique
Rigoletto
[Turin] Chanter n’est pas jouer

La Scène [Scène] Lyrique Pays : ITALIE Région : PIEMONT Imprimer l’article Tous les articles de Jacques Schmitt

Turin. Teatro Regio. 18-I-2008. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo. Mise en scène : Giancarlo Cobelli reprise par Ivo Guerra. Décors et costumes : Paolo Tommasi. Lumières : Andrea Oliva. Avec : Roberto Saccà, Duc de Mantoue ; Roberto Frontali, Rigoletto ; Inva Mula, Gilda ; Riccardo Zanellato, Sparafucile ; Rossana Rinaldi, Maddalena ; Sandra Pacheco Quintero, Giovanna ; Andrea Patucelli, Monterone ; Roberto Accurso, Marullo ; Antonio Feltracco, Matteao Borsa ; Francesco Musinu, Comte Ceprano ; Daniela Valdenassi, Comtesse Ceprano ; Caterina Borruso, Page. Chœur et Orchestre du Teatro Regio (chef de chœur : Claudio Marino Moretti), direction musicale : Renato Palumbo.

Après le Teatro Comunale de Bologne en 2004, le San Carlo de Naples en 2005, la mise en scène de Giancarlo Cobelli, reprise par Ivo Guerra fait son apparition sur la scène du Regio de Turin. Dès l’ouverture, le rideau se lève sur un Rigoletto seul, prostré dans un cercle de lumière. Solitude de son rang ? Peu à peu, les très beaux éclairages d’Andrea Oliva dévoilent un fond de scène où se déroule une orgie de corps nus superbement disposés autour d’une grande table garnie de fruits et de breuvages. On s’amuse donc à outrance chez le Duc de Mantoue. L’illusion des ambiances délétères d’une noblesse décadente sera de courte durée. Juste si on peut croire à l’indifférence du Duc quand il traverse cette foule sans arrêter son regard sur le corps des femmes qui s’offrent à lui. On se rend rapidement à l’évidence que les protagonistes n’ont été que succinctement informés sur les intentions scéniques de cette production. Ce Rigoletto n’est habité que de caricatures de personnages se mouvant dans la convention la plus totale. Jamais la reprise d’Ivo Guerra ne laisse la moindre place à l’émotion. Quel leurre d’avoir pensé que les beaux décors et les beaux costumes (Paolo Tommasi), la sublime musique de Verdi et du chant suffiraient à ce spectacle.

Chanter n’est pas jouer. Les mots ont leur portée mais, pour qu’ils fassent sens, qu’ils suscitent l’émotion, encore faut-il que l’interprète les investissent du message qu’ils transmettent. Or dans cette distribution, par ailleurs fort honnête, nous sommes loin des grandes pointures anthologiques qui ont fait la gloire de cet opéra. Confronté à cette réalité, c’est le travail du metteur en scène de faire en sorte que le théâtre relaie le chant pour offrir l’illusion du drame. Sur le plan de l’émotion théâtrale, cette soirée est à oublier.

Reconnaissons pourtant à certains chanteurs le mérite de se mesurer avec un opéra dont les références historiques et discographiques sont si nombreuses et que la seule approche de l’œuvre en refroidirait plus d’un. Ainsi le ténor Roberto Saccà (Duc de Mantoue), s’il n’a pas le style vocal du chanteur verdien, offre une prestation de bon niveau. Après un Questa o quella initial sans grand intérêt, il se rachète jusqu’à offrir un La donna è mobile final très bien chanté. Vocalement, le baryton Roberto Frontali est un Rigoletto vaillant quand bien même la justesse lui fait souvent défaut. La voix est claire, mais ses approximations vocales et ses décalages avec l’orchestre laissent la désagréable impression d’une certaine impréparation au rôle. Théâtralement catastrophique, son manque de charisme, ne le fait ni bouffon du roi, ni père de Gilda. Il est vrai que la soprano Inva Mula (Gilda) n’a que peu de la fraîcheur vocale pour ce rôle. Si elle chante très correctement, jamais elle ne donne l’impression de sa jeunesse, ni d’être impliquée amoureusement avec le Duc. Quant aux autres rôles, ils restent dans la grisaille des protagonistes.

La soirée se serait soldée par un fiasco complet si l’Orchestre du Teatro Regio n’avait été aussi brillant. Sous la baguette généreuse de Renato Palumbo, l’ensemble turinois s’est d’abord fondu dans un superbe accompagnement des chanteurs. Voyant que le courant ne passait pas entre le plateau et la fosse, le chef s’est alors offert le privilège de faire entendre les couleurs orchestrales de son ensemble. Quels timbres, quelle fougue, quel enthousiasme ! A noter encore le comportement exemplaire du Chœur du Teatro Regio qui, même si scéniquement plongeait dans la convention, donne quelques remarquables moments musicaux, comme dans son pianissimo Zitti, zitti, moviamo a vendetta.

Si le public manifeste son contentement, ses bravos s’adressent probablement plus aux airs magnifiques qui parsèment l’opéra de Verdi qu’à la manière théâtrale de les jouer.

Crédit photographique : © Ramella & Giannese

par Jacques Schmitt (28/01/2008) [831 visite(s)]

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