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Côté Jazz/Pop/Rock Roy Music
Jil l’espiègle ...
Jil is lucky : The Wanderer. 1. The wanderer ; 2. I may be late ; 3. To her Daugther’s answering ; 4. Not a world. Jil is lucky : auteur compositeur. 1 CD 4 titres Roy Music. Sans référence et sans code barre. 2008. Durée 12’44’’.
Roy Music fait partie des irréductibles labels qui continuent malgré la conjoncture à croire en leur métier de découvreur de talents, d’artisans de la réussite. Comment en effet à notre époque croire encore en ce qui fait les valeurs de la production discographique alors même que les artistes reconnus pleurent plus que jamais sur les ruines d’un passé presque révolu. Les majors semblent tout arrêter pour se consacrer désormais au téléchargement internet en espérant que la taxe globale vienne désormais remplir leurs caisses. En attendant ils nous rebalancent leurs vieux tubes en d’innombrables compilations à bas prix sans se soucier du tout du principe de base de leur métier, découvrir de nouveaux talents et les faire progresser aux yeux d’un public qui seul a théoriquement le droit de faire des artistes des stars ou de les oublier à jamais.
Heureux événement que cet enregistrement en quatre titres d’un artiste que personne ne connaît, c’est tellement rare que nous pouvons même oser une petite larme et nous dire que la musique n’a pas fini de résister et de nous offrir le meilleur quelque soit la conjoncture et les appétits décalés des majors devenus insensibles à l’essentiel. Que savons-nous de Jil is Lucky ? Rien du tout à part qu’il vient de Nice, a vécu au Chili et est monté à Paris pour la musique avec son frère et ses meilleurs potes qui jouent tous dans le groupe. Mais est-ce vraiment important ? Le meilleur ami du mélomane est le concert ou le disque, c’est sur ces bases qu’il va forger son intime conviction. Nous sommes donc allé chercher en nous ce qui nous plaisait ou nous rassurait sur cette naissance.
Les multiples références qui remontent de ses titres mettent en avant Léonard Cohen mais est-ce vraiment la bonne. Jil is lucky se présente comme The Wanderer, le voyageur avec l’appétit féroce de la découverte a plus d’une corde à son arc. Quelques violons en intro posent le décor, la guitare pointe son museau avec les paroles qui glissent sur la musique et l’on comprend que la quête est belle, la basse vient donner du liant au tout, tout en attendant le retour des violons et du chœur. I may be late est à grand renfort de batterie, de cuivres et de chœur une ode à la musique américaine en forme de godspel amoureux. Qui nous parle dans To her Daugther’s answering Machine ? Leonard Cohen, Graeme Allright, Barclay James Harvest, Neil Young ? On ne le saura jamais ! Le résultat est là, on se demande « mais comment fait-il ? » C’est simplement prodigieux... Avec Not a world nous voilà replongés dans les plus belle balades engagées d’un certain... Bob dylan ? Plus nous avançons dans l’écoute de Jil plus nous comprenons que ce n’est pas intéressant de lui donner des étiquettes et qu’il vaudrait mieux parler d’atmosphère.
L’ambiance de Jil que nous qualifions d’emblée « d’espiègle » est de savoir proposer un thème minimaliste issu de toute sa connaissance de la musique pop rock pour en magnifier la substance et en faire une très belle fête. Souvenez-vous de lui et surtout allez à ses concerts, vous ne serez pas déçus !
Écouter Jil is Lucky
par Christophe Le Gall (10/02/2008) [1603 visite(s)]
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