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| La Scène |
Récital Hilary Hahn
[Luxembourg] Deux grâces sur scène
Luxembourg. Philharmonie, 20-II-2008. César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour violon et piano en si bémol majeur KV 378. Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Sonate pour violon seul n°5 en sol majeur op. 27n°5 « Pastorale ». Charles Ives (1874-1954) : Sonate n°3 pour violon et piano. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour violon et piano en la majeur op. 100 « Thuner Sonate ». Hilary Hahn, violon ; Valentina Lisitsa, piano.
C’est un bien beau programme que nous a présenté Hilary Hahn accompagnée de Valentina Lisitsa, varié, original avec des œuvres peu entendues et d’une difficulté certaine. Hilary Hahn dans une très longue robe blanche aux motifs argentés est apparue comme une fée scintillante, son archet magique à la main, nous rappelant un peu que nous étions en période de Carnaval.
La Sonate de César Franck intéressante par le rôle assez important qu’elle donne au piano, fut exécutée avec beaucoup d’art. La sonorité de Hilary Hahn est d’une grande maîtrise. Elle fait preuve d’une superbe technique. Son coup d’archet est bien assuré. Son geste est fin et délicat. Valentina Lisitsa joue avec beaucoup de grâce et elle a donné au piano la belle présence que l’on attendait dans cette œuvre, notamment dans le troisième mouvement qu’elle révéla avec élégance. Les deux jeunes femmes dialoguaient en parfaite harmonie.
La très populaire Sonate K 378 de Mozart qu’il composa après son retour à Salzbourg, après la mort de sa mère, fut bien rythmée et d’une grande légèreté. L’échange entre le violon et le piano était adroitement équilibré. Valentina Lisitsa, très expressive, semblait s’amuser allant même jusqu’à fredonner pendant qu’elle jouait tandis qu’Hilary Hahn restait plutôt sérieuse. La violoniste, nous a donné un deuxième mouvement tout en finesse, gracieux, très doux, tellement doux qu’il en perdit un peu de profondeur et que l’émotion, la sensualité qu’il peut dégager ne s’est pas vraiment révélée...
L’audacieuse Sonate pour violon seul n°5 d’Eugène Ysaÿe, personnalité importante dans la technique moderne du violon, fut exécutée avec une rigueur et une maîtrise incontestables. Le visage peu expressif, très concentrée sur son violon, Hilary Hahn, seule sur scène, ressemblait à une étudiante sage et brillante, exprimant avec art ses talents de virtuose et surmontant les difficultés de l’œuvre avec une aisance surprenante.
Quelle bonne idée de nous offrir la peu connue Sonate n°3 de Charles Ives qui fut à la fois assureur et compositeur. On dit que le fait de ne pas avoir eu à gagner sa vie avec la musique lui permit certainement de conserver une totale liberté esthétique. Les deux jeunes femmes nous ont emmenés avec bonheur et beaucoup de style dans un ragtime rythmé et entraînant. C’était agréable et tout à fait divertissant.
Enfin, la Sonate op. 100 de Brahms écrite sur les rives du lac de Thun en Suisse fut interprétée avec bonheur. C’était une vraie poésie aux accents légers et mélancoliques, pleine de sensibilité et d’harmonie. Un pur ravissement.
Crédits photographiques : Hilary Hahn, Valentina Lisitsa © DR
par Evelyne Christophe (24/02/2008) [1124 visite(s)]
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