Festival Musique et mémoire

  
     Retour à l’accueil du site   Le magazine La scène Ecouter, voir, lire ...      Ajouter aux favoris Abonnement à la lettre d'information        Qui sommes-nous ? Contactez-nous Dans la presse Partenaires       Flux RSS




[Savoie] Festival Les 1000 violons en Maurienne Cordes et Pics
Du 18 juillet au 8 août
[Savoie] Festival Les 1000 violons en Maurienne
Cordes et Pics



[Morbihan] Festival Polignac Eglise de Guidel
Du 12 au 21 juillet
[Morbihan] Festival Polignac
Eglise de Guidel



[Midi-Pyrénées] Les Journées Lagraulet Au cœur du Pays d
17-18-19 juillet
[Midi-Pyrénées] Les Journées Lagraulet
Au cœur du Pays d'Armagnac



[Cintegabelle] Orgues ô Champs 20e anniversaire
17-18-19 juillet
[Cintegabelle] Orgues ô Champs
20e anniversaire



[Paris] Congrès international des professeurs de chant Sous le haut patronage de Natalie Dessay
Du 15 au 19 juillet
[Paris] Congrès international des professeurs de chant
Sous le haut patronage de Natalie Dessay



[Haute-Marne] Les Musicales de l
Du 10 au 19 juillet
[Haute-Marne] Les Musicales de l'Abbaye d'Auberive
Le violon dans un courant d'art



[Provence] Les Floraisons Musicales Musique et patrimoine
19 juin - 18 octobre
[Provence] Les Floraisons Musicales
Musique et patrimoine



Samedi 11 juillet
[Ancy-le-Franc] Musicancy
Ensemble La Fenice

Saison 2009, 10e édition
[Aude] Les Théophanies
Festival de Piano

Tous les communiqués

Nos partenaires

 


 

Aime Aix-en-Provence Ambronay Amsterdam Angers Anthony Antibes Anvers Arques-La-Bataille Asnières-sur-Oise Aubenas Auberive Aubervilliers Auch Aulnoye Aimeries Auvers-sur-Oise Auxerre Avenches Avignon Bad Urach Bad-Wildbad Baden-Baden Bagnolet Barcelone Bayreuth Beaune Beauvais Belle Ile en mer Bellerive Berlaimont Berlin Berne Besançon Biarritz Blagnac Bobigny Bonmont Bonn Bordeaux Bouillon Boulogne-sur-Mer Bourg-en-Bresse Braine-le-Comte Bruge Bruges Bruxelles Bucarest Budapest Bury St. Edmunds Buxy Caen Caen-Verson Cahors Calenzana Caluire-et-Cuire Cambrai Cannes Castelneau Céret Cergy Pontoise Cernier Chalon-sur-Saône Charleroi Chartres Chateau-Thierry Chatenay Chaumont-en-Vexin Chevigny-Saint-Sauveur Colfontaine Colle di Val d’Elsa Colmar Cologne Compiègne Conques Corbigny Cordon Corneilla de Conflent Couillet Crest Créteil Cuenca Deauville Denain Dijon Divonne Douai Douchy Dresde Dubrovnik Duisburg Düsseldorf Ecaussines Echternach Ecully Edinburgh El vendrell Elne Enghien Ernen Essen Essômes-sur-Marne Faucogney Fayence Fécamp Filderstadt Flavigny-sur-Ozerain Florence Fontaine-les-Dijon Fontainebleau Fontenay Fontevraud Fribourg Fuveau Gand Gelsenkirchen Genève Glyndebourne Grenoble Gstaad Guebwiller Hambourg Horrues Houdain Lez Bavay Ifs Ile de France Ille sur Têt Innsbruck Issoudun Jemappes Joliette Jouy-le-Moutier La Chabotterie La Chaise-Dieu La Côte Saint André La Prée La Roque d’Anthéron Lacoste en Lubéron Lagraulet Lambesc Lanaudière Lanoraie Lausanne Le Creusot Le Havre Le Pin La Garenne Le Thor Les Arcs Les Karellis Les Lucs sur Boulogne Levallois-Perret Liège Ligugé Lille Londres Los Angeles Louvain-La-Neuve Lucerne Luçon Lugano Lure Luxembourg Luxeuil-les-Bains Lyon Macerata Mâcon Madrid Magny-les-Hameaux Marcq-en-Barœul Marsannay Marseille Martigny Massy Mazaugues Mériel Metz Mézières Mittenwald Moissac Molitg-les-bains Monaco Monestiés Mons Montaudran Montigny-le-Bretonneux Montpellier Montréal Montreuil Montreux Montreux/Vevey Montrouge Mougins Moulins Mulhouse Munich Mussy-la-Fosse Namur Nancy Nanterre Nantes Naples New York New-York Nice Nivelles Noirlac Orange Orléans Pantin Paris Parme Peronne Perpignan Perros-Guirec Pierre de Bresse Poissy Poitiers Pontoise Prades Prague Provence Québec Ravenne Reims Rennes Roisin Rome Rotterdam Roubaix Rouen Rouffach Royaumont Saanen Sablé Sablé-sur-Sarthe Saint Michel de Cuxa Saint Sulpice / le Verdon Saint-André de l’Eure Saint-Avé Saint-Céré Saint-Cloud Saint-Denis Saint-Etienne Saint-Germain-au-Mont-d'Or Saint-Guilhem-le-Désert Saint-Irénée Saint-Jean cap Ferrat Saint-Jean-de-Luz Saint-Laurent Saint-Maximin Saint-Michel en Thiérache Saint-Pétersbourg Saint-Pierre-sur-l’Hâte Saint-Quentin-en-Yvelines Saint-Victor-la-Coste Sainte-Marie-aux-Mines Salerne Salon-de-Provence Salzbourg San Francisco Santa Fe Sceaux Seattle Ségry Semur-en-Auxois Seneffe Senlis Silly Soissons Sorèze Souillac Strasbourg Stuttgart Talant Talent Tillières-sur-Avre Toronto Toulon Toulouse Tourcoing Tournon-sur-Rhône Tours Turin Valenciennes Vauxrenard Vélizy-Villacoublay Venise Verbier Vernet-les-Bains Verneuil sur Avre Verneuil-sur-Avre Vérone Versailles Vevey Vézelay Vezoul Vienne Vienne (Isère) Villefrance de Conflent Villefranche-sur-Saône Villeurbanne Vimoutiers Vincennes Vitteaux Vougeot Walcourt Werden-Essen Zürich
   La Scène
[Scène] Lyrique
Rigoletto
[Dresde] En délire

La Scène [Scène] Lyrique Pays : ALLEMAGNE Région : SAXE Imprimer l’article Tous les articles de Andreas Laska

Dresden. Semperoper. 21-VI-2008. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, opéra en 3 actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Nikolaus Lehnhoff. Décors : Raimund Bauer. Costume : Bettina Walter. Lumières : Paul Pyant ; Chorégraphie : Daniel Dooner. Avec : Diana Damrau, Gilda ; Christa Mayer, Maddalena ; Angela Liebold, Giovanna ; Kyung-Hae Kang, la Contessa Ceprano ; Željko Lučić, Rigoletto ; Juan Diego Flórez, Il Duca di Mantova ; Georg Zeppenfeld, Sparafucile ; Markus Marquardt, il Conte Monterone ; Oliver Ringelhahn, Matteo Borsa ; Matthias Henneberg, Marullo ; Markus Butter, il Conte Ceprano ; Lin Lin Fan, il Paggio. Chœur de l’Opéra de Dresde (chef de chœur : Ulrich Paetzold). Sächsische Staatskapelle Dresden, direction : Fabio Luisi.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin. Commençons par un public en délire, ovationnant à tout rompre les solistes et le chef, et aussi, à une exception près, le metteur en scène. Ce fut la fête au Semperoper de Dresde lors de cette première de Rigoletto très attendue et retransmise, en différé, sur Arte. Et en effet, le public ne s’est pas trompé. Ce Rigoletto peut compter parmi les plus grandes réussites lyriques de la saison 2007/2008 en Allemagne, une de ces rares soirées où le terme allemand Musiktheater est entièrement justifié, car musique et scène forment une grande unité.

Pour l’occasion, Nikolaus Lehnhoff, le grand seigneur du Regietheater à l’allemande s’est frotté pour la deuxième fois seulement à l’univers de Verdi. Et, contrairement à son Don Carlos conceptuel et froid à Zürich il y a une dizaine d’années, il a su concilier cette fois une approche psychologisante et l’écoute attentive de la musique. Si les costumes situent l’action à une époque moderne, il ne s’agit nullement d’une transposition plate et réaliste du drame dans quelque Etat autoritaire de nos jours. Au contraire, les courtisans du duc de Mantoue évoluent dans un univers froid et surréaliste avec, parfois, une touche de « mystery ». Dans cette ambiance étrange, angoissante et fascinante en même temps, a lieu le drame humain qui se passe entre le duc, Rigoletto et sa fille Gilda. Et c’est là que Lehnhoff s’avère le grand maître de la direction d’acteur. Sous ses mains, Gilda n’est pas l’habituelle jeune fille un peu naïve, mais un être profondément traumatisé par l’amour possessif de son père, se réfugiant dans l’amour qu’elle croit éprouver pour le duc. Celui-ci est le libertin classique, à la fois ravissant et répugnant. Mais il est aussi profondément touché par la rencontre si particulière avec Gilda. Ainsi, même s’il reprend ses habitudes au troisième acte, Gilda est toujours présente dans sa tête, de sorte qu’il adresse une bonne partie du quatuor à elle et non pas à Maddalena. Et Gilda est bien contente de revivre pour un instant son rêve d’amour.

Rigoletto est caractérisé de façon plus traditionnelle, mais pas moins efficace – un homme tour à tour grotesque et pitoyable, menaçant et tragique. Si la mise en scène perd un peu en cohérence au troisième acte – avec, notamment, cette demeure de Sparafucile ouverte sur tous les côtés où l’on frappe à tout moment à des portes invisibles – l’impression globale reste très favorable, car toute action est directement inspirée par la musique et les sentiments qu’elle véhicule. Et il y a deux images de ce dernier acte qui resteront à jamais gravées dans la mémoire. D’abord ce Jugement Dernier, peint sur l’arrière-fond de la scène et illuminé par les foudres de la tempête. Et puis ces quatre bouffons, surgissant du noir au dernier moment de l’opéra, comme s’ils surgissaient de l’âme de Rigoletto, avant que celui-ci n’exclame son dernier « Ah, la maledizione ».

Musicalement, c’est d’abord la soirée de Fabio Luisi. Au pupitre d’une Staatskapelle de Dresde en grande forme, il livre une lecture magistrale de la partition, très loin des interprétations sommaires et sans charme que l’on a pu entendre de lui lors de certaines soirées de répertoire à Munich ou à Vienne. Ici, tout est au mieux : le choix des tempi, l’art du phrasé et du rubato dans les moments élégiaques ainsi que la pulsation rythmique dans les cabalettes. Rien n’est laissé au hasard. Même les figures d’accompagnement les plus conventionnelles sont chargées d’expression. Et pourtant, l’impression générale n’a rien de construit ou de maniéré.

Si l’on se tient à l’applaudimètre, la reine de la soirée s’appelle Diana Damrau. Et effet, sa Gilda ne doit craindre aucune rivale, ni du présent ni du passé. Formidable actrice, la soprano bavaroise possède une voix riche en couleurs et gorgée d’émotions qui se transmettent directement au public. Sans parler d’une technique vocale sans aucune faille. Trilles et suraigu, piani aériens et attaques dramatiques - rien ne lui pose problème. Voilà une des rares Gildas réussissant un « Caro nome » tout en douceur et en poésie sans être mise en danger par la tessiture plus centrale du troisième acte. Pour Juan Diego Flórez, en revanche, le duc se situe à la limite de ce qu’il peut se permettre actuellement. Et pourtant, superbe technicien qu’il est, il triomphe des difficultés du rôle sans jamais grossir sa voix au timbre si précieux, sans jamais forcer ces moyens. Il négocie habilement les passages un peu graves pour sa voix tout en nous offrant de superbes aigus, y compris un contre- court, mais bien placé à la fin de « Possente amor ». Mais surtout, Flórez peut démontrer ici qu’il est plus qu’un virtuose, plus qu’une machine à vocalises et suraigus. Ainsi, il est tout à fait crédible en libertin, mais aussi lorsque l’amour semble le toucher dans un « Parmi veder le lagrime » au legato envoûtant, chanté tout en demi-teintes.

Dans le rôle-titre, Željko Lučić réussit un parcours sans faute d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’une prise de rôle. Doté d’une voix large, homogène du grave résonnant jusqu’à l’aigu facile et puissant, il fait également preuve d’une maîtrise remarquable du phrasé verdien et d’une vaste palette de nuances et de couleurs. Voilà un chanteur capable de prendre la relève des Cappuccilli, Bruson et autres Nucci lorsqu’il s’agit d’incarner les emplois si difficiles à distribuer du baryton verdiens. Parmi les rôles secondaires, saluons notamment l’impressionnant Sparafucile de Georg Zeppenfeld et la Giovanno superbement jouée par Angela Liebold. Maddalena et Monterone, en revanche, restant un peu pâles.

Pour tous ceux d’ailleurs qui auront manqué la retransmission sur Arte, il y a un espoir : cette production mémorable sera probablement publiée sur DVD. Dans ce cas, n’hésitez pas à vous le procurer. Vous ne le regretterez pas.

Crédit photographique : Diana Damrau (Gilda) & Juan Diego Florez (Duca) © Semperoper de Dresde

par Andreas Laska (25/06/2008) [3330 visite(s)]

Inviter un ami à lire cet article
Votre nom :
Votre email :
Email de votre ami :
Commentaire :
  Je m’inscris aussi à la lettre d’information de ResMusica
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien en plein écran vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous à contact@resmusica.com en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit. Pour plus d’information, vous pouvez vous reporter au Droit du Net.



34 mélomane(s) connecté(s)
18447 pages lues hier

Qui sommes-nous ? Contactez-nous Dans la presse Partenaires
Copyright © 2000-2009 ResMusica. Tous droits réservés.
Retour à l’accueil du site
Le magazine
La scène
Ecouter, voir, lire ...
Ajouter aux favoris
Abonnement à la lettre d'information
Qui sommes-nous ?
Contactez-nous
Dans la presse
Partenaires