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[CD] Compositeur RCA
Le tour de Suisse, première étape de montagne instrumentale !
Gustav Mahler (1960-1911) : symphonie n°5 en ut dièse mineur. Orchestre de la Tonhalle de Zurich, direction : David Zinman. 1 SACD RCA. Référence : 88697 31450 2. Code barre : 8 86973 14502 9. Enregistré en avril 2007 à la Tonhalle de Zurich. Notice de présentation en : allemand, anglais et français. Durée : 73’38.
Avec ce nouveau volume de son intégrale des symphonies de Mahler, l’excellent David Zinman est déjà au milieu de son cycle. Au moment d’aborder les trois redoutables symphonies instrumentales, le chef américain vire au sommet en assez bonne position. Commencée tel un sprint massif, cette somme nous offrait deux magnifiques versions des deux premières symphonies ; petit calage ensuite avec une symphonie n°3 bien trop aseptisée avant de repartir sur un bon rythme avec une belle, mais en rien inoubliable, symphonie n°4.
Dans ces premières lectures, Zinman proposait un Mahler plutôt pasteurisé avec une grande attention portée à l’analyse et à l’équilibre entre les lignes et les pupitres. Remisant cet état d’esprit au placard, le musicien attaque les lacets du premier mouvement sur un ton engagé et assez enragé offrant un Mahler tourmenté et impérieux. Bien naturellement, l’orchestre, servi par une prise de son assez démoniaque, lui livre, sur un plateau, une performance de premier plan avec, en plus, « le vécu » mahlérien qui fait la différence en terme de transparence des pupitres, d’articulation et de précision des cuivres. Le « Stürmisch bewegt » s’impose ainsi avec pugnacité mais aussi par un beau sens du phrasé. On continue ainsi de gravir les cols des mouvements tumultueux à un rythme soutenu, mais c’est dans la plaine que le chef peine un peu avec un « Adagietto » qui manque un chouia d’abandon. Mais l’arrivée au sommet avec le « Rondo final », souvent trop galvaudé au profit d’une démonstration d’orchestre, emporte l’adhésion. Zinman et ses troupes incluent ce mouvement dans la logique de l’œuvre évitant l’aspect pompier et décousu qui plombe les trois quarts des versions.
La discographique de la partition est des plus conséquentes autant chez les grands anciens que chez les modernes, mais tout compte fait, ce beau disque est certainement la plus intéressante version depuis celle de Chailly à Amsterdam (Decca-1997). Cette dernière interprétation est également la seule à techniquement rivaliser avec ce présent disque suisse.
par Pierre-Jean Tribot (30/06/2008) [809 visite(s)]
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