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| La Scène |
[Scène] Danse Création ballets
[Avignon] Dépaysant, mais qu’importe ?
Avignon. Opéra-Théâtre. 15-XI-2008. Arnold Schœnberg (1874-1951) : La Nuit transfigurée. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Concertos Brandebourgeois n° 2 et 3. Costumes : Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse ; et Opéra de Nice (1e partie). Chorégraphie : Eric Belaud (1e partie) et Christophe Garcia (2e partie). Lumière : Noël Lemaître. Danseurs (Ballets de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse) : Anne-Sophie Boutant, Joselyn Cabarcos, Agathe Clément, Laurence Hourtané, Béryl de Saint-Sauveur, Arnaud Bajolle, Anthony Baignard, Frédéric Hourtané, Alexis Traissac. , Solistes (1e partie) : Valérie Yvars, la jeune femme ; Cyrille Jegou, le jeune homme ; Georgs Prunier, l’étranger. Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence, Solistes : Cordelia Palm, violon ; Odile Bruckert, flûte ; Frédéric Constantini, hautbois ; Denis Tomba, trompette. Direction : Jonathan Schiffman.
Dépaysant, c’est le moins qu’on puisse dire, mais « Qu’importe ? », pourrait-on dire, puisque tel était justement le titre du ballet de la 2e partie.
La soirée avait drainé un public plus nombreux que les précédents spectacles : mélomanes et amateurs de danse s’étaient donné rendez-vous. Les « classiques » redoutaient Schœnberg, les autres étaient dubitatifs sur les Brandebourgeois. Tout le monde a été renvoyé dos à dos, et chacun, miracle ! y a trouvé son compte. Du grand art, dû au talent divers mais conjoint de tous les partenaires.
Sable, cendre, charbon, et blanc : le ballet d’Eric Belaud, dans La Nuit Transfigurée, porte bien la marque du chorégraphe, élégant, épuré, sobre dans son inventivité. Si certains spectateurs ont déploré contorsionnisme et machisme, nous-mêmes avons aimé sans réserve. La musique de Schœnberg offrait gravité et tension, jouée tout en retenue et délicatesse par l’Olrap sous la baguette de Jonathan Schiffman, et toutes les difficultés de l’œuvre s’en sont trouvées comme sublimées, vraiment « transfigurées ».
La 2e partie a été plus « libre »... Beaucoup de baudruches (fauteuils en plastique transparent, ballons divers, figures d’animaux les plus variés, du cochon à la poule.... ), des costumes de bric et de broc, un ballet qui bouscule les codes, tout en épousant la rythmique des Concertos brandebourgeois. On a souri (Buster Keaton n’était pas loin), des enfants ont pouffé joyeusement, on a apprécié l’originalité du ballet, mais fallait-il pour cela choisir Bach comme prétexte ? Au point que l’interprétation orchestrale même nous a déçus, quelle qu’ait été la réussite incontestable des solistes ! On ne peut dénier à Christophe Garcia une originalité décapante, qui a séduit les musiciens eux-mêmes, mais nous n’avons pas nous-mêmes réussi à entrer dans son univers, tout en nous réjouissant que cette originalité même puisse exister.
Crédit photographique : © Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse
par Geneviève Allène-Dewulf (20/11/2008) [1555 visite(s)]
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