Archives de l’auteur : Bertrand Saint-Etienne

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Le surprenant Winterreise de Padmore

Après une Belle Meunière particulièrement réussie il y a un an dans le même lieu, c’est un singulier Voyage d’hiver que Mark Padmore a accompli salle Gaveau, escorté au piano par Till Fellner. Si sa version du cycle ne manque pas de qualités et touche parfois au sublime, elle dérange aussi par certains aspects. Les choses s’engagent mal avec un « Gute Nacht » maniéré et roucoulant, qui passe complètement à ...
Renaud Capuçon et Frank Braley © François Darmigny

Les Capuçon fêtent Korngold et Schubert

Pari réussi pour les frères Capuçon et leurs amis, qui mettait Schubert et Korngold à l’honneur dans le cadre d’une édition des « Grands Solistes », Salle Pleyel. Onze partenaires, six instruments et trois concerts pour une leçon de musique de chambre. Abordé sous l’angle d’un parallèle entre les deux compositeurs autrichiens, le genre chambriste sort rehaussé et enrichi de cette confrontation, qui fait dialoguer des œuvres composées à un siècle de ...
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Lyon, Jorge Luis Prats libéré

Le temps est venu de redécouvrir le flamboyant Jorge Luis Prats, le virtuose cubain au destin contrarié par le régime politique de son pays, qui l’a longtemps privé de la grande carrière internationale que son prix Long-Thibaud (1977) lui promettait. Désormais rendu à la reconnaissance du public, il se produit sur tous les continents et inaugure à Lyon la cinquantième édition des Grands Interprètes. La quatrième Bachianas Brasileiras de Villa-Lobos fournit ...
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Vienne, Hélène Grimaud pleine de grâce dans Ravel

Invitée à se produire avec un Orchestre Symphonique de Vienne placé pour la première fois sous la direction du Norvégien Eivind Gullberg Jensen, Hélène Grimaud aura plus que rempli sa part du contrat. Après Träume, poème symphonique de Prokofiev, et avant la Symphonie n°2 de Rachmaninov, elle se surpasse dans le Concerto en sol de Ravel. Dans cette œuvre exemplaire de concision, déjà enregistrée par elle chez Erato, on la trouve ...
Maurizio Pollini

Pas une ride pour Pollini à Vienne !

Il est des pianistes dont l’aura artistique produit toujours un effet particulier lors des concerts en public. Ainsi de Maurizio Pollini qui, à soixante-neuf ans, en impose encore par son flegme souriant, son élégance un peu raide et surtout par ce jeu génial qui, en 1960, faisait de lui le vainqueur du Concours Chopin. Dans un programme Schubert/Chopin intensément romantique, le géant italien s’illustre d’abord par son détachement. La Sonate en ...
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L’Orchestre de Paris chez lui à Vienne

En visite à Vienne pour trois concerts, l’Orchestre de Paris a donné dès le premier soir la preuve de son haut niveau, avec Leif Ove Andsnes comme soliste, ce qui ne gâchait rien. Sous la baguette de Paavo Järvi, le pianiste norvégien a produit un très bon second Concerto de Brahms, tendre et musclé pourrait-on dire. Avec son toucher exceptionnel, Ove Andsnes s’élève sans effort au-dessus de l’orchestre, fût-ce par un ...
En un seul mouvement

Pierre-Laurent Aimard en un seul mouvement

Dans ce premier volet d’une série de deux récitals donnés à la Konzerthaus de Vienne et enregistrés en direct, Pierre-Laurent Aimard explore une forme d’écriture particulière : la sonate en un seul mouvement. Quoiqu’un peu uniforme, c’est assurément un programme intéressant. Seul défaut : le pianiste se mure dans un jeu personnel dont le public est exclu. Quelques pièces isolées entrecoupent cette étude de genre, comme La lugubre gondola, les Nuages gris et ...
Levinas, poète de Schumann

Michaël Levinas, poète de Schumann

Dans son dernier disque, Michaël Levinas renoue avec le compositeur de ses débuts discographiques, nous entraînant dans l’imaginaire fantasque du jeune Robert Schumann, un monde bercé par le chant de la nature et peuplé de figures allégoriques. Son Carnaval ne manque pas de piquant. Tour à tour espiègle ou grave, il déroule pour nous un drame romantique au sens shakespearien ou hugolien du terme, dans la mesure où les pantomimes d’un ...
Bach par Busoni, Busoni par Baglini

Bach par Busoni, Busoni par Baglini

Les transcriptions pour piano de Ferruccio Busoni d’après Johann Sebastian Bach sont presque devenues des œuvres originales tant elles se distinguent de la partition pour orgue du maître allemand. Maurizio Baglini nous les fait revisiter avec brio, nous transportant hors de l’ère baroque. On sait que l’habitude prise au XXème siècle de jouer les œuvres de Bach pour clavecin au piano leur a permis de conserver une inépuisable actualité. Il en ...
L’esprit de Leif Ove Andsnes

L’esprit de Leif Ove Andsnes

Leif Ove Andsnes au piano, c’est la rencontre de l’esprit et de la matière. Finesse et sensibilité ne seraient que de vains mots s’il n’y avait pas cette élégante façon de se mouvoir, ce toucher ferme et net, cette rondeur dans la narration des traits… Sous les ors de la Grande Salle du Musikverein de Vienne, il a produit un récital irréprochable de maîtrise et de simplicité. Le ton est ...
Les deux visages de Buchbinder

Les deux visages de Buchbinder

Sous la baguette de Zubin Mehta, Rudolf Buchbinder revisite deux monuments de la littérature pour piano et orchestre : les concertos de Brahms, enregistrés en direct à Tel-Aviv avec l’Orchestre Philharmonique d’Israël. On aimerait s’enthousiasmer pour la version très personnelle qu’il en propose, mais les sommets atteints en quelques occasions ne font pas oublier la pente qui les suit, et qu’il dévale malheureusement à répétitions. Un orchestre assez neutre ouvre le Concerto ...
Un Trio bien pâlot

Wiener Klaviertrio, un Trio bien pâlot

Le Wiener Klaviertrio ne laissera pas un souvenir impérissable de son passage au Konzerthaus de Vienne. Malgré des qualités techniques évidentes et une bonne volonté touchante, il n’est jamais parvenu à ce haut degré d’interprétation, à partir duquel les intentions laissent place à l’émotion, transmise à l’auditoire avec naturel et simplicité. Le Trio en si bémol majeur K 502 de Mozart ne convainc pas vraiment ; avouons-le, l’œuvre ne regorge pas elle-même ...
La caresse d’Anton Sorokow

La caresse d’Anton Sorokow

Au Musikverein de Vienne, le violoniste autrichien (d’origine russe) Anton Sorokow a donné avec le pianiste Luca Monti l’impression d’un excellent duo, brillant particulièrement dans le répertoire post-romantique de Franck et Prokofiev. La Sonate en sol majeur KV 301 de Mozart, sorte de bagatelle enfantine, installe déjà les protagonistes dans une merveilleuse complicité et démontre d’emblée leur grand talent à tous deux. Sorokow, surtout, éblouit par la pureté de son son : ...
David Fray triomphe à Vienne

David Fray triomphe à Vienne

Se produisant pour la première fois au Konzerthaus de Vienne, David Fray avait inscrit Mozart et Beethoven à son programme, ô combien consensuels, entre lesquels il a alterné pourtant avec aisance et originalité. Son style excentrique n’a pas rebuté le public viennois, si souvent francophile, charmé par ce jeune pianiste aux airs mystérieux. La soirée ne fut rien d’autre qu’une démonstration de talent. À ceux qui doutaient encore de son ...
Berezovsky joue Brahms

Berezovsky joue Brahms

Boris Berezovsky signe chez Mirare un disque Brahms tout à fait exceptionnel, témoignant d’une vision crépusculaire de celui qu’on appelle parfois «le dernier romantique». Le sublime Concerto pour piano n°2 est porté avec la fougue et l’énergie du désespoir. Les vastes et puissants accords arpégés qui scandent le premier mouvement Allegro non troppo sont autant de coups de boutoir impuissants contre les parois invisibles d’une vie qui touche à son terme. ...