Archives de l’auteur : David Christoffel

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À propos de David Christoffel

Doctorant à l’EHESS travaillant sur les indications de jeu d’Erik Satie, David Christoffel a publié diverses articles : notamment « Contre-coups parodiques de l’ironie de Satie » (Revue Texte, Toronto), « Le piano endimanché » (musique.ehess.fr) et sur les rapports entre la musique et la poésie, il a notamment écrit « Discrètes actualités du poème simultan » (dans Cahiers H sur Dada) et « Opéra et pas-opéras de Tarkos » (Rilune n°2). Musicien et poète, il compose des opéras parlés tels que Le Déchante Merdier en 1999, Lamento sans les poils en 2006, outre des travaux critiques poétiques en revues (Doc(k)s, Il Particolare, Le Quartanier, Enculer) et à la radio (Arte Radio, France Culture et, surtout, des radios associatives). L’opéra Active, attrape et dégage est disponible, aux côtés d’œuvres courtes, sur un CD paru aux éditions Artalect. Il a en outre publié des recueils tels que Cela n’étant dire (Editions Lisières, 2004) et Faustroll à l’étouffé (Cynthia 3000, 2007). Crédit photographique : Laurent Brunet Lire aussi : - Sur le piano endimanché - Sur Tarkos
De la passion du massacre

Eric Vignau et Eric Perez, de la passion du massacre

Jeu de massacre Avant d'être intégré à la programmation du Festival de Saint-Céré, le spectacle a été créé le 18 mai 2010. Et le programme précise que c'était expressément organisé pour le jour de la Saint-Eric. Sa facture ne fait aucun doute là-dessus : il a été conçu par et pour les deux Eric (Perez et Vignau), en intimité avec le trio Triphase, dont les musiciens ont notamment fait les arrangements des ...
La Bohème en double détente

La Bohème en double détente

Chanter les grands opéras en français, c'est l'une des vocations du festival de Saint-Céré pour rendre accessible la portée théâtrale des ouvrages lyriques les plus anthologiques. Dans le cas de La Bohème, la traduction en français a eu très tôt valeur d'élargissement du genre. Dès 1898 (deux ans après la création à Turin), c'est Paul Ferrier qui a traduit le livret de Giacosa et Illica en français, pour que l'ouvrage ...
La flûte enchantée, fluo et pas si folle

La flûte enchantée, fluo et pas si folle

La flûte enchantée Pour cette production de La flûte enchantée et comme il en a la vocation, le Festival de Saint-Céré a constitué un plateau de jeunes chanteurs. Et comme pour faire la boucle avec l’argument, Eric Perez a conçu une mise en scène qui valorise justement la jeunesse des personnages en les projetant dans un espace scénique qui fonctionne comme un terrain de jeu. La scène est couverte de carrés ...
Un cabaret post-dada, de la crise de 1929 à nos jours…

Un cabaret post-dada, de la crise de 1929 à nos jours…

Berlin, années 20 ! En présentant le spectacle au public, le metteur en scène Olivier Desbordes insiste sur le fait qu’il s’agit de la première revue dans laquelle a joué Marlène Dietrich. Il insiste aussi sur le fait que les textes ont été traduits en français pour l’occasion, mais que rien n’a été modifié sur le fond. En fait, c’est en préparant Neues vom Tage (1929) de Paul Hindemith sur un ...
La Traviata ou la tragédie au coin de la rue

La Traviata ou la tragédie au coin de la rue

La Traviata En reprenant sa production de 2007 de La Traviata, le Festival de Saint-Céré a voulu mettre à l’honneur de nouveaux solistes et, en particulier, Burcu Uyar, soprano turque venant pour la première fois à Saint-Céré pour interpréter le rôle de Violetta. Avec un espace scénique aux dimensions familiales, une partition réduite pour un ensemble chambriste d’une trentaine de musiciens, il était d’autant plus intéressant que la mise en scène ...
Fanfaronnages escamotades

Fanfaronnages escamotades

A priori, la rencontre des deux artistes de ce CD pourrait paraître hasardeuse. D’un côté, le clarinettiste Jean-Louis Marchand, (dont le MySpace classe sa musique dans les catégories « Pop japonais / Post-punk / Surf »), qui se reconnaît toutes sortes d’influences, d’Olivier Messiaen à Franck Zappa en passant par Johannes Brahms ou Louis de Funès. De l’autre, le saxophoniste Christophe Rieger (qui prend pour tags : « Jazz / Down-tempo / Minimaliste ») compte, ...
Le paysage des émotions secondaires

Morton Feldman, le paysage des émotions secondaires

Toiles de temps, grille, intersection, symétrie tronquée, statisme. Gertrude Stein, Oscar Wilde, Mondrian, Rothko, tapis du Moyen Orient, ébullition du riz. Qu’ils s’agissent de références littéraires ou picturales, d’éléments géométriques ou existentiels, les inspirations dont procèdent les «Patterns» de 1981 sont détaillées par le compositeur en notice. Plutôt que de se prêter au jeu des correspondances, à l’écoute, on est plutôt porté à chercher les avantages à entendre se succéder ...
Que la phrase n’aille pas jusqu’au dernier mot

Que la phrase n’aille pas jusqu’au dernier mot

On pourrait croire qu’il s’agit de réformer les principes élémentaires de la prosodie musicale lentement, sûrement, profondément. On doit reconnaître que le tout est mené avec une patience folle qui, exactement, donne envie d’en déduire les ambitions. Dans Kazabana, les motifs ne sont pas là pour se répondre, s’ils peuvent se résumer et si leur autonomie est comme toute relative, c’est comme ça qu’ils s’épanouissent le mieux et nombreux qui plus ...
Des partitions à dérouler les mécaniques

Des partitions à dérouler les mécaniques

D’un côté, le Trio di clarone où l’association musicale entre Sabine Meyer, son frère Wolfgang et son mari Reiner, qui a exploré les liens entre Mozart et le jazz (en plus rondelet qu’Uri Caine, mais en moins gentil que Jacques Loussier) et qui a enregistré, en 2000, le disque «Bach in 1 Hour» avec Michael Riessler. De l’autre, le virtuose Pierre Charial que certains connaissent pour ses enregistrements des œuvres ...
Le clavecin bien ordonné de Violaine Cochard

Couperin et le clavecin bien ordonné de Violaine Cochard

Violaine Cochard livrait il y a quelques mois un premier disque consacré aux Ordres pour clavecin de François Couperin, ayant enregistré en mai 2005 à l’église luthérienne de la Villette à Paris. Après les Ordres 1, 3, 6 et 7 (AMB 9989), toujours sur un clavecin de Laurent Soumagnac et à l’église luthérienne de la Villette à nouveau, la claveciniste a enregistré en juin 2007 les 2, 4, 9 et ...
Des airs sacrément opératiques

Des airs sacrément opératiques

Les Arts Florissants Quelques semaines avant de célébrer son trentième anniversaire, les Arts Florissants investissent l’Opéra Comique pour, au-delà de la production de Didon et Enée mise en scène par Deborah Warner, mettre en avant la variété du répertoire de Purcell. Le concert intitulé «Divine Hymns» reprenait, dans le même ordre et avec les mêmes chanteurs et musiciens, le programme du disque paru l’an dernier chez Virgin sous ce même titre. ...
La loi du cumul des humeurs

Christian Zacharias, la loi du cumul des humeurs

Le texte rédigé par Christophe Huss pour le programme du récital de Christian Zacharias, rappelle une lettre de Schumann à Simonin de Sire, dans laquelle le compositeur explique que le titre d’Humoreske ne peut pas être tout à fait parlant pour les francophones, qu’il «n’existe pas en français de mot qui puisse décrire ces deux concepts profondément ancrés dans la culture allemande : Das Gemütliche (Schwärmerische) [ce qui est tranquille, ou ...
pierre-laurent_aimard2

Cycle Boulez au Louvre : le clavier bien démembré

Dans le cadre de la série de concerts «Le Louvre invite Pierre Boulez», il était tout naturel qu’une soirée soit consacrée à Elliott Carter. Non seulement parce que, comme nous avise le programme, il a été surnommé «le Boulez américain», mais aussi parce que le compositeur fêtera son centenaire le 11 décembre prochain. Pour l’occasion, le pianiste Pierre-Laurent Aimard lui a commandé une pièce (Caténaires) qui forme un diptyque (Two ...
Gustavo Dudamel enflamme Pleyel

Gustavo Dudamel enflamme Pleyel

Orchestre Philharmonique de Radio France Depuis le concert du « Nouvel an à Caracas » diffusé sur Arte pour le passage en 2008 qui jouait le rappel de sa tournée mondiale avec l’Orchestre des Jeunes du Venezueala « Simón Bolívar », depuis qu’on sait que Sir Simon Rattle a dit qu’il était « le chef le plus étonnamment doué que j’ai jamais rencontré », on ne peut pas lire un article ...
Rossini exotique mais autrement troublant

Rossini exotique mais autrement troublant

Le Barbier de Séville Créée en 2002, la mise en scène du Barbier de Séville par Coline Serreau passe pour sympathique et agréable, exactement comme si son exotisme n’avait d’autre ressort que sa rutilance. Dans ses Notes de mise en scène, la dramaturge justifie son choix de décor : « Séville, occupée quatre cents ans par les musulmans qui y ont laissé une forte empreinte […] Pour que cette histoire nous parle ...
Pierre-Laurent Aimard pianiste d’altitude

Pierre-Laurent Aimard courbe le mystère

L’Art de la fugue impossible et osé Présenté comme la clé de voûte de son «Domaine privé», le récital dans lequel Pierre-Laurent Aimard interprétait L’Art de la fugue était aussi un tournant pour le pianiste, qui dit dans un entretien avec Pascal Huynh : «J’ai attendu trente ans avant d’oser jouer Bach en public ; et «j’interroge» L’Art de la fugue depuis quinze ans. […] Sa place est unique dans l’histoire de la ...
Quand l’acousmatique ne la raconte pas trop

Frédéric Kahn, quand l’acousmatique ne la raconte pas trop

Violoniste de formation, Frédéric Kahn est un de ces élèves de Denis Dufour pour qui l’acousmatique n’est pas tout. Non seulement, il a aussi étudié l’ethnomusicologie avec Jean-Louis Florentz, la composition avec Brian Ferneyhough ou Tristan Murail, mais il a manifestement le souci de varier les effectifs et de composer pour tous les types de dispositifs qui peuvent s’offrir à lui, du duo trompette et trombone à l’installation sonore. D’ailleurs, ...
Quand le corset dépasse l’imagination

Quand le corset dépasse l’imagination

Ensemble Fa Une soirée curieuse pour au moins deux raisons. D’abord, l’Ensemble Fa se promenait assez allégrement dans les catalogues de Satie, Milhaud et Poulenc, pour en sortir des œuvres assez ouvertement contrastées, chaque fois espacées de 20 ou 30 ans (1886 et 1916 pour Satie, 1941 et 1919 pour Milhaud, 1961 et 1932 pour Poulenc). Et puis, le concert était initialement réservé aux salariés d’une entreprise de service en conception ...
Quand le drame est d’abord un engagement

Giovanni Bellucci, quand le drame est d’abord un engagement

Après avoir enregistré les Paraphrases de Liszt pour les opéras de Verdi et de Bellini, la transcription pour piano de la Symphonie Fantastique de Berlioz, Giovanni Bellucci s’est lancé dans un projet discographique encore très lisztien puisqu’il s’agit d’enregistrer chez Codaex l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven en les associant aux transcriptions pour piano des symphonies de Beethoven par Liszt. Autrement dit, Giovanni Bellucci se présente en pianiste poète ...
Une musique charmante, et puis quoi

Une musique charmante, et puis quoi

En 1900, âgé de 37 ans, Gabriel Pierné se prête à des formes plus ambitieuses. Du moins, son opus 36, la Sonate pour violon et piano, publiée en 1900, semble tenir d’une austérité nouvelle pour trouver une assise formelle dans un style élaboré, pas trop centré sur ses saveurs. Car la musique de Pierné est charmante. Et si le besoin se fait sentir d’y relever des pages plus ambitieuses que ...
Où finit la romance, où commence le pianisme ?

Où finit la romance, où commence le pianisme ?

On pourrait tabler sur un vaste désarroi, en imaginant un pianiste qui se met aux Romances sans paroles et qui doit faire ressortir la narration absente ou profiter de son absence pour chercher des nervures moins descriptives... Qu’on ne s’y méprenne pas : quand on enregistre Mendelssohn, c’est qu’on y a déjà mis les doigts et qu’on y a même déjà trouvé quelques repères, familiarités mystérieuses, mauvaises habitudes comprises. Emblématique, Le ...
Découverte posthume d’un compositeur un peu daté

Découverte posthume d’un compositeur un peu daté

Élève de Vincent d’Indy à la Schola Cantorum, Raphaël Fumet fait sûrement partie des musiciens les plus mémorables d’entre les improvisateurs qui jouaient de l’orgue ou du piano pendant les projections de films muets dans les cinémas parisiens des années 1920. Détaché des querelles esthétiques, Raphaël Fumet est l’auteur d’une musique colorée à la française, avec des harmonies charmantes et un contrepoint exactement sympathique. Désintéressé par la promotion de ses ...
Des transcriptions pour varier les ampleurs

Des transcriptions pour varier les ampleurs

À première écoute, l’auditeur peut avoir l’impression d’une fougue un peu partout, plus débordante qu’appropriée. En privilégiant la plasticité des volumes aux lignes et aux phrasés, le jeu de Ferenc Vizi donne toute l’intensité requise aux moments les plus intenses. Mais à part de grandes effusions de plus en plus décomplexées, c’est plutôt en cherchant sa trame que nous pouvons trouver une émotion moins épanchée dans cet album. C’est dans les ...
Natalie Dessay en arbre de Noël

La boite à joujoux à l’Opéra-Comique : Natalie Dessay en arbre de Noël

  En programmant, dès sa réouverture, La boite à joujoux, l’Opéra-Comique réglait-il une sorte de dette historique à l’égard de Debussy ? En effet, dans les notes à la correspondance de Debussy, François Lesure nous rappelle : « L’orchestration de La boite à joujoux, « en voie d’achèvement » seulement en 1917, devait être achevée par André Caplet et le ballet ne fut créé qu’en 1919, après la mort du musicien. » Cela dit, ...
Un quatre-mains lunaire et enflammé

Katia et Marielle Labèque : un quatre-mains lunaire et enflammé

Les grossiers personnages vont peut-être croire que l’indépendance est une question territoriale, mais ce n’est pas forcément parce qu’elles sont nées à Bayonne que Katia et Marielle sont aussi indépendantes de caractère. Pour mieux affirmer la consistance du répertoire du piano à quatre mains, elles ont créé la Fondation KML et leur propre label de musique (KML Recordings). Musicalement parlant, l’une est le feu, l’autre est l’eau, nous ne cessons ...
Grands Motets à la bourguignonne

Grands Motets à la bourguignonne

Le Concert Spirituel Formation spécialisée dans les grands motets baroques depuis maintenant vingt ans, le Concert Spirituel nous a offert de découvrir l’écriture d’un proche de Jean-Philippe Rameau (natif de Dijon), celle de Joseph Michel (né à Bay-sur-Aube, à 82 kilomètres de Dijon), que ses contemporains surnommaient le « Delalande dijonnais ». D’ailleurs, le public le plus studieux (le couple Shirley et Dino était au premier rang de la corbeille, avec ...
Un chant du cygne des plus dignes

Un chant du cygne des plus dignes

Quatuor Vermeer Avec une discographie dense et illustre, ayant acquis une très bonne réputation internationale, le Quatuor Vermeer s’arrête. Le concert au Théâtre des Bouffes du Nord était l’antépénultième d’une carrière de trente sept ans. Si bien que l’auditoire semblait avoir du mal à ne pas écouter les œuvres de Mozart, Janáček et Beethoven, sans y chercher un pincement mélancolique. Le concert a commencé par le Quatuor en si bémol majeur, l’un ...
Les Territoires du son

Les Territoires du son

Motus - RSF Émission de Denis Dufour et Bérangère Maximin diffusée sur RSF 94. 2 (Radio Saint-Ferréol à Crest), le lundi à 21h00 et rediffusée le samedi à 15h00. Production de l’association Motus, proposée par Denis Dufour et Bérangère Maximim, Les Territoires du son est donc un peu plus qu’une émission de radio. Les amateurs d’électro-acoustiques ont naturellement trop d’estime pour le support radiophonique, pour que leurs productions dans le domaine ...
BOF et petites formes

BOF et petites formes

Inquiet de la légitimité de son répertoire, attaché à faire accéder la musique de chambre pour cuivres à « la même reconnaissance que celle pour cordes », le Vertige Brass Quintet est surtout concentré sur ses partitions, amusé de présenter cinq œuvres comme autant de « Courts Métrages » (suivant le titre de l’opus de Cosma) et investi d’assez loin, des « brass »-causes. A l’écoute, on se doit de faire honneur à une souplesse enveloppante, d’autant ...
Le trombone français serait-il le plus sérieux du monde ?

Le trombone français serait-il le plus sérieux du monde ?

La catégorie « musique française » est bien sûr discutable en tant que catégorie. On ne sait pas toujours quel libéralisme nous amène à respecter, sans autre forme de procès, les disques qui affichent le terme « français » pour compte de consistance. Qui plus est après les déconstructions socio-musicologiques autour de la musique française, assez nombreuses ces dernières années (cf. Faure et Vivès, CNRS Editions - 2000 - par exemple). Et la bienveillance ...