Archives de l’auteur : David Christoffel

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À propos de David Christoffel

Doctorant à l’EHESS travaillant sur les indications de jeu d’Erik Satie, David Christoffel a publié diverses articles : notamment « Contre-coups parodiques de l’ironie de Satie » (Revue Texte, Toronto), « Le piano endimanché » (musique.ehess.fr) et sur les rapports entre la musique et la poésie, il a notamment écrit « Discrètes actualités du poème simultan » (dans Cahiers H sur Dada) et « Opéra et pas-opéras de Tarkos » (Rilune n°2). Musicien et poète, il compose des opéras parlés tels que Le Déchante Merdier en 1999, Lamento sans les poils en 2006, outre des travaux critiques poétiques en revues (Doc(k)s, Il Particolare, Le Quartanier, Enculer) et à la radio (Arte Radio, France Culture et, surtout, des radios associatives). L’opéra Active, attrape et dégage est disponible, aux côtés d’œuvres courtes, sur un CD paru aux éditions Artalect. Il a en outre publié des recueils tels que Cela n’étant dire (Editions Lisières, 2004) et Faustroll à l’étouffé (Cynthia 3000, 2007). Crédit photographique : Laurent Brunet Lire aussi : - Sur le piano endimanché - Sur Tarkos
Un programme encore plus homogène qu’éclectique

Un programme encore plus homogène qu’éclectique

Festival d’Automne 2007 Des compositeurs nés dans les années 60-70, le premier orchestre à se consacrer au répertoire des XXe et XXIe siècles, Pierre Boulez à la direction : le Festival d’Automne offrait au public parisien un programme pêchu, illustre et ténu. Organisé comme un échange de bons procédés, les grands noms (Varèse et Boulez) étaient bien entendus d’autant plus importants, qu’ils prêtaient de leur prestige à des compositeurs plus jeunes : Mark ...
Feeling Brass Quintet : Bach aussi bien que Piazzola

Feeling Brass Quintet : Bach aussi bien que Piazzola

Airophonic Ensemble né en 2000, le Feeling Brass Quintet n’a pas d’autre vocation que d’explorer et partager les plaisirs du répertoire du quintette de cuivres et des combinaisons de timbres dont il regorge. « Feeling, le mot sert à montrer que nous jouons ce que nous voulons jouer, ce que nous aimons jouer » (dixit Romain Leleu). Certes, au-delà d’un éclectisme poseur, peut-on repérer au menu de cet album « Passages », des plaisirs divers, ...
Couperin dans l’ordre de Tharaud

Couperin dans l’ordre de Tharaud

Après son disque Rameau en 2001, après Les Tricotets, L’Indifférente, La Poule et Les Sauvages, il était pratiquement attendu qu’Alexandre Tharaud enregistre Les Tricoteuses, Les Juméles ou La Visionnaire, les pièces de caractère de François Couperin. Comme les catégories musicologiques traditionnelles veulent que François Couperin éclate la forme de la « suite », on pourrait avoir l’impression que Tharaud joue de cet éclatement, sans retenue. Aussi, il va d’un ordre à l’autre, ...
La fine fleur du début vingtième, sans les chichis

Ensemble Incanto, la fine fleur du début vingtième sans les chichis

La prise de son généralement très claire du nouvel album de l’Ensemble Incanto pourrait soutenir l’impression d’un jeu un peu trop carré, si ce n’est scolaire. Mais le travail de stylisation, vert, croquant, est aussi abrupt et ferme comme il faut, pour faire entendre quelques pages de Milhaud tout à fait nerveuses, même pas du tout bucoliques. Les options de l’ensemble sont d’autant plus éminentes qu’elles sont toujours lisibles, jamais ...
Quand la diversité fait souci

Quand la diversité fait souci

Rassemblant sept œuvres composées entre 1992 à 2005, le disque Sentence Funèbre permet de découvrir la musique de Mounir Anastas dans toute sa variété, d’en saisir une cohérence tout expérimentale. Pour commencer, Colloque Sentimental donne au poème de Verlaine des climats denses, appuyés, explicites, presque figuralistes. L’œuvre suit le poème mot à mot, en redéveloppe chacune des émotions. Les vers sont répartis dans l’œuvre de la façon la plus précise, ...
Des concertos de Carl Philipp Emanuel, d’abord pour le plaisir

Des concertos de Carl Philipp Emanuel, d’abord pour le plaisir

L’œuvre pour flûte de Carl Philipp Emanuel Bach est singulière et d’autant plus variée qu’elle contient des œuvres directement écrites pour la flûte et nombre de transcriptions. Ainsi, les trois concertos choisis par Juliette Hurel et l’Orchestre d’Auvergne ont aussi une version pour violoncelle. Et si la transcription a toujours été, dans la famille Bach, une activité musicale comme les autres, Carl Philipp Emanuel ne procédait pas exactement comme son ...
De l’exotisme dramatique et moderne, c’est possible !

De l’exotisme dramatique et moderne, c’est possible !

Festival Agora 2007 La musique de Mauricio Kagel se regarde. Cela ne veut pas dire qu’elle est spectaculaire. Au contraire, s’il lui fallait des généralités dans ce ton là, nous pourrions être sûrs que, soucieuse de ses scénographies, elle veut sûrement résister aux trajets conventionnels de la musique à concert. De même, si nous voulions trouver un point commun entre les deux œuvres au programme, Morceau de concours et Exotica, nous ...
Muraro tel que Rachmaninov

Muraro tel que Rachmaninov

Orchestre Philharmonique de Radio France Quelques dizaines de minutes avant le concert, le premier orage du week-end avait frappé. Tangibles et trempées, tant sur scène que dans la salle, ce soir là, les humeurs étaient déliées. Ainsi, Kikimora d'Anatoli Liadov ouvrait le concert de telle manière que chaque pupitre se trouvait valorisé, embelli par la précision de ses nuances. Et si, parfois, nous pouvions souffrir d’un manque de liant, c’est qu’il ...
L’ivresse effrénée d’un jazz mûrement débridé

L’ivresse effrénée d’un jazz mûrement débridé

Pleyel reçoit Portal et Sclavis La loi du genre veut que les «pointures» arrivent en seconde partie de programme, ce qui rend toujours malaisé de passer avant. Mais après la décharge frénétique envoyée par Portal, Sclavis, Zulfikarpasic, Chevillon et Humair, il était même difficile de se rappeler que, le même soir, tout avait commencé par une heure de piano solo. Entre les deux parties, au-delà de la seule différence d’effectif, le ...
Un quatuor à suivre

Un quatuor à suivre

Four Suites, le nouvel album du Barrios Guitar Quartet (BGQ), est tellement passionnant qu’il nous impose de procéder par ordre, en commençant par les extraits de The Fairy Queen de Purcell, arrangés par Stefan Hladek. Le BGQ y trouve une élégance chiche, des attaques franches, assorties de jeux de plans très imagés. La transcription peut se réfléchir en un nombre de facettes incalculables : puisque l’influence est diffraction, c’est Purcell comme ...
Beau programme recherchant style désespérément

Beau programme recherchant style désespérément

Ensemble Orchestral de Paris Trois œuvres aux effectifs variables. Trois moments d’un intérêt changeant. L’Ensemble Orchestral de Paris recevait le violoniste et chef d’orchestre Dimitri Sitkovetsky dans un programme passionnant sur le papier, mais stylistiquement très inégal à l’arrivée. Pour commencer, Fratres d’Arvo Pärt dans une version pour violon solo, cordes et percussions. Dmitri Sitkovetsky dirigeait l’ensemble en jouant la partie de violon solo : son dépouillement tenait, fin et sobre, une ...
Kullervo

Kullervo à Atlanta

Œuvre emblématique à plus d’un titre, on ne sait pas toujours sous quel aspect écouter Kullervo. Aussi, quand l’Orchestre Symphonique d’Atlanta dirigé par Robert Spano s’attaque à la symphonie chorale de Sibelius, ce n’est pas pour donner à l’auditeur l’assise dramatique que ses volumes semblent annoncer. Souvent plus confuse que passionnante, néanmoins sérieuse et proportionnée, cette version n’offre pas sur l’œuvre un point de vue assez marquant pour donner à ...
Des transcriptions imparables et bien trempées

Bach par Stokowski, des transcriptions imparables et bien trempées

Si les transcriptions de Stokowski ont pu être décriées, et même si elles l’ont moins été en France qu’en Allemagne ou aux Etats-Unis, ne peut-on s’attendre à des hommages en grande pompe pour le trentième anniversaire de sa disparition en septembre prochain ? Les chefs d’accusation qui pèsent le plus souvent sur les transcriptions de Stokowski pointent l’inéluctable modification du spectre sonore, voire la redistribution des équilibres entre les différentes voix. S’il ...
Le démon du génie méthodique

Le démon du génie méthodique

Préfacé par Norbert Dufourcq dès sa première édition en 1978, l’essai de Bertrand Ott, Liszt et la pédagogie du piano, est reparu en édition « revue, augmentée et corrigée » dans la collection » Art » dirigée par Olivier Lussac chez Christine Paquelet Edition. Sa réédition était d’autant plus indispensable que cette espèce de méta-méthode de piano permet de renouveler le débat pianistique, si ce n’est surtout la terminologie disponible pour parler piano. Après quelques ...
La musique comme métaphore

Histoire de l’Acoustique Musicale, la musique comme métaphore

Quand Schaeffer remet en question la prééminence des questions de hauteurs sur la musique (pour ouvrir le domaine sonore à des paramètres moins considérés), il indique une méfiance résolue envers les approches trop physiciennes du son. Ouvrant cette Histoire de l’Acoustique Musicale, se dit-on qu’il faudrait peut-être se méfier d’une histoire de l’acoustique, si ce n’est physicienne, du moins trop algébrique (même si l’algèbre est un moyen imparable pour expliquer ...
Une douceur débridée, mais des audaces modérées

Une douceur débridée, mais des audaces modérées

Après un premier volume en deux CD, Timpani édite la suite de l’enregistrement intégral de la musique de chambre de Gabriel Pierné, avec les solistes de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, sous la direction artistique de Christian Ivaldi. Le texte de Jacques Tchamkerten, L’architecte charmeur, proposé dans le livret pour présenter les œuvres, détaille les ressorts de l’écriture de Pierné, avec assez de précision pour donner une idée concrète de sa ...
Des gammes hiératiques, une œuvre historique

Le piano d’Egon Wellesz, gammes hiératiques, œuvre historique

Ami et compagnon d’études d’Anton Webern, Egon Wellesz a beaucoup pratiqué les répertoires classiques et romantiques à quatre mains. Après les leçons de sa mère et du professeur de sa mère (Carl Frühling), l’apprentissage de Wellesz est surtout notoire parce qu’il fut le premier élève de Schœnberg. Même s’il le quitte au bout de deux ans et si la rupture est indélébile pour Schönberg, Wellesz reste dans les annales de ...
Violon et marimba, un couple rare mais poli

Violon et marimba, un couple rare mais poli

Polymnie Dès les premières secondes du disque, la conquête opère : vive les duos, surtout quand ils réunissent des instruments trop rarement associés (ou trop formatés chaque fois qu’ils sont assemblés) ! Se réjouit-on d’entendre le marimba en posture concertante, valorisé par une prise de son charnelle et généreuse. Ceci impliquant cela, peut-on regretter que le répertoire qui lui est offert donne au marimba, un rôle autrement idiomatique. Après Bordel 1900 de Piazzolla, ...
Igor Tchetuev plus concentré que concertant

Igor Tchetuev plus concentré que concertant

Rachmaninov de l’orchestre au piano Le souci avec les poèmes symphoniques, c’est que l’écoute croit se devoir à quelques images, du moins, traduire les raisons de ses écarts aux annonces narratives. Inspirée du tableau d’Arnold Böcklin, la partition de l’Ile des morts n’est cependant pourvue d’aucun texte de programme, la succession des plans n’a donc pas lieu de se chercher quelque rationalité narrative, fait bien de suivre la rondeur de chaque ...
Œuvres de jeunesse plus ou moins en V.O

Œuvres de jeunesse plus ou moins en V.O

Jaap van Zweden pour un Mahler in extenso Suivant une direction intelligible, si claire que la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson semble imposer une sorte de doxa timbrique relativement serrée. De telle sorte que les phrases, enjambées, donnent à l’effilement de la partition une vitalité paradoxale et tellurique. Les articulations sont plus que modérées, cependant violentes, tant l’ambiance est voulue aérienne, dans l’Adagio. La capacité des interprètes à ...
Le Quintette Aquilon

Le Quintette Aquilon

Cinq vents en V.O. Prix de musique de chambre mention Très Bien à l’unanimité dans la classe de David Walter et Michel Moraguès en 2004 et lauréat, en 2005, du Concours européen « Musiques d’ensemble » de la FNAPEC, le Quintette Aquilon dispose d’un répertoire de distinctions digne d’attirer l’intérêt des mélomanes les plus studieux. Mais ceux qui sont passionnés de musique plus que de lauriers, pourront s’intéresser à ces musiciens, même s’ils ...
Ainadamar, un opéra coloré et engagé

Ainadamar, un opéra coloré et engagé

Certains psychologues préviennent : ce que les parents présentent comme une solution peut devenir, pour les enfants, un problème. En effet, il y a dans les transmissions un jeu de dupe inaltérable, sans quoi les histoires de familles ne seraient jamais insupportables, mais surtout transparentes, tout de même ennuyeuses et pas même entêtantes. Ainadamar est une histoire de transmission : un jeu d’emboîtements, de filiations. L’action se déroule en 1969 : avant de ...
Mozart pour tous les effectifs

Mozart pour tous les effectifs

Et 1, et 2, et 3 pianos ! Pour finir l’année Mozart et pour son dernier concert à Pleyel en 2006, l’Orchestre de Paris a présenté une programmation exclusivement mozartienne, en proposant des effectifs les plus variés : une sérénade pour instruments à vent en première partie, des concertos pour piano (avec orchestre exclusivement de cordes, à deux cors près) en seconde partie. Même si cela ne veut probablement pas dire grand-chose ...
Korcia sur tous les registres

Laurent Korcia sur tous les registres

Quand l’éclectisme est d’abord un plaisir Apercevant dans le public Jean-Louis Aubert (qui chante Si vous l’aviez compris de Luigi Denza sur l’album Doubles jeux récemment paru chez Naïve), en guettant la présence de Julie Depardieu (qui partage la vie de Laurent Korcia au point d’apparaître ensemble, il y a quelques mois, dans une émission de Marc-Olivier Fogiel), avant même l’arrivée des musiciens sur scène, le public pouvait deviner que cette ...
Bartók fignolé

Bartók fignolé par Michael Gielen

Après un premier album Bartók (Quatre pièces pour orchestre op. 12, le Concerto pour violon et orchestre n°1 et la Musique pour cordes, percussions et célesta), Michael Gielen poursuit l’exploration du répertoire symphonique du compositeur hongrois avec l’Orchestre de la Radio Baden-Baden et Fribourg. Nous avions déjà relevé, dans la première livraison de cette intégrale, le raffinement des textures et la grande souplesse de l’orchestre. Dans la suite tirée du ...
Plus de coloris que d’émotions

Maurice Denis et la musique

Dans le cadre de l’exposition consacrée à Maurice Denis (jusqu’au 21 janvier 2007), le Musée d’Orsay propose un cycle « Maurice Denis et la musique ». Après la mezzo Nora Gubisch et avant le concert très attendu de Jean-Paul Fouchécourt (le 11 janvier), c’est la soprano Ingrid Perruche qui proposait un répertoire de mélodies directement puisées dans les affinités musicales du peintre Maurice Denis. Un récital avec son protocole et ses paradoxes : ...
Tatjana Vassilieva irradie Pleyel

Tatjana Vassilieva irradie Pleyel

Hommage à Chostakovitch, façon Rostropovitch Attendu comme un moment fort des hommages organisés dans le cadre du centenaire de la naissance de Dimitri Chostakovitch, l’Orchestre de Paris accueillait, à sa direction, Mstislav Rostropovitch et, en soliste, la violoncelliste Tatjana Vassilieva. Passée l’émotion d’entendre le Concerto pour violoncelle n°1 sous la direction de son dédicataire, le public se laisse prendre par l’élégance de la lauréate 2001 du Concours Rostropovitch. Soutenu par un ...
Une schubertiade pour Schœnberg

Thomas Larcher au piano, une schubertiade pour Schœnberg

Cela pourrait passer pour une formule « deux en un ». Ce premier concert du cycle « la poursuite » pouvait effectivement donner l’impression de ne pas être un seul concert, mais au moins deux. Au cœur du programme, un large extrait du CD enregistré en 2001 par Thomas Larcher qui, très fidèle à l’esprit des productions d’ECM, alternait des pièces pour piano d'Arnold Schoenberg et Schubert. Aussi, comme en périphérie d’un plat de ...
Excursion osée dans le Moyen-Orient baroque

Excursion osée dans le Moyen-Orient baroque

Exotisme et XVIIIe siècle. Voyage après voyage, l’Ensemble XVIII-21 met sa facture baroque à l’épreuve d’horizons extra-européens des plus variés. Après le Brésil baroque ou les Vêpres à la Vierge en Chine, les recherches de Jean-Christophe Frisch se sont naturellement arrêtés sur l’un de ses homologues du siècle des Lumières : le musicien voyageur (et écrivain) Pietro della Valle dit Pellegrino. Après une cuisante déception amoureuse, il quitte Rome pour découvrir ...
Un gala à la Beckett ?

Le violon de Diego Tosi, un gala à la Beckett ?

La grande salle de l’Athénée est si prestigieuse, tellement pittoresque, le récital d’un brillant jeune violoniste ne peut qu’y prendre une tournure théâtrale. C’est en effet dans le décor de Giulio Lichtner, pour Fin de partie de Beckett, que le violoniste Diego Tosi, accompagné par Nathalie Juchors au piano, donnait un concert (suivi d’une dédicace) pour le lancement de son disque, Le violon de Ravel (lire l’article de Jean-Christophe Le ...