Archives de l’auteur : Héloïse B. Oléari

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Death in Venice, nouvelle production réussie à Nice

À Nice, Hans Schöpflin, Davide Damiani, James Laing et Hermann Schneider constituent un quatuor gagnant, tant sur le plan vocal qu'au niveau de la mise en scène, particulièrement réussie pour cette nouvelle production de Death in Venice. Sans doute les inconditionnels du film de Visconti Mort à Venise ont-ils été surpris par cette mise en scène, qui, en réaffirmant sa fidélité à la nouvelle de Thomas Mann, s'éloigne considérablement de la ...
Michal Nesterowicz

La 5e de Tchaïkovski fait vibrer le public niçois

Un concert très inégal dont il ne faut retenir qu'une chose : dans la Symphonie n° 5 de Tchaïkovski, l'Orchestre Philharmonique de Nice a su renaître de ses cendres. Avec en ouverture le poème symphonique de Liszt Les Préludes, la soirée, placée sous le signe du romantisme, ne commence pas sous les meilleurs auspices. Impossible en effet de ne pas s'étonner – voire même de s'agacer – devant la direction très personnelle ...
J.LACOMBE

A Nice Jacques Lacombe offre une Mer haute en couleurs

Jacques Lacombe et l'Orchestre Philharmonique de Nice : une collaboration très prometteuse, qui, espérons-le, perdurera malgré le triste horizon politique qui se profile. Après une brève allocution de Jacques Lacombe qui signait ici sa troisième collaboration avec l'Orchestre philharmonique de Nice, le concert s'est ouvert sur La Péri, un ballet que Dukas composa à la demande de Diaghilev et qui fut créé un an à peine avant le scandale du Sacre du ...
La Bohème (Saison 2013-2014)

À Bastille, la Bohème cherche encore la petite étincelle

Mettre en scène La Bohème, c'est un peu être en permanence sur la corde raide. Face à une partition déjà extrêmement expressive et un livret qui, avouons-le, n'a pas très bien vieilli (comme chez Maeterlinck, la limite entre le désuet et le ridicule est parfois ténue), comment ne pas sombrer dans l'overdose de bons sentiments ? Nul Scarpia ou autres Pinkerton pour venir épicer la sauce : pendant ces deux heures où l'on ...
lionel-bringuier

Simon Trpčeski et Lionel Bringuier, un duo gagnant de jeunes prodiges

Quand un des meilleurs orchestres du monde rencontre un jeune prodige de la baguette, le résultat est réellement bluffant. Démonstration. Dans Une nuit sur le Mont Chauve, Lionel Bringuier a réussi à obtenir très belles couleurs : malgré une orchestration fournie, il est parvenu à conserver une certaine volubilité (qui n'est pas sans évoquer la Symphonie Fantastique de Berlioz) ; ainsi, évitant avec succès l'aspect parfois massif de l’œuvre, les accents « russes », bien ...
anne sophie mutter

Anne-Sophie Mutter signe un Brahms captivant

Totalement métamorphosé, le City of Birmingham Symphony Orchestra qui nous avait proposé la veille un concert assez décevant, fut éblouissant de virtuosité lors de cette deuxième soirée qui mettait à l'honneur Anne-Sophie Mutter dans le Concerto pour violon de Brahms. Le poème symphonique Don Juan fut réellement convaincant : la fougue déployée n'a pas été sans rappeler la prestation (la semaine passée) de la Staatstkapelle qui nous avait offert une magnifique Vie ...
andris nelsons

Grimaud livre un Brahms sans intérêt, Petrouchka sauve la face.

Inutile de tourner autour du pot : le concert fut terriblement décevant, particulièrement le Concerto pour piano n° 1 de Brahms. Hélène Grimaud l'ayant enregistré tout récemment pour Deutsche Grammophon, il paraissait légitime d'avoir des attentes élevées. Que nenni. Pour commencer, on a été frappé par l'absence de legato et de véritable cantabile, ce qui, dans une œuvre aussi éperdument romantique fut un peu dérangeant. À ce constat s'ajoutèrent deux choses : d'une part, les ...
Ch. Thielemann

La Staatskapelle de Dresde héroïque dans Strauss

Œuvre exigeante et délicate s'ouvrant sur un pupitre de cors, le poème symphonique Orpheus nous offrit l'agréable surprise d'une Staatskapelle de Dresde en grande forme et d'un chef aussi actif que rigoureux. Cette ouverture réussie précédait le quatrième concerto pour piano de Beethoven qui, hélas, nous laissa une impression mitigée. Si une partie du public a semblé très enthousiaste devant la prestation de Lars Vogt -dégageant une vive assurance, il est vrai- ...
mme butterfly bastille

Madame Butterfly bouleverse Bastille

C'est la production de 1993 -date à laquelle Madame Butterfly a fait son entrée dans le répertoire de l'Opéra de Paris- qui nous avons redécouvert lors de cette première très applaudie, et force est de constater que plus de vingt ans après, la mise en scène sobre et épurée du célèbre Bob Wilson n'a pas pris une ride. Les superbes costumes de Frida Parmeggiani et de subtiles jeux de lumières (diverses ...
Daniele Gatti (c) TCE

Anne Gastinel et Daniele Gatti: un concert titanesque.

Dans une atmosphère recueillie, le concert s'est ouvert par un touchant hommage à Claudio Abbado : son compatriote Daniele Gatti -visiblement ému- ayant choisi à ce dessein l'aria de la suite en ré de Bach BWV 1068. À l'opposé de ces quelques minutes hors du temps venait ensuite le célébrissime concerto pour violoncelle de Dvořák avec Anne Gastinel en soliste. Le premier mouvement fut un peu décevant : outre les légers décalages entre l'orchestre ...
Manfred

A Paris Pascal Rénéric incarne un Manfred saisissant

Avec Manfred, Schumann a incontestablement réussi à créer un objet hybride et captivant, hélas, sans postérité immédiate, lui qui était obnubilé par l'idée de réformer durablement le genre de l'opéra. C'est cette étrangeté qui nous était donnée à voir dans la mise en scène sombre -et malheureusement un peu creuse - de Georges Lavaudant. En fond de scène, des images liées au texte de Byron (le cosmos, la montagne, la figure aimée) ...
Fabien_Gabel

Philippe Cassard et Fabien Gabel font l’unanimité

C'est une œuvre exigeante et particulièrement délicate pour le pupitre des bois que nous proposait l'Orchestre National de France avec ce Tombeau de Couperin, merveilleusement dirigé par Fabien Gabel. D'emblée, on est impressionné par la maîtrise des musiciens et a fortiori du chef : tempos, dynamiques, couleurs, rien n'est laissé au hasard. Avec beaucoup d'intelligence, la direction, toujours souple et précise, a su mettre en valeur ce bijou d'orchestration à tel ...
Virgil Boutellis-Taft

Festival 1001 Notes à l’Athénée : une soirée haute en couleurs

Depuis quelques années déjà, le Festival 1001 Notes a pour objectif de promouvoir les jeunes artistes: la première partie de ce concert leur était tout naturellement consacrée et ce fut donc l'occasion de découvrir, entre autres, le talentueux Virgil Boutellis-Taft. Chose peu aisée que d’interpréter des pièces aussi « rabâchées » que la Méditation de Thaïs et la Danse macabre : pourtant, c'est avec beaucoup de brio qu'il s'est prêté au jeu -aisance d'archet, ...
bertrand-de-billy

À Pleyel, concert en demi-teintes avec Bertrand de Billy

C'est la Symphonie en la majeur qui ouvrait ce concert, une œuvre remarquable d'un point de vue formel et composée en 1850 par un Saint-Saëns tout juste âgé de 15 ans. Évidemment, l'héritage des classiques se veut palpable et c'est là le cœur du problème : Bertrand de Billy l'a dirigée comme un Mozart ou un Beethoven, c'est-à-dire avec une battue rigoureuse et immuable ne tenant pas toujours compte des élans ...
clemenza2

Stéphanie d’Oustrac illumine Garnier dans La Clemenza

Cette production de La Clémence de Titus avait déjà été présentée à l'Opéra National de Paris en 1997 : on retrouvait ainsi le metteur en scène Willy Decker et John Macfarlane pour les décors et costumes. Pas de grande surprise donc, pour cette reprise qui réunissait une distribution étonnamment variée. Épurée de ses enjeux politiques dans la version de Mazzolà, l'histoire se veut intemporelle et c'est précisément l'impression qui nous est ...
LDV13, Aldo Ciccolini, Valses, La Dolce Volta

Aldo Ciccolini signe un nouvel album atypique et captivant

À mille lieux de la valse viennoise, c'est un disque à l'esthétique résolument française que nous livre ici Aldo Ciccolini. Du Feuillet d'album de Chabrier à la Valse lente de Tailleferre, les pièces se succèdent sur le mode du souvenir tandis que de brèves incursions romantiques ne font que renforcer cette douce mélancolie : sous les doigts de n'importe quel autre pianiste, cet album aurait pu devenir une juxtaposition de demi-teintes, ...
Emmanuel Krivine

Tharaud et Krivine peinent à trouver leurs marques à Paris

Avec la fameuse valse de Johann Strauss (fils) Geschichten aus dem Wienerwald, on entrait d'emblée dans un univers sucré comportant bien des écueils en dépit de cette apparente facilité. Certes, le sacro-saint deuxième temps se doit toujours d'être un peu étiré, et à l'évidence, Emmanuel Krivine s'est montré extrêmement respectueux de la tradition ; toutefois, un peu plus de légèreté et de finesse -surtout parmi les cuivres- nous auraient évité de frôler ...
truls mork

Truls Mørk enchante le Théâtre des Champs-Élysées

C'est avec beaucoup de pudeur que Truls Mørk et son compatriote norvégien Christian Ihle Hadland ont abordé cette Sonate pour violoncelle et piano de Debussy, composée à peine trois ans avant la mort du compositeur. Dans un climat grave qui n'était pas sans rappeler les ouvertures à la française de Jean-Baptiste Lully, le chant du violoncelle se déploya avec une grande liberté, soutenu par un piano aussi minimaliste qu'éloquent. Après cette ...
paavo jarvi

Paavo Järvi et Jean-Frédéric Neuburger en grande forme à Pleyel

Pour la première fois, l'Orchestre de Paris se risquait à donner en concert la suite Karelia de Sibelius -une œuvre à l'effectif impressionnant et dont les potentielles lourdeurs furent évitées avec grâce. En effet, la direction aussi fluide que précise de Paavo Järvi révéla un Orchestre de Paris au meilleur de sa forme : outre le cor anglais particulièrement remarquable, on a pu admirer également le pupitres des cuivres, irréprochable. Venait ensuite ...
aedes

Festival d’Ile-de-France : Liebeslieder de haute voltige pour l’Ensemble Aedes

Chanter l'amour sous toutes ses formes : tel était le programme proposé par l'Ensemble Aedes pour le Festival d'Ile-de-France qui mettait donc à l'honneur trois figures majeures du romantisme allemand. Avec les Sechs lieder de Mendelssohn, on abordait d'emblée un répertoire redoutable, tant au niveau de la direction que de l'intonation – avec ce risque permanent d'un timbre un peu « criard » dans les aigus mais c'est avec une aisance évidente que ...
paul lewis

Un Beethoven héroïque par l’Orchestre de Chambre de Paris

C'est avec la célèbre musique de scène de Fauré, Pelléas et Mélisande, que s'ouvrait ce concert, non sans quelques inquiétudes concernant la direction pour le moins agitée de Thomas Zehetmair. Une étrange dichotomie laissa tout d'abord la salle un peu perplexe : les nombreuses gesticulations du chef qui venaient sans cesse contredire l'atmosphère nocturne et mélancolique de l’œuvre finirent réellement par devenir perturbantes. Seuls quelques passages tragiques, soulignés par des cuivres quasi-wagnériens ...
Jeunes talents & Hersant ter

Clairvaux, jeunes talents et création contemporaine

À l'heure où pullulent les techniciens quasi-infaillibles, on est heureux de découvrir ces trois jeunes talents, lauréats de la Fondation Banque Populaire. Vingt-cinq ans en moyenne, Vincent Lhermet (accordéon), Virgil Boutellis-Taft (violon) et Dmitry Silvian (violoncelle) ont démontré durant ce concert alla breve que la maturité musicale n'est pas toujours qu'une question d'âge. Avec intelligence, ce trio inhabituel a revisité le répertoire classique : si l'acoustique ne se prêtait malheureusement pas ...
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Clairvaux, du Moyen-âge au romantisme

Le premier concert de la journée alla breve nous proposait un voyage dans le temps d'une part, dans l'espace ensuite puisque la musique du pourtour méditerranéen entre 1100 et 1300 était mise à l'honneur. En effet, la directrice artistique de ce festival, Anne-Marie Sallé, a toujours eu à cœur d'élargir l'horizon musical « traditionnel » et d'enrichir une programmation, certes de grande qualité mais relativement « classique », par des incursions dans des sphères ...
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Clairvaux subjugué par Beethoven et Levinas

Un récital Beethoven par un de ses plus ardents défenseurs, forcément, on en attendait beaucoup. Avec la célébrissime sonate opus 27 n°2 dite « Clair de Lune » (1801), Michaël Levinas a remporté un pari risqué. Dans un tempo délibérément lent, le premier mouvement émerge des brumes et se déploie avec une infinie variation de couleurs, la nuance globalement pianissimo n'engendrant aucune lassitude tant la richesse harmonique se veut perceptible. La ligne ...
François Xavier Roth © François Sechet

Espagne fantasmée par Les Siècles à Paris

Si la programmation mettait clairement l'Espagne à l'honneur, il s'agissait avant tout d'une Espagne fantasmée. En cette seconde moitié du XIXè siècle où elle fut une inépuisable source d'inspiration, de nombreux compositeurs cédèrent à ses charmes - qu'on songe par exemple au célèbre opéra de Bizet. C'est cette Espagne certes colorée, mais créée de toutes pièces, qui nous fut révélée lors de ce concert. La diversité des danses et de leurs ...