Archives de l’auteur : Laurent Marty

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À propos de Laurent Marty

Fruit des amours illégitimes de Maya l’abeille et l’Ours du Seigneur Annaud, je dus très jeune quitter l’alvéole familiale pour échapper à l’essaim des paparazzi qui faisaient leur miel des potins familiaux. Fuyant dard-dard, je trouvai refuge au plus profond des sombres solitudes montagnardes, où mon seul contact avec les humains était, aux derniers feux du crépuscule, le son plaintif et déchirant du Alpenhorn du berger appelant ses troupeaux, loin, là-bas, dans les alpages. C’est ainsi que naquit, au creux de ma nostalgie bucolique et sauvage, mon amour de la musique, et du miel. On notera, d’ailleurs, l’importance que prit le Halpenhorn dans la musique de cet autre montagnard bourru, Strauss. N’est-ce point Strauss qui, un soir de mélancolie ou de fête de la bière, écrivit ces vers fameux : « Ah! qu’il est plaintif et déchirant, le son du Halpenhorn, le soir au fond des bois de la Kratzenbouilberg »? Mais, prenant mon bâton de pélerin, je quittais un jour mon doux Venusberg sur les appels de Christophe Le Gall, qui, d’un simple pot de miel, sut me circonvenir. Vous pourrez donc dorénavant butiner mes articles tout à la fois sur Concertonet, où vous trouverez quelques critiques de mon dard acéré, et sur Res Musica, où je me consacrerai plutôt à des articles de fond sur l’histoire de la musique. Arrivé au terme de cette brève présentation, il ne me reste plus qu’à remercier ma chienne Fifi qui, en aboyant chaque fois que Mireille Mathieu meuglait dans le poste, m’a donné mon premier exemple de critique musicale, exemple qui, depuis, m’a toujours guidé sur le chemin du juste et du beau. Fifi, je ne t’oublierai pas!
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Les ouvertures Coriolan et Egmont de Beethoven, un drame individuel

« Plutarque m’a conduit à la résignation. Pourtant, s’il est possible, je veux braver mon Destin » [1] La surdité, dont Ludwig van Beethoven avait très tôt éprouvé les premiers symptômes, s’aggrave considérablement en 1801 et son médecin, le docteur Schmidt, lui conseille de prendre du repos à la campagne. Il passe six mois dans le petit village d’Heiligenstadt, où il achève sa Symphonie n°2, songe même au suicide et expose ...
Du travail de pro

Du travail de pro

Nuova Era Piccinni n’est plus guère connu aujourd’hui que par la querelle des piccinnistes contre les gluckistes qui enflamma les esprits parisiens aux alentours de 1780. Voilà donc l’occasion, plutôt rare, de juger sur pièce de ses talents de compositeur avec cet opéra de demi-caractère considéré comme le premier dramma giocoso, créé en 1760 à Rome puis à Paris en 1771, et qui reste son œuvre la plus célèbre. À la ...
Suivez le guide

Suivez le guide

Naxos En 1825, la visite à Bergame de l’empereur François I, accompagné de sa petite famille, fut l’occasion de grandes réjouissances et le pauvre souverain eut à subir un programme dont la seule lecture fatigue. Le livret nous apprend ainsi qu’une vaste foire, prévue pour le mois suivant, fut même avancée et les commerçants priés de se rassembler pour l’agrément impérial. Puis, après moult visites de manufactures et autres plaisants lieux ...
Hymne à la narcolepsie

Hymne à la narcolepsie

Nuova Era Ça commence très mal : capté dans le salon de votre grand-mère (pas celle qui a un château dans la Loire, l’autre, celle qui vit dans un deux-pièces HLM à Noisy), un orchestre d’école de musique s’essaie à déchiffrer, tant bien que mal - et plutôt mal -, l’ouverture d’Il matrimonio segreto. Puis le premier air débute et l’on entend, dans le lointain, entre deux miaulements de violon, des chanteurs ...
Brahms amoureux

Brahms amoureux

Harmonia Mundi Voilà le critique bien embêté. On pourrait commencer par : « Nouveau récital de Bernarda Fink, nouveau succès » ; bonne accroche, très coup de poing, un peu publicitaire, peut-être. Oui, mais voilà qui sentirait le parti pris, le côté « j’ai pas écouté, mais c’est très bien », ce qui pourrait ternir cette image d’objectivité sourcilleuse avec laquelle on ne rigole pas, à ResMusica. Mais parler d’un tel disque … rude tâche ! Comment décrire ...
Schizophrenia mozartiana

Schizophrenia mozartiana

Harmonia Mundi On retire une étrange impression à la première écoute de ce disque, mélange inconfortable de stress et d’inachèvement. Alors on réécoute, encore et encore. L’orchestre sonne bien, le jeu de Vladar est très soigné, et pourtant, loin de s’estomper, ce sentiment étrange s’accentue ; voici une proposition d’analyse. Prenons par exemple le premier mouvement du Concerto n°21. Certes les tempi sont prestes, guère plus que chez Casadesus/Szell d’ailleurs, mais l’impression ...
Prenez le parti de Sacchini

Prenez le parti de Sacchini

Ruiné par son séjour à Londres et un train de vie dispendieux, Antonio Sacchini arrive un beau jour de 1781 à Paris, en pleine querelle des piccinnistes et des gluckistes. Il devient vite un favori de Marie-Antoinette et adapte des œuvres anciennes aux recettes de Gluck, apportant à la tragédie lyrique une touche d’italianité. Et le parti français en fait son héraut - quelle ironie pour un élève de Durante ! ...
Don José sauve Carmen

Le Don José de Marcelo Álvarez sauve Carmen

Théâtre du Capitole de Toulouse Voici donc enfin, dix ans après, la reprise tant attendue de cette Carmen qui avait vu le triomphe de Béatrice Uria-Monzon. La mise en scène de Nicolas Joël, très sobre, fuit la couleur facile d’une Espagne de carte postale. Trop sobre peut-être, on pourrait même la trouver par moments bien statique, particulièrement dans le traitement des chœurs. De bonnes idées ne peuvent racheter totalement une certaine ...
Beethoven inédit

Beethoven inédit

Une création beethovénienne En partenariat avec l’Association Beethoven France et Francophonie qui y tenait sa réunion annuelle, la Maison de la Rencontre d’Ecully, proche banlieue lyonnaise, proposait en création le Trio op. 63 de Beethoven. Création ? Beethoven ?? Opus 63 !! Eh oui, vous avez bien lu : il existe encore une œuvre de son catalogue officiel qui n’avait jamais été jouée en France. Explication : en 1792, le jeune Ludwig écrit un Octuor pour hautbois, clarinettes, ...
Carl Philipp Emanuel Bach

Carl Philipp Emanuel Bach

Harmonia Mundi Les Symphonies Wq 183 « à douze voix obligées » créées en 1776, sont sans doute le sommet de la production orchestrale du fiston Bach, œuvres fantasques parfois jusqu’à l’extravagance et pourtant pleines de poésie. À ce titre, elles ont bénéficié d’une discographie peu fournie mais d’excellente tenue, depuis Raymond Leppard et, surtout, Hartmut Haenchen (Capriccio, dans un coffret à petit prix entièrement consacré au compositeur) sur instruments modernes, jusqu’à Gustav ...
Un si doux baiser

Un si doux baiser

Supraphon Supraphon réédite enfin cette version aujourd’hui mythique du Baiser dirigée par le grand Zdenek Chalabala, également auteur d’enregistrements de référence de La Fiancée vendue et du Mur du diable quelques années plus tard. C’est également l’occasion de retrouver le grand ténor Beno Blachut à son apogée, dans l’un de ses trop rares enregistrements. L’œuvre, comme La Fiancée vendue avec laquelle elle entretient quelques ressemblances, cultive une veine populaire, fraîche, pleine ...
Sofonisba, une résurrection

Sofonisba, une résurrection

Opera Rara Ferdinando Paer (ou Paër, ou Për, ou Per, faites votre choix), compositeur d’origine italienne, a joué un rôle important mais aujourd’hui bien méconnu dans l’histoire de la musique française. Appelé à Paris par Napoléon en 1807, il devient en 1812 le successeur de Spontini à la tête du Théâtre Italien, en est chassé en 1827 par l’arrivée de Rossini, devient compositeur de la chambre du Roi, membre de l’Académie, ...
Franz Ignaz Beck : petit-maître, pas étalon

Franz Ignaz Beck : petit-maître, pas étalon

CPO Michael Schneider poursuit avec ce troisième disque son exploration des symphonies Franz Ignaz Beck, compositeur né à Mannheim, élève de Johann Stamitz, puis chef d’orchestre des opéras de Marseille et Bordeaux. Tout à son zèle prosélyte, Schneider comparait, dans un précédent volume, Beck à Haydn, ce qui est excessif ; voilà aujourd’hui qu’il en fait le précurseur de Beethoven, c’est franchement ridicule. D’abord parce qu’il aurait fallu pour cela que Beethoven ...
Bataille glaciale

Bataille glaciale

Sokhiev dirige Rachmaninov et Prokofiev N’hésitant pas à braver les premiers frimas - qui n’ont rien de sibérien par ici, soyons honnêtes - les toulousains s’étaient déplacés en nombre pour ce programme russe, certes populaire mais fort séduisant. Populaire, mais pas sans surprise, d’ailleurs, avec cette cantate plutôt rare, au concert du moins, de Rachmaninov sur un poème de Nicolas Nekrassov. Belle œuvre, aux accents presque parsifaliens dans le finale, très ...
Acide sans extasy

Acide sans extasy

Bongiovanni On était tout heureux de découvrir un nouvel opéra de Cimarosa, tant la musique du Napolitain pétille d’esprit, de joie, d’invention mélodique. Hélas ! hélas ! on déchante vite. Déjà, la technique défectueuse - son acide et sans grave, à peine stéréophonique, encombré de bruits de scène, avec des voix qui s’éloignent au gré des déplacements - réserve ce document aux seuls archivistes - on croirait presque entendre un pirate. L’orchestre, très ...