Archives de l’auteur : Pierre Breiner

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À propos de Pierre Breiner

Journaliste à France3 Alsace spécialisation en informations bilingues et musicales, Responsable du site www.cyberclassique.com Auteur d’un D.E.A sur la vie musicale à Strasbourg de 1850 à 1930. Maîtrise d’histoire
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Sherlock Holmes à l’opéra

Sherlock Holmes à l’opéra

Le Manuscrit Cumuler deux handicaps majeurs au sein d’un seul et même ouvrage ne le fait pas, à priori, partir sous les meilleurs auspices. Car pour Bernard Suisse il s’agit d’abord de faire évoluer l’intrigue dans le milieu lyrique et de ses secrets, ce qui n’a jamais été véritablement réussi depuis le Fantôme de l’opéra. Difficile en effet de créer un drame dans le drame, en dehors des scènes classiques de ...
Vaclav Neumann dans le texte

Vaclav Neumann dans le texte

Fait d’une immense gentillesse et d’une grande force de persuasion, l’art de Václav Neumann est sans doute bien sous-estimé aujourd’hui. Seules ses intégrales de Mahler et de Dvorak sont connues des mélomanes, mais cet artiste avait bien d’autres cordes à son arc. Il passa quelques années à la fin des « sixties » à Stuttgart où il dirigea un répertoire considérable auquel le présent DVD ne rend pas vraiment justice. En revanche, ...
Fidelio de répertoire

Fidelio de répertoire par Erich Kleiber

En cette année 1956, Erich Kleiber est au sommet de sa popularité. Indemne du nazisme et plutôt assimilé aux alliés vainqueurs, il règne en maître sur Cologne, Francfort, au travers de leurs toutes nouvelles stations radio. Berlin reste inaccessible pour lui, tenu par Furtwängler, puis de manière plus surprenante par un Karajan à l’orée de son immense popularité. Kleiber enregistre dans ces années une série d’opéras à Cologne qui feront ...
Sibelius une intégrale discutable

Sibelius par Segerstam, une intégrale discutable

Malgré ses immenses qualités, malgré une cohésion d’ensemble remarquable, malgré (et surtout) la présence du grand Segerstam au pupitre, l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki ne peut rivaliser avec les grandes formations qui ont marqué ces symphonies de leur empreinte. Vienne avec Maazel, New York et Boston avec Bernstein et Davis, ont autrement su valoriser un tissu symphonique encore trop absent des programmes de concert en France. Leif Segerstam est un familier des œuvres ...
Voyageur en perdition

Voyageur en perdition

Brigitte Fassbaender a montré en son temps la réelle pertinence d’une transposition vers la voix féminine du chef d’œuvre vocal de Schubert initialement prévu pour voix d’homme (traditionnellement et peut-être abusivement réservé au baryton et à la basse). Accompagnée d’une manière incomparable par Aribert Reimann, LA Fassbaender a mis la barre très haut. Autant dire que Christine Schäfer ne l’inquiètera en rien. Les choses commencent très mal, par un « Gute Nacht » ...
Un Brahms sur Masur

Un Brahms sur Masur

Au cours de ses fécondes années en Allemagne de l’est, Kurt Masur a eu le temps de graver un corpus d’enregistrements d’une valeur inégale mais qui témoigne de la vitalité de son engagement auprès du Gewandhaus de Leipzig. Autant l’affirmer d’emblée ; le pianiste favori de Masur au cours des seventies était le génial Peter Rössl dont les gravures Beethoven et précisément Brahms sont à redécouvrir. Misha Dichter ne démérite d’aucune manière, ...
Aimez-vous Brahms ?

Aimez-vous Brahms ?

Le jeu du soliste est délié à souhait, son style pensé, réfléchi, assumé par des tempi modérés avec discernement et tout particulièrement dans ce premier mouvement aux accents si facilement exposés aux abus de manière. Andrew Litton situe son Brahms dans la droite lignée de sa bonne intégrale Dvorak : phrasés éminemment syncopés, lignes mélodiques soulignées avec amour, le tout sur un fond d’élégance qui donne au troisième mouvement (lent) des ...
Jeremy Menuhin : Comment tuer le père !

Jeremy Menuhin : Comment tuer le père !

Etre le fils de Yehudi Menuhin ne confère pas uniquement des droits et des facilités. Pour plus d’un descendant de géant (Igor Oïstrakh), le chemin de la reconnaissance internationale a été barré par des raisons autant psychologiques que réellement musicales. Le cas de Jeremy Menuhin n’est pas encore véritablement jugé. Relégué au rang d’accompagnateur attitré de son père au milieu des années 80 lorsqu’il jouait encore du violon, Jeremy est ...
Classiques inusables Rostropovitch et Giulini

Classiques inusables par Rostropovitch et Giulini

Les prises de vues ne se distinguent guère ici par leur originalité, d’ailleurs le réalisateur n’en a cure. Lorsque Carlo Maria Giulini et Rostropovitch se rencontrent, il n’y a guère de place pour une autre entité que leur façon de faire de la musique. Dvorak et Saint-Saëns sont ici les invités de marque, les caméras de simple « voyeurs » réduits au rang de témoin. Mais au milieu des années 70, Giulini et ...
Pelléas première manière

Pelléas première manière

Urania Pelléas fut pour Karajan le sommet de sa longue histoire d’amour avec la musique française. Il plaçait cet ouvrage énigmatique entre tous au centre d’une trilogie universelle dont les deux autres étapes étaient pour lui Parsifal et la Flûte enchantée. En 1978 il signait une version majeure de cette partition de Debussy à Berlin à la tête d’un orchestre de Berlin aux sonorités plus françaises que bien des formations de ...
Une affaire de famille

Une affaire de famille

SYD Records Les dynasties musicales et familiales sont légion mais leur vraie pertinence musicale est inégale. Oïstrakh père et fils, les Menuhin ou la lignée des André n’ont pas connu la même fortune médiatique. Peu d’entre nous savait que Dimitri Sitkovetski avait un père et encore moins qu’il était fort apprécié d’abord en Russie puis à l’Ouest après avoir franchi le rideau de fer. A l’instar de la « succession Celididache », les Sitkovetski ...
Un album taillé sur mesure

Un album taillé sur mesure

De toutes les mises en musique du mythe de Faust celle de Boito est sans doute la plus ignorée et peut-être la plus faible. Passés le Prélude au ciel et le grand air de Marguerite au cachot, l’ensemble de la partition a bien du mal à rester au niveau. Le présent enregistrement a de toute évidence été conçu pour celui qui incarnait Philippe II, Boris Godounov ou Telramund comme personne : ...
DFD Brendel ; de l’humilité du génie de Schubert

Fischer-Dieskau & Brendel, de l’humilité du génie de Schubert

La télévision allemande en ces années là (1979) avait encore la pleine conscience de la mission de service publique confiée aux grandes chaînes. Elle se voulait autant témoin de l’actualité que réceptacle de la culture. Alfred Brendel et Dietrich Fischer-Dieskau avaient été conviés à donner « leur » interprétation de Winterreise de Franz Schubert et la télé berlinoise leur octroyait aussi le temps de répéter. Qui eut l’idée de génie de laisser les ...
Dietrich Fischer-Dieskau, En sa plus verte nouveauté

Dietrich Fischer-Dieskau en sa plus verte nouveauté

En cette année 1948, le jeune Fischer-Dieskau faisait ses débuts à l’opéra de Berlin en Posa d’un Don Carlos dirigé par Ferenc Fricsay. Il prépara aussi pour la radio sa première approche de Winterreise, cycle de lieder qu’il allait imprégner définitivement, tous ses retours à la partition étant à marquer d’une pierre blanche. Sa voix est alors dans sa première fraîcheur et son style pourtant déjà bien en place. Il ...
Marc Albrecht soigne ses débuts

Marc Albrecht soigne ses débuts

Philharmonique de Strasbourg Choisir la « Résurrection » de Mahler pour inaugurer ses fonctions auprès d’un orchestre sans directeur musical depuis deux ans tient du symbole autant que de la déclaration de politique générale. Marc Albrecht sera le prochain « Kappelmeister » à Strasbourg. Attendu comme le Messie, le jeune chef aura sans aucun doute à cœur de redorer le blason d’un orchestre laissé à l’abandon depuis le départ sous les sifflets des musiciens de ...
Boulez tel qu’en lui-même

Boulez tel qu’en lui-même

Wiener Philharmoniker Fidèle à ses habitudes, Pierre Boulez a dépoussiéré deux partitions facilement « chargées » pour en retrouver les impulsions primitives. « Préparez-vous à l’office brucknérien » clamait la rumeur dans les allées du Festspielhaus avant le concert. Le choc allait être de taille pour ceux qui ignoraient que le grand chef français ne s’inscrit que très rarement dans la tradition romantique. Son interprétation de la Symphonie n°7 de Bruckner ...
Janus bicéphale ...

Janus bicéphale…

Réunir sur un même disque les deux symphonies les plus révélatrices de Chostakovitch révèle également en l’occurrence la double face du travail de Kurt Masur, sa part d’ombre et son réel talent. La symphonie n°1 de Dimitri Chostakovitch datée des années 1920 a tourné une page de l’histoire de la musique. Symphonie resserrée, audacieuse dans sa forme, ironique et grinçante sur le fond, elle est encore aujourd’hui l’une des plus personnelles ...
Il Tigrane ? décevant…

Il Tigrane ? décevant…

Toutes les partitions méritent-elles d’être exhumées à la justification de diversifier notre univers musical et dans ce cas précis la connaissance des opéras de Vivaldi? Un néophyte curieux de découvrir les opéras du prêtre roux et qui commencerait par ce disque aurait sans doute bien du mal à s’enthousiasmer. Il Tigrane présenté ici en version « light » ne propose que le second acte de l’ouvrage et fait alterner avec une monotonie rare ...
Kurt Masur « le roc allemand »

Kurt Masur « le roc allemand »

Travailler à seize ans sur les chantiers, poser des lignes à haute tension, perdre sa femme dans un accident de voiture ou vivre sous contrôle en Allemagne de l’Est a assurément de quoi forger un caractère ferme et solide … comme le roc. Si l’on y ajoute une activité débordante, un répertoire symphonique et lyrique de plusieurs centaines d’œuvres, Kurt Masur apparaîtra dans cette biographie telle qu’en lui-même, en homme ...
Karol Szymanowski Stabat Mater

Karol Szymanowski Stabat Mater

Une mélopée venue de loin, du silence et sans doute du fond des âges déclame sur un lit de cordes les premiers sons du Stabat de Szymanowski après une introduction orchestrale sobre. Le décor est ainsi planté et c’est ainsi que nous assistons à la célébration de la vierge polonaise au travers d’une œuvre dont l’esprit n’est pas étranger au Requiem Allemand de Brahms. A plus d’un titre, les deux ...
Mademoiselle n’a plus le blues

Ute Lemper : Mademoiselle n’a plus le blues

Dans un registre qui lui va bien (de Weill aux contestataires allemands de notre temps), Ute Lemper a chanté en terrain conquis à Baden-Baden. Paradoxalement, ses apparitions en Allemagne déclenchent souvent l’hostilité par les prises de position de la chanteuse. Proximité de la France oblige peut-être, Ute Lemper a rendu des hommages vibrants à Piaf et Brel. Pour cette chanteuse le nazisme est un courant de l’histoire allemande qui ne s’éteindra jamais ...
Athalie, sort de l’oubli

Helmuth Rilling sort Athalia de Mendelssohn de l’oubli

Dans l’ombre de la musique de scène du Songe d’une Nuit d’été et sans atteindre son degré de génie, Athalia reste néanmoins une œuvre profonde et personnelle de Felix Mendelssohn qui avait d’évidentes affinités avec ce genre musical aussi riche que difficile. Sur un argument librement adapté de Racine, lui-même inspiré par un récit biblique, l’histoire d’Athlalia est d’abord confiée au dialoguiste, ce qui rend l’ouvrage relativement indigeste pour les mélomanes ...
Andante73070

Nina Stemme redécouvre Le roi Kandaules de Zemlinsky

De toute évidence, l’ouvrage n’est pas plus difficile d’accès que la Femme sans ombre de Strauss, dont l’esprit n’est pas si éloigné. La « patte » sonore de Zemlinsky doit autant à Strauss qu’à Mahler, ses audaces parfois plus osée encore que celle de l’auteur du Chant de la Terre. Quelques œuvres, à peine, survivent de l’œuvre de Zemlinsky (la Symphonie lyrique, die Seejungfrau) et toute pièce nouvelle à inscrire au dossier ...
Un clavier éloquent

Un clavier éloquent de Ronald Brautigam pour les Sept dernières paroles du Christ

Cinq versions existantes, une œuvre qui ne cesse de fasciner par le défi qu’elle représente et la contribution d’un honnête musicien à la liturgie ; les «sept dernières paroles du christ» restent une partition énigmatique. La version pour pianoforte enregistrée ici en éclaire un nouvel aspect sous les doigts inspirés d’un spécialiste du compositeur. La version pour pianoforte n’est pas de Joseph Haydn, bien que le compositeur aurait de toute évidence approuvé ...
Les vertus surprenantes du classicisme

Les vertus surprenantes du classicisme

Dans une discographie moyennement pléthorique seulement en regard de la valeur des œuvres, cette interprétation des concertos pour violoncelle de Haydn par Jean-Guihen Queyras fera date dans l’histoire de ces œuvres. Chef et soliste ne perdent jamais de vue l’essentiel dans ce répertoire car Joseph haydn exige un engagement vivant et enthousiaste pour éviter un ennui qui pourrait devenir souverain. D’ennui il ne saurait être question ici puisque les artistes ne ...

Rattle et Berlin ne « Baden » pas avec la perfection

Dvorák / Brückner On avait tant glosé autour de cet orchestre depuis quelques années et le philharmonique de Berlin était affublé du terme de « banal » , la pire de toutes les qualifications attribuables à un ensemble. Depuis quelques mois les choses reprennent leur cours normal et Sir Simon Rattle a dirigé les Berliner Philharmoniker dans un esprit évident et qui devait remettre les pendules à l’heure : Berlin reprend la ...
Gruberova en forme olympique…

Gruberova en forme olympique…

Norma Elle a pris l’habitude de venir se produire régulièrement à Baden Baden lors de représentations en version de concert qui défrayent la chronique. Cette fois-ci, LA Gruberova prenait ses marques dans Norma qu’elle avait toujours fui comme la peste. L’attente a été récompensée. Lotte Lehmann affirmait préférer aborder trois fois de suite les trois Brünnhilde de la Tétralogie plutôt que Norma : voilà qui situe la difficulté du rôle. Edita Gruberova n’est ...
Hans Heiling le triomphe de l’ego

Hans Heiling le triomphe de l’ego

Heinrich Marschner Ouvrage fétiche de Pfitzner et souvent repris en Allemagne, Hans Heiling est un opéra de solide facture dont la mise en scène allusive et efficace fait ressortir toutes les arrière-pensées d’une époque. Il ne faut donc pas se fier aux seules apparences… Dans cette triste histoire un maître des esprits renonce à son pouvoir pour connaître l’amour. Mal reçu par les humains et trahi dans son esprit possessif, il ...
Mutter-Masur : Gagnants annoncés

Mutter-Masur, gagnants annoncés

Festspielhaus A la tête d’un London Philharmonic Orchestra toujours aussi homogène, avec la collaboration d’une Anne Sophie Mutter qui prend de merveilleux risques instrumentaux, Kurt Masur a dirigé deux concerts de prestige au festspielhaus de Baden Baden. Seul «hic» !, le chef allemand n’aime pas les auditeurs malades ou enrhumés, et même entre les mouvements d’une œuvre, Masur n’a aucune compassion pour ces faiblesses humaines. Bien entendu, le détail ne doit pas l’emporter ...
Figaro bello

Figaro bello

W. A. Mozart Cette nouvelle production est de celles qui suscitent l’adhésion ou provoquent le rejet, mais elle ne peut laisser indifférent et ouvre un vrai débat. Voici Mozart, Da Ponte et Beaumarchais restitués dans leurs costumes, l’esprit du temps et le contexte historique. Elle donne la preuve qu’il n’est nul besoin de faire de Figaro un garagiste ambitieux ou bien encore du Conte un PDG adepte de la promotion canapé ...