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Opéras

Un vaudeville alla Rossini …

Antonino Fogliani / Jérôme Savary C’est toujours un plaisir sans mélange que de retrouver l’écrin de la Salle Favart, de plus pour un petit bijou comme Le Comte Ory, du grand Rossini, si rarement donné, alors que la scène parisienne n’est pas avare d’œuvres plus connues du maître de Pesaro comme Le Barbier de Séville, L’Italienne à Alger et Cenerentola - cette dernière n’est-elle pas programmée deux fois cette année ? Depuis 1828, ...

Béatrice sans Bénédict

Il existe toujours une appréhension à voir un opéra en version concert, l’absence de support visuel ne cachant aucun de ces passages à vide ou de ces imprécisions que le spectacle seul fait pardonner. Cela dit, les occasions de voir ce dernier opéra de Berlioz sont si rares, surtout servi par la belle Béatrice (la bien prénommée) Uria-Monzon, qu’il n’était guère question de faire le difficile. Un point noir, pourtant doit ...

Le Capitole se paie Lulu

Günter Neuhold / Pet Halmen Toulouse, ville réputée du Bel Canto, affichait, jusqu’à il y a peu, une programmation lyrique des plus classiques, un peu trop classique même, parfois. Mais, ces dernières années, Peter Grimes, la Tétralogie, ou cet opéra de Berg semblent marquer une volonté de renouvellement fort bien venue. Aussi est-ce avec une grande curiosité que l’on attendait cette Lulu, d’autant que Pet Halmen avait déjà réussi à Toulouse ...

Arabellissima !

Dietfried Bernet / Brigitte Fassbaender Mise en scène par Brigitte Fassbaender et fabuleusement dirigée par un spécialiste de la musique viennoise (Dietfried Bernet), la nouvelle production d’Arabella à l’Opéra du Rhin réunit tous les talents et restera dans les annales. Vienne est sur le déclin en 1860, bien que l’empereur n’en soit pas encore conscient. Ses défaites militaires passées et à venir marquent la fin de l’hégémonie autrichienne. C’est à cette période ...
Pavane pour une infante des feintes, ou le double festin d’Alexandre

Pavane pour une infante des feintes, ou le double festin d’Alexandre

Markus Stenz / Andreas Homoki Il serait temps de rétablir définitivement Alexander von Zemlinsky (1871-1942), le quatrième Viennois dans ses prérogatives de musicien à part entière ; à coté de Berg, Webern et Schönberg. D’ailleurs, ce dernier étudia avec lui la composition, et prôna ardemment la redécouverte de ce génie protéiforme - pédagogue renommé, chef d’orchestre et prodigieux coloriste, poète des sons et des couleurs instrumentales. Zemlinsky est encore éclipsé de nos ...

Geneviève De Brabant ou Wagner et Weber du côté des Monty Python…

Benjamin Lévy / Stéphan Druet On ne peut que saluer l’heureuse initiative du Théâtre de l’Athénée d’avoir programmé en cette période dite « des fêtes », finalement assez morose, ce petit bijou méconnu qu’est Geneviève de Brabant. Créée en 1859, un an après Orphée aux Enfers, cette œuvre a, pendant seize ans, été remaniée plusieurs fois par son auteur : version définitive en 1867, puis troisième version en 1875, au demeurant moins réussie. Cette fois, abandonnant ...

Le combat avec le Démon, ou l’Enfer peut attendre

Le Diable à l’opéra : les abîmes de la possession, le côté sombre de l’âme humaine prompte à pactiser avec le Mal qui la taraude…une thématique « d’enfer », un créneau porteur qui dope les théâtres lyriques. Cependant, il est permis de le ranger dans deux catégories, les Lucifers illustres – et les autres, plus obscurs, que les capricieux hasards de la destinée ont relégué dans l’ombre. Dans la première, l’on identifiera sans peine ...

Le Diable amoureux

Valeri Gergiev / Lev Dodine C’est sur un ouvrage rare qu’a commencé l’an neuf au Théâtre du Châtelet dans le cadre de sa Saison Russe. Le Démon d’Anton Rubinstein (1829-1894) n’avait en effet été présenté pour la première et dernière fois en France en 1911, Théâtre Sarah-Bernhardt qui fait incidemment face au Châtelet. Rubinstein était un immense pianiste qui fit une carrière de légende, comparable à celle de Liszt et de ...

Onéguine et Tatiana

Second avatar des échanges de la saison 2002-2003 entre les Théâtres du Châtelet à Paris et Mraviinski à Saint-Pétersbourg, ce dernier proposait sur la scène parisienne une nouvelle production d’Eugène Onéguine étrennée en août dernier en Russie, qui accueillera bientôt à son tour celle du Démon donnée en alternance au Châtelet. Réalisé par Patrice Caurier et Moshe Leiser, ce spectacle souligne les mérites d’un théâtre de troupe. Car il résulte ...

… Ou comment avoir vingt ans ouvre la porte à l’éternité …

Mark Minkowski / Les Musiciens du Louvre « Rameau est la récompense de notre fatigue et l’un de nos plus chers étonnements ». Jacques Rivière – « Etudes » (1909) Le 20 mars 1982, en l’Eglise Saint-Merry à Paris, un nouvel ensemble, les Musiciens du Louvre, donnait un premier concert, sous la direction de Marc Minkowski, avec des concertos de Bach, Haendel et Vivaldi. Depuis, que de chemin parcouru, concerts et enregistrements à la clé, jusqu’à l’installation à ...

Jules César à l’épreuve de la scène, petit bilan en forme d’étude …

A l’issue des représentations plus ou moins chaotiques du Palais Garnier, terminées déjà depuis la mi-octobre et à présent que l’enregistrement réalisé fin novembre à Vienne pour DG est désormais « en boite » il n’est sans doute pas inutile de songer au bilan de ce Jules César, d’autant plus qu’après l’Ariodante d’avril mai 2001, Marc Minkowski retrouvait Haendel, avec à priori, des conditions scéniques plus sereines. En effet, il s’agissait d’une reprise ...

Martinů surréaliste, Larmes de couteau et Alexander Bis

Jean-Luc Tingaud / Matthew Jocelyn C’est sur les Larmes de Couteau que s’est ouvert le spectacle Bohuslav Martinů donné le week-end dernier Théâtre de l’Athénée à Paris et présenté par l’Atelier lyrique du Rhin à Colmar. Une soirée mise en scène par le directeur de cette institution rattachée à l’entité Opéra du Rhin, Matthew Jocelyn, dont la thématique commune est le dynamitage des conventions amoureuses et la quête poétique de l’inconscient. ...

Pura siccome un’Angelina

Jérôme Savary / Carlo Rizzi Le célèbre conte de Perrault a inspiré – pour l’opéra – deux Musiciens d’esthétique radicalement antagoniste, Gioachino Rossini et Jules Massenet. Si ce dernier a insisté sur la dimension féérique, voire fantastique, en écrivant une parabole tendre et nostalgique sur le thème de l’Enfance ; le Pésarais, quant à lui, a jonglé savamment (comme Savary) avec les éléments serio et buffo. Encore une perle rossinienne à l’Opéra ...

Ma femme s’appelle Martinů

Matthew Jocelyn / Jean-Luc Tingaud Nous voici tout juste remis de l’entrée au répertoire parisien de « Juliette ou la Clé des Songes » que Bohuslav Martinů revient deux semaines plus tard et à deux pas de l’Opéra Garnier, sur la scène du Théâtre de l’Athénée, avec deux courts ouvrages : « Les Larmes de Couteau » et « Alexandre Bis ». De même que « Juliette », adaptée de la pièce de Georges Neveu, ces deux opéras de la ...

Rien que pour nos yeux !

N. Rimski-Korsakov, Le Coq d’or Voilà dix-huit ans, le Théâtre du Châtelet, qui portait alors le nom de Théâtre Musical de Paris, programmait une Saison Russe sur le modèle de celle que la même salle avait connu en 1909 sous les auspices de Serge de Diaghilev. Les deux rendez-vous phares avaient été La Khovanstchina de Moussorgski mise en scène par Pier Luigi Pizzi et Le Coq d’or de Rimski-Korsakov mis en ...

Hoffmann à Hollywood

Jan Latham-Koenig / Adriano Sinivia Certains opéras se prêtent particulièrement bien à la transposition temporelle et supportent aisément d’être extraits de leur contexte historique. L’Opéra de Jacques Offenbach Les Contes d’Hoffmann est de ceux-là. La production de l’Opéra du Rhin intègre parfaitement cette donnée. Jean Pierre Furlan était doublé le soir de cette chronique, et son remplacement par un ténor italien qui lui prêta simplement la voix lui permit néanmoins de promener ...

Une « Femme sans Ombre » à voir yeux fermés et oreilles grandes ouvertes.

R. Strauss, Die Frau ohne Schatten Ecrit avant les événements qui entraînèrent la dilution de l’empire austro-hongrois, resté dans les cartons du compositeur durant le premier conflit mondial jusqu’à sa création à l’Opéra de Vienne en 1919, Die Frau ohne Schatten (« La Femme sans Ombre ») n’est pas le plus joué et le plus directement accessible des opéras de Richard Strauss. Il s’agit pourtant de l’œuvre centrale du compositeur bavarois, celle vers ...

Bohuslav Martinů « Juliette ou la clé des songes »

Marc Albrecht / Richard Jones Ecrit sur un livret en langue française adapté par le compositeur lui-même d’une comédie de Georges Neveux, écrivain français proche du mouvement surréaliste, traduit en tchèque, toujours par le compositeur, en vue de la création à l’Opéra National de Prague en 1938, Juliette ou la Clé des songes de Bohuslav Martinů vient de faire son entrée à l’Opéra de Paris dans une version française adaptée du ...

Onéguine et les tourments de l’âme.

Dejan Savic / Marc Arturo Marelli Une nouvelle production d’Eugène Onéguine triomphe à Strasbourg, esthétique et fouillée, elle rend compte d’un grand sens de la nature des hommes et de leurs rendez-vous manqués. Admettons que l’intrigue resserrée autour de quelques personnages seulement soit de nature à permettre à un metteur en scène de trouver l’espace adéquat pour soigner les détails et de fouiller les recoins de l’âme. Admettons aussi que le livret ...

Moussorgski, « Boris de Marbre »

James Conlon / Francesca Zambello C’est non pas la version originale de 1869 de Boris Godounov ni les révisions de Rimski-Korsakov ou de Chostakovitch qu’a retenues l’Opéra Bastille, mais celle que Moussorgski réalisa lui-même en 1872, dans laquelle sont en outre réintégrés des éléments de la version 1869, avec la scène de Saint-Basile. Ainsi, l’œuvre atteint une dimension épique et humaine particulièrement bouleversante, soulignée par l’orchestration volontairement mal dégrossie, que d’aucuns ...
Idyll avec Siegfried, ou Wotan en emporte le vent.

Idyll avec Siegfried, ou Wotan en emporte le vent.

Nicolas Joel / Pinchas Steinberg Malheureux Siegfried ! Son héroïque papa est tué dans une rixe (voir l’épisode II), la douce Sieglinde trépasse en accouchant au fin fond d’une épaisse forêt ; et, comble de malheur, le gamin, futur Seigneur de l’Anneau est « élevé » par un forgeron minable incapable de ressouder l’épée ! Siegfried en somme a le profil exact du délinquant sauvageon, livré à lui-même ; d’ailleurs il est à deux doigts d’occire son ...

La Petite renarde rusée aux Champs-Elysées

Habitué à un répertoire plus conventionnel en matière d’art lyrique, le public du Théâtre des Champs-Elysées s’est fait plutôt discret pour l’ouverture de la saison avec cette Petite renarde rusée, chef d’œuvre de Leoš Janáček trop rarement représenté. La salle aux trois quarts pleine n’a guère franchement applaudi un spectacle qui, de la direction musicale à la direction scénique, était de grande qualité. André Engel réussi à mêler animaux et ...

Les contes du diable

Offenbach « Les Contes d’Hoffmann » Pour l’ouverture de la saison de la salle de la Bastille, l’Opéra de Paris a repris la production des Contes d’Hoffmann d’Offenbach proposée par Robert Carsen en mars 2000. Après trente mois, la vision du metteur en scène canadien apparaît plus intelligente encore qu’à l’origine, même si on y relève toujours quelque trivialité, principalement dans la scène d’Olympia. Présent sur le plateau avant même que ...

Akhnaten : le « hanteur » de rêves

Festival Musica Dans le cadre du Festival Musica, l’opéra du Rhin propose l’opéra de Philip Glass Akhnaten (Akhenaton) dans une production héritée de Boston. La mise en scène évite l’écueil de la « leçon de psychanalyse » gratuite pour rendre au symbole sa dimension universelle. Chacun peut ainsi comprendre le spectacle à sa manière, ou tout simplement se laisser porter par son esthétique. Les données historiques sont minces : un pharaon atypique dont ...

Jacques Offenbach « Die Rheinnixen » : sous l’effet du Rhin

Ne pas chercher plus loin l’événement - et la justification - du Festival de Montpellier 2002. C’est bien sous l’égide magique de ces Fées rhénanes qu’il se sera situé, d’autant qu’on aura lu par ailleurs l’impression générale mitigée qui ressort des sessions de l’Opéra Berlioz - et de la « punition » haendélienne de l’Opéra Comédie. Plus, bien plus encore : ce n’est pas seulement une sublime redécouverte - telle la ...

Rinaldo Maccione fait son cinéma aux Croisades

Georg Friedrich Haendel « Rinaldo » Les mauvaises idées (surtout les plus basses) font davantage d’émules que les bonnes. Elle se propagent même à la vitesse de la lumière ! Il suffit que, pour Salzbourg 2001, Monsieur Mortier ait requis la collaboration scabreuse d’un metteur en scène bêtement provocateur dans La Chauve-Souris, par exemple. On y admirait - en vrac - masturbation, fellation, sodomie, etc… Bon sang, mais c’est bien sûr ! Que ...

Rossini « Demetrio e Polibio »

Jacques Gandard / Hervé Loyet et Sylvie Villardel Depuis quatre ans déja, l’équipe d’Agapé - Les amis de de la Pellonière mène l’aventure de donner en extérieurs, en version scénique et avec orchestre, un opéra en plein cœur du Perche. L’an dernier, un Didon et Enée de belle qualité avait été représenté dans la cour d’honneur du château. Cette année, l’entreprise était encore plus ambitieuse, puisqu’elle concernait une œuvre plus dense, et ...

La dame est dans la vase

Gioachino Rossini : La Donna del Lago Après un Hàry Janos revu et corrigé par l’impossible Monsieur Scarpitta, un événement phare pour cette seconde soirée lyrique - une grande rareté de l’inénarrable Gioachino, la Donna del Lago, un opéra « expérimental » de l’enfant prodigue de Pesaro. Créé en 1819, cet opera seria, d’après Walter Scott, est un éclatant drame patriotique, une flambloyante flamme épique crépitant d’un feu attisé en permanence ...
Fidelio ou la leçon d’humanité

Fidelio ou la leçon d’humanité

Ludwig van Beethoven Le Grand Théâtre de Tours a bel et bien changé de look depuis l’arrivée de Jean-Yves Ossonce à sa tête en mars 1999. Sur le plan de l’équipement, le théâtre s’est trouvé débarrassé de son antique moquette poussiéreuse puis les vieux fauteuils grinçants sont partis la rejoindre bien vite. Côté musique, l’orchestre est devenu régional et assure une saison symphonique en plus de ses activités lyriques. Le Grand ...

Une nymphe à la Bastille

James Conlon / Robert Carsen / Renée Fleming Avec dix ouvrages lyriques à son catalogue, Antonin Dvorak compte parmi les compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de l’opéra. Cette part de sa création reste pourtant à découvrir en Europe occidentale. En tout cas aucune de ses partitions lyriques n’avait été jouée à Paris jusqu’au 19 juin dernier. C’est avec Rusalka, la plus fameuse de ses pièces du genre, que Dvorak a ...
 

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