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Opéras

Un homme à la mer : les Crimes de Grimes

Peter Grimes Avis de tempête sur la Ville Rose ! Après deux spectacles ternes, il était grand temps que Toulouse se reprît ! Mission accomplie, grâce à ce suffocant drame maritime de l’un des plus grands compositeurs anglais du XX° siècle : Benjamin Britten. Violent réquisitoire contre l’exclusion, la bêtise et la morale mesquine. L’on pourrait craindre d’assister à un fait divers banal, une chronique sociale appliquée au destin d’un pêcheur marginal, en butte ...

Bérénice, un murmure meurtri déchirant de douceur

Lorsqu’un opéra français, en l’occurrence celui de Marseille, décide de bousculer une tradition ronronnante et exhume à ce titre un authentique chef-d’œuvre injustement tombé dans l’oubli, le critique musical se doit d’observer un «devoir de réserve». En effet, il est difficile d’apprécier objectivement la qualité d’une œuvre rarement interprétée : Bérénice n’a jamais été jugée digne d’être représenté sur la moindre scène lyrique depuis sa création à l’Opéra-Comique en… 1911! La cité ...

Exaltation de la « Medea » de Rolf Liebermann

Medea Pour la seconde entrée de la saison au répertoire de l’Opéra de Paris d’une œuvre de la fin du XXe siècle, après Das Mädchen mit den Schwefelhölzer de Helmut Lachenmann, Hugues Gall a porté son dévolu sur une partition de son maître ès direction de théâtre lyrique, Rolf Liebermann. Il en a confié la mise en scène à Jorge Lavelli, autre familier de l’Opéra de Paris de l’ère Liebermann. Directeur de ...

Platée, réjouissante allégorie de l’opéra

Platée Il est des soirées dont on se souvient parce que tout s’est déroulé à la perfection, au point que l’on en oublie le quotidien, notamment ses préjugés, tant le spectacle est réussi, tout semblant couler de source. Telle a été la première de la reprise de Platée de Jean-Philippe Rameau au Palais Garnier dans la production donnée pour la première fois en avril 1999. Cet ouvrage, créé à La Grande ...

La Verità in Cimento

La Verità in Cimento Hier soir, l’opéra-théâtre de Massy proposait, sous la direction de Jean-Christophe Spinosi et dans une mise en scène de Christian Gangneron, La Verità in Cimento, opera seria d’Antonio Vivaldi. Les 800 places de ce théâtre moderne, spacieux et confortable avaient été prises d’assaut, en partie par un groupe de lycéens qui, après quelques chahuts d’usage, se montra particulièrement attentif. Ces derniers temps, de nombreuses opérations réussies, de ce ...

La « Rodelinda » de Haendel sobrement élégante présentée à Paris, Théâtre du Châtelet, atteste de la vitalité du Festival de Glyndebourne

Rodelinda Le Théâtre du Châtelet aura été l’hôte en ce début d’année 2002 du Festival de Glyndebourne, accueillant deux productions qui ont marqué l’histoire récente de la plus fameuse des manifestations lyriques britanniques. Fidelio de Beethoven dirigé par Sir Simon Rattle et mis en scène par Deborah Warner, et la plus rare Rodelinda de Haendel, par William Christie et Jean-Marie Villégier, l’équipe même qui re-créa l’Atys de Lully voilà plus de ...

Avec Mme Warner, Fidelio perd le Léonord

Sir Simon Rattle Il en neige même ce soir-là sur Séville, capitale de l’Andalousie ! Un ministre providentiel, Don Fernand, tel un deus ex machina, vient de libérer un prisonnier d’opinion, Florestan, injustement détenu ; et de faire châtier le méchant Don Pizzare, son geôlier. La courageuse Léonore y est, il est vrai, pour beaucoup. Epouse de Florestan, elle s’est travestie en homme et a bravé tous les dangers de la prison pour ...
Les Soldats et La Belle endormie

Manfred Gurlitt, les Soldats et La Belle endormie

Die Soldaten Avec « Les Soldats » de Manfred Gurlitt, l’Opéra de Nantes renouvelait, le 16 janvier, ce qui est désormais une tradition clairement établie de favoriser un répertoire en devenir, mésestimé ou injustement livré à l’oubli. L’opéra de Gurlitt est ainsi la septième création depuis 1995 et la deuxième de la saison en cours, après celle de « Powder her face » du jeune compositeur britannique Thomas Ades, le 25 ...

La Vieille Russie prend la Bastille

La Khovanchtchina Opéra rare en France, alors même qu’il s’agit assurément du chef-d’œuvre de Moussorgski, en dépit de Boris Godounov, La Khovanstchina fait enfin son entrée au répertoire de l’Opéra Bastille. Cet ouvrage n’avait pas été représenté à Paris depuis 1984, année où il avait été monté dans une splendide production de Pier Luigi Pizzi au Théâtre du Châtelet, qui en avait donné la création française en 1913 dans une réalisation ...

Conte médiéval franco-finlandais

L’Amour de loin Paris. Théâtre du Châtelet. 26-XI-01. Kaija Saariaho : L’Amour de loin. Dawn Upshaw, Lilli Paasikivi, Gerald Finley. Chœur de Chambre Accentus. Chef de chœur : Laurence Equilbey. Orchestre de Paris. Direction : Kent Nagano. Mise en scène : Peter Sellars. Décors : George Tsypin. Costumes : Martin Pakledinaz. Lumières : James F. Ingalls. Commencé avec Trois Sœurs de Peter Eötvös au Théâtre du Châtelet, le mois de novembre se sera conclu en ce même théâtre sur ...

Un libertin à New York

The Rake’s Progress Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 28-XI-01. Igor Stravinsky : The Rake’s Progress. Gregory Reinhart, Dorothee Jansen, Thomas Randle, David Pittsinger, Gwendolyn Killebrew, Natascha Petrinsky, Peter Hoare, Ludovic Dutoit. Chœur du Théâtre des Champs-Elysées. Orchestre National de France. Direction : Jonathan Darlington. Mise en scène : André Engel. Dramaturgie : Dominique Muller. Décors : Nicky Rieti. Costumes : Nicky Rieti, Nicole.Galerne. Lumières : André Diot. C’est dans une atmosphère de bande dessinée qu’André Engel a transposé l’opéra d’Igor ...

L’Amour de loin, l’Ennui de près

Il est de courant de se moquer du public conservateur et réactionnaire du Festival de Salzbourg, surtout depuis que Gérard Mortier a commencé à « ruer dans les brancards » il y a une dizaine d’année en proposant opéras du XXeme siècle et mises en scène sulfureuses. Curieusement pour l’Amour de Loin (créé à Salzbourg le 15 août 2000) ce même public est porté aux nues puisqu’il a réservé un ...
La beauté à l’état pur.

L’Amour de loin, la beauté à l’état pur

Paris. Théâtre du Châtelet. 26 novembre 2001. Kaija Saariaho : L’Amour de loin. Dawn Upshaw. Lilli Paasikivi. Gerald Finley. Orchestre de Paris. Direction : Kent Nagano. Mise en scène : Peter Sellars. Livret : Amin Maalouf. Un an après la merveilleuse création de «El Nino», Dawn Upshaw, Peter Sellars et Kent Nagano reviennent au Châtelet pour une nouvelle création. Co-création en fait, car l’opéra, co-commandé par Le Théâtre du Châtelet et le Festival de Salzbourg, ...

Les Andes Galantes de Gabriel Garrido

XXIV° Festival d’Art Sacré De la nouveauté avant toute chose… A défaut de création mondiale, on aura eu la joie d’assister à la création européenne de trois bijoux de la musique sud-américaine baroque, redécouverts vers 1970 ; et ravivés par Garrido à l’occasion du Festival d’Art Sacré de Paris, dont il assurait l’ouverture. Concert d’autant mieux venu, que dans la France entière se déroule concomitamment le Mois National du Baroque Latino-Américain (se ...

« Trois Sœurs » de Peter Eötvös

Trois Soeurs Créé à l’Opéra de Lyon, son commanditaire, le 13 mars 1998, Trois Sœurs de Peter Eötvös a été reçu dès sa première présentation comme l’un des ouvrages majeurs du XXe siècle, l’ouvrage plus significatif du théâtre lyrique depuis Die Soldaten de Zimmermann. La reprise de cette même production plus de trois ans et demi après sa première conforte ce sentiment rare d’abouti, de plénitude, de chef-d’œuvre absolu. Ce que ...

Wozzeck de Glasgow

L’Opéra de Paris est en ce moment, à l’heure de la Seconde Ecole de Vienne. En effet, alors que Garnier propose Der Zwerg d’Alexandre Zemlinsky (voir article ci-dessous), Bastille reprend Wozzeck d’Alban Berg. Deux compositeurs plus proche l’un de l’autre que ce que laissent supposer leurs styles respectifs. Les deux hommes en effet s’estimaient au-delà de leur art. Trois ans et demi séparent la création des deux ouvrages proposés par ...

Enfants terribles

Der Zwerg / L’Enfant et les sortilèges L’Opéra Garnier propose un diptyque voué à l’enfance, une enfance fondamentalement cruelle, dont l’innocence ne peut excuser ni même expliquer le comportement. Certes, il y a une grande différence entre l’enfant préadolescent de Ravel et la princesse au seuil de l’âge adulte de Zemlinsky, et si l’on est prêt à pardonner le premier, la seconde est détestable… Amoureux éconduit d’Alma Mahler-Schindler dont il fut le ...

Billy Budd « Initiales B.B »

Une salle bien vide pour la reprise de cet opéra « masculin » de Benjamin Britten (aucun personnage féminin n’est sur scène). Pourtant la production a déjà fait ses preuves et est l’une des plus réussies de l’OPÉRA BASTILLE. La mise en scène de Francesca Zambello dans l’unique décor modulable d’Alison Chitty n’a pas pris une ride depuis sa création en 1996 et reste toujours efficace, livrant à nu aux ...

Noces ensorceleuses

Le Nozze di Figaro Production splendide que ces Noces de Figaro, une production comme on aimerait en voir plus souvent et dont il faut féliciter le Théâtre des Champs-Elysées. Une mise en scène pétillante de charme, de sensualité, de malice, pleine de tact et de goût, une vraie fête pour les sens. On sort de ce spectacle heureux, et l’on a envie de faire la… noce, continuer dans le même élan ...
Giuseppe Verdi, Attila Des Huns sans gloire

Giuseppe Verdi, Attila Des Huns sans gloire

Inscrire en tête d’affiche deux noms prisés du grand public appartenant au monde du cinéma et de la télévision, Jeanne Moreau et Josée Dayan, est un moyen sûr pour créer l’événement et focaliser l’attention des grands médias sur un opéra de jeunesse de Verdi, qui, en cette année du centenaire de la mort du compositeur, en aura vu d’autres, comme cet Aïda donné au Grand Stade de France au même ...

Aquilée, morne plaine

Pinchas Steinberg / Josée Dayan et Jeanne Moreau Après l’Aïda du Stade de France et sa folie des petitesses, Paris a mis un point d’honneur à offrir in loco (Bastille) un deuxième hommage automnal, bruyant à défaut d’être bouillonnant, à Verdi. Cette fois-ci, place au jeune ! Celui des « années de galère » (1846), avec l’entrée au répertoire d’Attila. Tempérons, du reste, la séparation artificielle encore vivace entre le Verdi mature ...

Cherche chanteurs verdiens, désespérément

Don Carlo «Mondo ladro, mondo reo…» Qu’il est difficile de proposer une distribution authentiquement verdienne pour servir l’un des purs chefs d’œuvre de la maturité de Verdi ! Et dire que les conditions météorologiques étaient, ce soir-là, clémentes… alors, seul le vent de la perfection était autorisé à souffler sur le Théâtre Antique. Flûte, il a fallu pourtant déchanter ! Deux regrets liminaires : d’abord – et sans s’attarder sur les mérites respectifs des versions ...
 

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