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Opéra

Les caprices de Borée

Les caprices de Borée

Les Boréades de Jean-Philippe Rameau entrent à l’Opéra de Paris Jamais données du vivant de son auteur, Les Boréades n’ont guère de chance depuis leur conception. Cette œuvre ultime de Jean-Philippe Rameau a non seulement été la première victime du décès du compositeur en septembre 1764 mais a aussi dû subir la vindicte de la censure en raison de son contenu, la partition étant à la fois porteuse d’avenir et l’une ...

Gassmann, Vivano le mamme !

René Jacobs / Jean-Louis Martinoty Cet Opera seria de Florian Leopold Gassmann (1729-1774) dirigé par René Jacobs et mis en scène par Jean-Louis Martinoty est le spectacle idéal pour remonter le moral, celui des esprits chagrins et autres dépressifs chroniques en cette époque de morosité ! Il est donc regrettable que cette comédie burlesque au dessein satirique ne connaisse que fort sporadiquement les faveurs de la scène. En effet, elle apporte un ...
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Juan Diego Flórez – Pâques sans larmes

La firme Decca a donné au second « album » de Juan Diego Flórez (né à Lima en 1973) le titre du célébrissime air de Nemorino dans l’Élixir d’Amour, « Une furtiva lacrima ». C’est tout sauf un mauvais choix. Outre qu’il situe le jeune prodige péruvien dans un répertoire connu du plus grand nombre de mélomanes, il le place également dans une hérédité chargée – et donc une concurrence acérée – compte tenu ...
Cendrillon ou la fée du Rhin

Cendrillon ou la fée du Rhin

Cyril Diederich / Renaud Doucet Une réjouissante production de la Cendrillon de Jules Massenet proposée par l’Opéra du Rhin nous convie à une parade ensoleillée de printemps. Ce curieux opéra mi-seria, mi-buffa est bien mésestimé en France. Conte de fées certes, mais en aucun cas un divertissement léger ou une fable enfantine. Il s’agit plutôt d’une parabole initiatique narrant l’ivresse d’une métamorphose : celle d’une enfant timide, rêveuse, réduite aux tâches ancillaires ...
Ars Musica et Œdipe de Pierre Bartholomée sur la route

Ars Musica et Œdipe de Pierre Bartholomée sur la route

Tout comme Musica de Strasbourg avec l’Opéra du Rhin, Ars Musica de Bruxelles est l’occasion depuis quinze ans de créations lyriques coproduites avec le Théâtre de La Monnaie. Pour la prise de fonction de Tino Haenen à la tête du festival, Bernard l’Opéra de Bruxelles et son directeur, Bernard Foccroule, ont donné en création mondiale le premier opéra de Pierre Bartholomée (né en 1937), Œdipe sur la route. Figure majeure ...
Guillaume Tell victime d’un trait américain

Guillaume Tell victime d’un trait américain

Bruno Campanella / Francesca Zambello Voilà près de trois quarts de siècle que Guillaume Tell de Rossini avait disparu de l’affiche de l’Opéra de Paris pourtant commanditaire de l’ouvrage. Le compositeur italien, qui, avec cette partition, ouvrait la voie au grand opéra à la française, genre dans lequel allaient s’illustrer les Meyerbeer, Halévy, Auber, et jusqu’à Verdi avec Don Carlos, signait avec Guillaume Tell son dernier opéra. Jouée cinquante-six fois dans ...
I. Naissance de l’Opéra

Naissance de l’Opéra

On pourrait croire, à lecture de certains ouvrages, que la Renaissance a véritablement « inventé » le concept de drame lyrique avec l’opéra. Il n’en est rien, bien sûr, et l’on trouve déjà les prémices de cette forme dans les « mystères » médiévaux puis dans les Sacre Rappresentazioni, Canti carnascialeschi et autres grandes fêtes princières mises en vogue à Florence par Laurent de Médicis vers la fin du XV° siècle. D’autre part, fleurit ...

Britten et Bengtson ouvrent le bal

Nouvelle entité Angers Nantes Opéra (ANO) C’est sur la scène du théâtre d’Angers qu’a été officiellement inaugurée la nouvelle structure Angers Nantes Opéra (ANO) désormais dirigée par Jean-Paul Davois. C’est néanmoins sur un diptyque programmé par son prédécesseur, Philippe Godefroy, que l’ANO a été porté sur les fonts baptismaux. Constitué de deux œuvres du XXe siècle, ce spectacle, qui sera repris à Nantes la saison prochaine, était l’occasion de la création ...

Requiem de la reine de Carthage, Didon veuve d’Enée

Emmanuelle Haïm / Susan Graham Clin d’œil à l’année Berlioz, le Théâtre des Champs-Elysées a proposé début mars les Troyens vus par Henry Purcell. A la différence de l’épopée fleuve du compositeur français à la durée parsifalienne, l’opéra de son aîné britannique est un drame concis au souffle continu. Il n’en est pas moins dense, riche d’un expressionnisme radieux. Bien plus, Purcell invente avant Wagner l’opéra moderne, la mélodie continue héritée ...

Berlioz et Shakespeare : Rencontre au Sommet

Bicentenaire oblige, Mogador affrète une « Berlioziade » de première grandeur en offrant deux raretés relatives avec, pour Deus ex machina, le prolifique dramaturge anglais. Ce dernier peut se flatter d’avoir inspiré des compositeurs aux esthétiques aussi antagoniques que Mendelssohn, Britten, Korngold ; en passant par l’incontournable Verdi, Reimann - écouter son Roi Lear. Voire Bœsmans et Le Conte d’hiver. Ce ne sont là que de très épars exemples marqués du ...

Alcina Triumphans

Cette version de concert d’Alcina clôturait le cycle intitulé « Le Merveilleux » programmé par la Cité de la Musique du 17 janvier au 27 février 2003, et comportant des manifestations très variées : projections de films, concerts, forum, spectacles pour le jeune public. L’âge baroque a toujours été friand de merveilleux, en particulier à travers ses opéras, où l’on voit de preux chevaliers, errant dans des forêts enchantées, rencontrer de ...

Pascal Dusapin ou le Christ de fumée

James Conlon / Peter Mussbach Pour sa troisième création mondiale en six ans, l’Opéra de Paris a su réunir les suffrages. Perelà, Uomo di fumo de Pascal Dusapin (voir l’entretien avec le compositeur, Perelà, Uomo di fumo.) a en effet été chaleureusement accueilli, le compositeur faisant même l’objet d’une « standing ovation » digne d’une star. Dusapin, qui est à quarante-sept ans l’un des compositeurs les plus célébrés de sa génération, ...

Un vaudeville alla Rossini …

Antonino Fogliani / Jérôme Savary C’est toujours un plaisir sans mélange que de retrouver l’écrin de la Salle Favart, de plus pour un petit bijou comme Le Comte Ory, du grand Rossini, si rarement donné, alors que la scène parisienne n’est pas avare d’œuvres plus connues du maître de Pesaro comme Le Barbier de Séville, L’Italienne à Alger et Cenerentola - cette dernière n’est-elle pas programmée deux fois cette année ? Depuis 1828, ...

Béatrice sans Bénédict

Il existe toujours une appréhension à voir un opéra en version concert, l’absence de support visuel ne cachant aucun de ces passages à vide ou de ces imprécisions que le spectacle seul fait pardonner. Cela dit, les occasions de voir ce dernier opéra de Berlioz sont si rares, surtout servi par la belle Béatrice (la bien prénommée) Uria-Monzon, qu’il n’était guère question de faire le difficile. Un point noir, pourtant doit ...

Le Capitole se paie Lulu

Günter Neuhold / Pet Halmen Toulouse, ville réputée du Bel Canto, affichait, jusqu’à il y a peu, une programmation lyrique des plus classiques, un peu trop classique même, parfois. Mais, ces dernières années, Peter Grimes, la Tétralogie, ou cet opéra de Berg semblent marquer une volonté de renouvellement fort bien venue. Aussi est-ce avec une grande curiosité que l’on attendait cette Lulu, d’autant que Pet Halmen avait déjà réussi à Toulouse ...

Arabellissima !

Dietfried Bernet / Brigitte Fassbaender Mise en scène par Brigitte Fassbaender et fabuleusement dirigée par un spécialiste de la musique viennoise (Dietfried Bernet), la nouvelle production d’Arabella à l’Opéra du Rhin réunit tous les talents et restera dans les annales. Vienne est sur le déclin en 1860, bien que l’empereur n’en soit pas encore conscient. Ses défaites militaires passées et à venir marquent la fin de l’hégémonie autrichienne. C’est à cette période ...
Pavane pour une infante des feintes, ou le double festin d’Alexandre

Pavane pour une infante des feintes, ou le double festin d’Alexandre

Markus Stenz / Andreas Homoki Il serait temps de rétablir définitivement Alexander von Zemlinsky (1871-1942), le quatrième Viennois dans ses prérogatives de musicien à part entière ; à coté de Berg, Webern et Schönberg. D’ailleurs, ce dernier étudia avec lui la composition, et prôna ardemment la redécouverte de ce génie protéiforme - pédagogue renommé, chef d’orchestre et prodigieux coloriste, poète des sons et des couleurs instrumentales. Zemlinsky est encore éclipsé de nos ...

Geneviève De Brabant ou Wagner et Weber du côté des Monty Python…

Benjamin Lévy / Stéphan Druet On ne peut que saluer l’heureuse initiative du Théâtre de l’Athénée d’avoir programmé en cette période dite « des fêtes », finalement assez morose, ce petit bijou méconnu qu’est Geneviève de Brabant. Créée en 1859, un an après Orphée aux Enfers, cette œuvre a, pendant seize ans, été remaniée plusieurs fois par son auteur : version définitive en 1867, puis troisième version en 1875, au demeurant moins réussie. Cette fois, abandonnant ...

Le combat avec le Démon, ou l’Enfer peut attendre

Le Diable à l’opéra : les abîmes de la possession, le côté sombre de l’âme humaine prompte à pactiser avec le Mal qui la taraude…une thématique « d’enfer », un créneau porteur qui dope les théâtres lyriques. Cependant, il est permis de le ranger dans deux catégories, les Lucifers illustres – et les autres, plus obscurs, que les capricieux hasards de la destinée ont relégué dans l’ombre. Dans la première, l’on identifiera sans peine ...

Le Diable amoureux

Valeri Gergiev / Lev Dodine C’est sur un ouvrage rare qu’a commencé l’an neuf au Théâtre du Châtelet dans le cadre de sa Saison Russe. Le Démon d’Anton Rubinstein (1829-1894) n’avait en effet été présenté pour la première et dernière fois en France en 1911, Théâtre Sarah-Bernhardt qui fait incidemment face au Châtelet. Rubinstein était un immense pianiste qui fit une carrière de légende, comparable à celle de Liszt et de ...

Onéguine et Tatiana

Second avatar des échanges de la saison 2002-2003 entre les Théâtres du Châtelet à Paris et Mraviinski à Saint-Pétersbourg, ce dernier proposait sur la scène parisienne une nouvelle production d’Eugène Onéguine étrennée en août dernier en Russie, qui accueillera bientôt à son tour celle du Démon donnée en alternance au Châtelet. Réalisé par Patrice Caurier et Moshe Leiser, ce spectacle souligne les mérites d’un théâtre de troupe. Car il résulte ...

… Ou comment avoir vingt ans ouvre la porte à l’éternité …

Mark Minkowski / Les Musiciens du Louvre « Rameau est la récompense de notre fatigue et l’un de nos plus chers étonnements ». Jacques Rivière – « Etudes » (1909) Le 20 mars 1982, en l’Eglise Saint-Merry à Paris, un nouvel ensemble, les Musiciens du Louvre, donnait un premier concert, sous la direction de Marc Minkowski, avec des concertos de Bach, Haendel et Vivaldi. Depuis, que de chemin parcouru, concerts et enregistrements à la clé, jusqu’à l’installation à ...

Jules César à l’épreuve de la scène, petit bilan en forme d’étude …

A l’issue des représentations plus ou moins chaotiques du Palais Garnier, terminées déjà depuis la mi-octobre et à présent que l’enregistrement réalisé fin novembre à Vienne pour DG est désormais « en boite » il n’est sans doute pas inutile de songer au bilan de ce Jules César, d’autant plus qu’après l’Ariodante d’avril mai 2001, Marc Minkowski retrouvait Haendel, avec à priori, des conditions scéniques plus sereines. En effet, il s’agissait d’une reprise ...

Martinů surréaliste, Larmes de couteau et Alexander Bis

Jean-Luc Tingaud / Matthew Jocelyn C’est sur les Larmes de Couteau que s’est ouvert le spectacle Bohuslav Martinů donné le week-end dernier Théâtre de l’Athénée à Paris et présenté par l’Atelier lyrique du Rhin à Colmar. Une soirée mise en scène par le directeur de cette institution rattachée à l’entité Opéra du Rhin, Matthew Jocelyn, dont la thématique commune est le dynamitage des conventions amoureuses et la quête poétique de l’inconscient. ...

Pura siccome un’Angelina

Jérôme Savary / Carlo Rizzi Le célèbre conte de Perrault a inspiré – pour l’opéra – deux Musiciens d’esthétique radicalement antagoniste, Gioachino Rossini et Jules Massenet. Si ce dernier a insisté sur la dimension féérique, voire fantastique, en écrivant une parabole tendre et nostalgique sur le thème de l’Enfance ; le Pésarais, quant à lui, a jonglé savamment (comme Savary) avec les éléments serio et buffo. Encore une perle rossinienne à l’Opéra ...

Ma femme s’appelle Martinů

Matthew Jocelyn / Jean-Luc Tingaud Nous voici tout juste remis de l’entrée au répertoire parisien de « Juliette ou la Clé des Songes » que Bohuslav Martinů revient deux semaines plus tard et à deux pas de l’Opéra Garnier, sur la scène du Théâtre de l’Athénée, avec deux courts ouvrages : « Les Larmes de Couteau » et « Alexandre Bis ». De même que « Juliette », adaptée de la pièce de Georges Neveu, ces deux opéras de la ...

Rien que pour nos yeux !

N. Rimski-Korsakov, Le Coq d’or Voilà dix-huit ans, le Théâtre du Châtelet, qui portait alors le nom de Théâtre Musical de Paris, programmait une Saison Russe sur le modèle de celle que la même salle avait connu en 1909 sous les auspices de Serge de Diaghilev. Les deux rendez-vous phares avaient été La Khovanstchina de Moussorgski mise en scène par Pier Luigi Pizzi et Le Coq d’or de Rimski-Korsakov mis en ...

Hoffmann à Hollywood

Jan Latham-Koenig / Adriano Sinivia Certains opéras se prêtent particulièrement bien à la transposition temporelle et supportent aisément d’être extraits de leur contexte historique. L’Opéra de Jacques Offenbach Les Contes d’Hoffmann est de ceux-là. La production de l’Opéra du Rhin intègre parfaitement cette donnée. Jean Pierre Furlan était doublé le soir de cette chronique, et son remplacement par un ténor italien qui lui prêta simplement la voix lui permit néanmoins de promener ...

Une « Femme sans Ombre » à voir yeux fermés et oreilles grandes ouvertes.

R. Strauss, Die Frau ohne Schatten Ecrit avant les événements qui entraînèrent la dilution de l’empire austro-hongrois, resté dans les cartons du compositeur durant le premier conflit mondial jusqu’à sa création à l’Opéra de Vienne en 1919, Die Frau ohne Schatten (« La Femme sans Ombre ») n’est pas le plus joué et le plus directement accessible des opéras de Richard Strauss. Il s’agit pourtant de l’œuvre centrale du compositeur bavarois, celle vers ...

Bohuslav Martinů « Juliette ou la clé des songes »

Marc Albrecht / Richard Jones Ecrit sur un livret en langue française adapté par le compositeur lui-même d’une comédie de Georges Neveux, écrivain français proche du mouvement surréaliste, traduit en tchèque, toujours par le compositeur, en vue de la création à l’Opéra National de Prague en 1938, Juliette ou la Clé des songes de Bohuslav Martinů vient de faire son entrée à l’Opéra de Paris dans une version française adaptée du ...
 

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