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	<description>musique classique et danse</description>
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		<title>Matthias Goerne, orfèvre du lied</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 13:53:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Schmitt</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Musique de chambre et récital]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Schneider]]></category>
		<category><![CDATA[Franz Schubert]]></category>
		<category><![CDATA[Matthias Goerne]]></category>

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		<description><![CDATA[Genève. Grand Théâtre. 19-II-2012. Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise. Matthias Goerne, baryton. Eric Schneider, piano  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/matthias_goerne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-50278" title="Matthias Goerne © 2008 Marco Borggreve" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/matthias_goerne-362x509.jpg" alt="" width="362" height="509" /></a>A quelques semaines d’intervalle, le Grand Théâtre de Genève a offert deux de ses plus beaux récitals de chant. Le premier avec <a href="http://www.resmusica.com/2012/02/05/sa-majeste-rene-pape/">René Pape</a> qui avait révélé la majesté du chant et le second avec <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/matthias-goerne/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Matthias Goerne">Matthias Goerne</a> qui en dévoile l’orfèvrerie.</p>
<p>Pour qui assiste pour la première fois à un concert du baryton allemand, il se trouve quelque peu décontenancé par l’attitude du chanteur. Il ne tient pas en place. Il va, il vient, s’éloigne du piano, s’en rapproche, se penche vers l’avant, regarde le plafond, écarquille les yeux comme avec étonnement, souligne la musique du bras. Tout cela produit un léger malaise doublé d’un étrange sentiment qui bientôt s’apaise à l’écoute du chanteur.</p>
<p>Dans son choix de présenter ce cycle de poèmes de Wilhelm Müller, comme dans son approche au lied en général, Matthias Goerne affirme ne pas chercher à raconter ce que dit le poème. Il se propose d’éclore la musique des mots, celle des syllabes, la subtilité du son des consonnes.</p>
<p>Une approche intellectualisée qui déroute qui s’attend à ce qu’un lied comme <em>Gute Nacht</em> soit une berceuse, un chant d’amour à la jeune fille abandonnée par l’étranger. On entend alors Matthias Goerne s’envoler vers un lyrisme musical presque éloigné des mots même s’il traduit encore l’esprit du poème. Il faut donc un certain temps à l’auditeur non averti pour s’immerger dans l’approche abstraite de Matthias Goerne aux mots mis en musique par Schubert. Ceci d’autant plus que le baryton retrouve soudain le réel lorsqu’il chante la nostalgie du souvenir dans <em>Der Lindenbaum</em> (Le tilleul). Alors, peu à peu s’installe en chacun la communion avec la seule musique. On berce dans un chant qui enveloppe, envahit, fascine. Parce que le chanteur fascine. Sa musique, son art du chant, celui de la nuance, son contrôle absolu de la voix, du passage progressif de <em>forte</em> à des mezza-voce.</p>
<p>Et que ses pianissimo soient entendus jusqu’aux derniers rangs du théâtre alors qu’ils sont susurrés à son accompagnateur n’ont plus d’autre importance que l’expression de la musique à laquelle Matthias Goerne se voue entièrement. On admire, on jouit, on s’étonne que le chant puisse atteindre un tel degré de perfection. Tout est mesuré, tout coule comme un fleuve tranquille, tout est beau. Tout est abouti. Parfait. Si parfait qu’on espère presque le faux pas. Mais jamais il ne survient. Chant après chant, une telle dentelle musicale, une telle minutie ne peut capter la constance de l’attention. Alors, on se relâche quelques instants, et comme par ennui, on se distrait porter son regard vers un ailleurs, un autre horizon. Loin de la fascination de la scène. Peut-être parce que cette perfection cache un certain manque d’émotion. L’émotion qu’un latin ressent à l’écoute des excès d’une note trop longue, d’un aigu trop lancé. Il voudrait le ressentir, comme un chant résonnant dans son ventre. Dans ses tripes. Mais c’est à la tête qu’il s’adresse.</p>
<p>Tiens ! Voilà qu’on se sent à nouveau pris par le chant de Matthias Goerne. Serait-ce qu’il se passe autre chose ? En effet, dans le coin du tableau si merveilleux, c’est <em>Das Wirtshaus</em> (L’auberge) qui soudain révèle l’émotion du voyageur devant les portes du cimetière. Un déclic émotionnel qu’on pensait impossible qui conduira le baryton allemand vers les rivages magnifiques du trouble sentimental. Dommage qu’il ait fallu attendre jusqu’au vingt-et-unième des vingt-quatre chants de ce <em>Winterreise</em> pour toucher à ce sublime.</p>
<p>Peut-être n’était-ce jusqu’alors que l’incompréhension du message subtil de cet artiste dont était victime votre serviteur ?Et pourtant, quel aussi extraordinaire musicien accompagnateur que cet <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/eric-schneider/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Eric Schneider">Eric Schneider</a>. Quelle musicalité, quelle subtilité du toucher !</p>
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		<title>Quatuors à cordes n° 1, 2 et 4 de Félicien David</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 13:47:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Okada</dc:creator>
				<category><![CDATA[À emporter]]></category>
		<category><![CDATA[CD]]></category>
		<category><![CDATA[Félicien David]]></category>
		<category><![CDATA[Quatuors Cambini-Paris]]></category>

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		<description><![CDATA[Félicien David (1810-1876) : Quatuors à cordes n° 1 en fa mineur ; n° 2 en la majeur ; n° 4 en mi mineur (inachevé). Quatuor Cambini-Paris : Julien Chavin, Karine Crocquenoy, violons ; Pierre-Eric Nimylowycz, alto ; Atsushi Sakaï, violoncelle. 1 CD Ambroisie. Ref : AM 206 ; Enregistré en septembre 2010 à l’Atelier Cortambert de la Fondation Singer-Polignac. Code barre : 8 22186 00206 3. Livret en français et anglais. Durée totale : 56’18.  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/ambroisie_david_cambini.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-50273" title="ambroisie_david_cambini" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/ambroisie_david_cambini-362x362.jpg" alt="" width="362" height="362" /></a><a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/felicien-david/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Félicien David">Félicien David</a>, habituellement connu pour ses grandes pièces symphoniques tels que <em>Le Désert</em>, ou des opéras-comiques comme <em>Lalla-Roukh </em>ou<em> la Perle de Brésil</em>, est considéré comme le porte-drapeau de l’exotisme à la française, mais il n’en est pas moins compositeur de musique instrumentale « pure ». Tout en écrivant des musiques de chambre de forme classique héritées de la tradition germanique, il introduit des touches personnelles incontestables, en l’occurrence une tension dramatique dans un enchaînement assez inattendu. Ainsi, dans l’« Allegretto » du <em>Quatuor n°1</em>, après une « pointe » mélodique aux accords mineurs pleinement tenus à la fin de la première section de l’exposition, on passe sans transition à un second thème en mode majeur incroyablement gracieux et innocent, comme s’il ignorait désormais totalement les tourments qu’il vient de vivre. Le caractère populaire du mouvement final des deux premiers quatuors fait irrésistiblement penser à Haydn, quoique le finale du <em>Quatuor n°2</em> évoque des danses paysannes qui pourraient être introduites dans certains opéras ou ballets de l’époque. Dans ces trois opus qui figurent sur ce CD, les lignes mélodiques sont toujours très élégantes, sans traits « exotiques » spécifiques, ce qui confirme le talent de mélodiste du compositeur.</p>
<p>L’excellence de l’exécution se remarque notamment dans le parfait équilibre entre les quatre instruments. Chaque phrasé est bien tenu, sans aucun artifice ; la construction de l’ensemble de chaque œuvre est bien pensée, sans jamais défigurer la structure en recherchant une quelconque originalité dans l’interprétation. Ce naturel est particulièrement agréable à entendre. Cela est certainement dû aux recherches que les musiciens, voués à la redécouverte de répertoires classiques et romantiques méconnus, mènent sur des sonorités plus adaptées à la musique de cette période. La prise de son, qui conserve ce naturel, et donc également excellente, contribue à rehausser la charme de ces pièces et à augmenter le plaisir de l’écoute.</p>
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		<title>André Wilms est Max Black</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 07:28:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frank Langlois</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles divers]]></category>
		<category><![CDATA[André Wilms]]></category>
		<category><![CDATA[Heiner Gœbbels]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris. Théâtre des Bouffes-du-nord. 19-II-2012. Heiner Goebbels (né en 1952), Max Black, d'après les textes de Paul Valéry, Georg Christoph Lichtenberg, Ludwig Wittgenstein et Max Black. Heiner Goebbels, conception, musique et mise en scène ; Stephan Buchberger, dramaturgie ; Klaus Grünberg, scénographie et lumières ; Jasmin Andreae, costumes ; Pierre-Alain Hubert, pyrotechnie ; Markus Hechtle, réalisation informatique en direct. Avec : André Wilms (comédien)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/maxblack_paris.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-50241" title="André Wilms © Mario del Curto" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/maxblack_paris-362x241.jpg" alt="" width="362" height="241" /></a>Quatorze ans après sa création, ce <em>Max Black</em> demeure une étape inappréciable dans la construction de l&#8217;œuvre – elle conjugue un rare et joueur raffinement poétique à une précision technologique horlogère – de Heiner Goebbels.</p>
<p>La scénographie désigne l&#8217;antre d&#8217;un « philosophe » (au sens de la Renaissance : un alchimiste). Sur une vaste bureau/établi central, une myriade d&#8217;appareils aux technologies plus ou moins modernes ; devant, à jardin, une petite table elle aussi bien équipée et un tableau électrique ; toujours devant, mais à cour, une bicyclette les roues en l&#8217;air, posée sur sa selle et deux boîtes en bois ; derrière la table, un grillage métallique suspendu ; et tout au fond, un piano droit sur lequel est posée une roue dentée qu&#8217;actionne un système de bielle-manivelle. Un seul personnage habite cette grotte faustéenne : un vieux savant que joue l&#8217;incomparable <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/andre-wilms/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec André Wilms">André Wilms</a> et qui se livre à toutes sortes d&#8217;expériences physiques, chimiques ou naturalistes. Au sens plein du terme, ce fameux comédien se fait acteur : en toute virtuosité, ses gestes déclenchent des effets sonores (modifiés en temps réel par l&#8217;opulent équipement électronique ici convoqué), lumineux, pyrotechniques, voire olfactifs. Le multi-sensorialisme tant désiré par Goethe prend ici un visage envoutant, tour-à-tour drôle et sombre, ludiquement abrupt et mélancolique. Certes on songe aux cabinets de recherche/bricolage scientifiques de Faust et de Leonardo da Vinci, mais aussi à notre propre enfance, au travers de nos livres animés et de ces boîtes de science expérimentale qui enthousiasmaient notre naïveté. Également, nous reviennent en mémoire les vanités et les cabinets de curiosités qui fleurirent tant au XVII<sup>e</sup> siècle, et le montage cinématographique dans son entendement le plus godardien.</p>
<p>Comme dans chacun de ses spectacles, Heiner Goebbels poursuit, à l&#8217;égard du matériau littéraire, l&#8217;esprit structuraliste, que, dans ses œuvres vocales, Luciano Berio honora si bien ; le texte proféré (parlé ou chanté) est un agrégat de fragments empruntés à de multiples auteurs signes des « modernités » au XX<sup>e</sup> siècle ; en l&#8217;occurrence Paul Valéry, Georg Christoph Lichtenberg, Ludwig Wittgenstein et Max Black lui-même. Autre fidélité : la musique – acoustique ou électronique – que Heiner Goebbels conçoit, n’est ni homophonique, ni polyphonique mais pleinement hétérophonique ; les échantillonnages raffinés qu&#8217;elle offre créent un langage poétique sans équivalent actuel.</p>
<p>Véritable fantasmagorie d&#8217;art total (à rendre Wagner ou Scriabine jaloux !), <em>Max Black</em> illustre le si singulier parcours d&#8217;Heiner Goebbels. Quoique ancien jazzman et rockeur alternatif, ce créateur est d&#8217;abord un œil : le visuel est à l&#8217;origine de toute idée perceptible sur scène ; un rigoureux crible esthétique fait de chaque événement scénique un moment de beauté, y compris lorsque ce moment est bref (on songe à trois feuilles de papier accrochées au grillage et qui se consument, en quelques instants, avec une mémorable élégance). À cette philosophie du Beau, Heiner Goebbels accroche de troublantes inquiétudes métaphysiques. Chacune de ses productions, les plus « classiques » (le concert scénique <em>I Went To The House But Did Not Enter</em>, présenté au Théâtre de la Ville, en septembre 2009) comme celles, dépourvues de (presque) tout acteur (<em>Stifters Dinge</em>, présenté au Théâtre de Gennevilliers en janvier 2009), est sous-tendue par une méditation sur la présence que notre monde concède encore à l&#8217;être humain. Cette invention créatrice congédie tout psychologisme et laisse l&#8217;acteur face à sa nécessité de virtuosité gestuelle, non comme un solde de tout compte, mais comme une nécessaire saturation physique qui donne un accès, béant, à un gouffre de mélancolie et à un douloureux sentiment de la perte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Écrin idéal à ce spectacle « de chambre », le Théâtre des bouffes-du-nord ajoute ici une perle à sa riche mémoire de grands spectacles et de hauts interprètes. L&#8217;un d&#8217;entre eux, Klaus-Michaël Grüber a plané au-dessus de ce spectacle ; le Grüber metteur-en-scène (celui du <em>Récit de la servante Zerline</em> d&#8217;Hermann Broch, avec Jeanne Moreau, en 1986-1987) mais aussi le Grüber « professeur » (André Wilms ne tait jamais ce qu&#8217;il lui doit). Dans ce <em>Max Black</em>, André Wilms, interprète accompli, rejoint Jeanne Moreau en cette rare contrée de l&#8217;apesanteur et de la grâce.</p>
<p>Actuellement, personne (hormis, dans le versant musical, Georges Aperghis, avec des réalisations comme <em>Machinations</em>) n&#8217;offre une pluridisciplinarité assumé à une incandescence si accomplie. Et à ses nombreux jeunes spectateurs, littéralement médusés, <em>Max Black </em>a offert un admirable exemple de liberté artistique et mentale. Pendant la période 2012-2014, Heiner Goebbels dirige le fameux festival <em>Ruhrtriennale</em> et y élaborera de nouveaux projets. Puissent les théâtres parisiens agir comme, présentement, le Théâtre des bouffes-du-nord et accueillir cet inouï/invu/intouché dont Heiner Goebbels a le secret !  Manquer à ces propositions serait une faute majeure !</p>
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		<title>Victoires de la musique classique et défaite magistrale de l’audience</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 14:09:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Flash-info]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Tharaud]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Chamayou]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Manoury]]></category>
		<category><![CDATA[Renée Fleming]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Degout]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce lundi, les Victoires de la musique classique 2012 ont rendu leur verdict annuel sur France 3. Aucune surprise avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce lundi, les Victoires de la musique classique 2012 ont rendu leur verdict annuel sur France 3. Aucune surprise avec cette sélection : <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/alexandre-tharaud/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Alexandre Tharaud">Alexandre Tharaud</a> (soliste instrumental), <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/stephane-degout/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Stéphane Degout">Stéphane Degout</a> (soliste vocal), <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/bertrand-chamayou/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Bertrand Chamayou">Bertrand Chamayou</a> (enregistrement de l’année), <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/philippe-manoury/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Philippe Manoury">Philippe Manoury</a> (compositeur), Julie Fuchs (révélation lyrique), Thomas Leleu (révélation instrumentale) et <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/renee-fleming/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Renée Fleming">Renée Fleming</a> (Victoire d’honneur).</p>
<p>A l’exception des révélations vocale et instrumentale, on peine à comprendre la logique de ces récompenses qui ne cessent de survaloriser les artistes du catalogue Virgin et Naïve, comme si ces deux structures, à bout de souffle ou en perdition, représentaient l’ensemble de la filière et des gouts du public. Enfin, que peut-on penser de la Victoire accordée à Philippe Manoury, sortie du placard poussiéreux de la musique contemporaine bien-pensante et  surannée ?</p>
<p>En dépit d’une volonté de renouveler la formule de la soirée (avalanche de séquences et de spectaculaire), l’audience s’est avérée désastreuse : 1,2 millions de téléspectateurs, soit moins de 5% de part de marché. Humiliation suprême, outre le dépassement par les chaines télévisées traditionnelles, France 3 a même été devancée par : W9, TMC, France 5 et NRJ 12.</p>
<p>Le temps d’une très sérieuse introspection dans le chef des décideurs des Victoires de la musique classique semble arrivé. Car au lieu d’avoir une « grande fête du classique », selon les mots de la directrice artistique Béatrice Clerc, ce fut le Titanic à tous les points de vue !</p>
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		<title>Le Roussel essentiel de Stéphane Denève</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 07:25:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Jean Tribot</dc:creator>
				<category><![CDATA[À emporter]]></category>
		<category><![CDATA[CD]]></category>
		<category><![CDATA[Albert Roussel]]></category>
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		<category><![CDATA[Ernest Ansermet]]></category>
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		<category><![CDATA[Stéphane Denève]]></category>
		<category><![CDATA[Tugan Sokhiev]]></category>

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		<description><![CDATA[Albert Roussel (1869-1937) : Le Festin de l’araignée (intégrale du ballet), Padmâvatî, suites n°1 et n°2. Royal Scottish National Orchestra, direction : Stéphane Denève.  1 CD NAXOS. Référence : 8 57 2443. Enregistré en 2010. Notice de présentation en : anglais, français et allemand. Durée : 54’43. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/2012/02/21/le-roussel-essentiel-de-stephane-deneve/naxos-roussel-deneve/" rel="attachment wp-att-50235"><img class="alignright size-medium wp-image-50235" title="naxos-roussel-deneve" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/naxos-roussel-deneve-362x362.jpg" alt="" width="362" height="362" /></a><a href="http://www.resmusica.com/2011/10/08/39810/">Stéphane Denève</a>, directeur du Royal Scottish Orchestra, depuis 2005 et jusqu’à la fin de cette saison 2011-2012, aura marqué son mandat par une superbe intégrale des <em>Symphonies</em> de Roussel (Naxos). Il est consternant de constater que l’un des meilleurs chefs d’orchestre français mène une  magnifique carrière internationale, sans passer par la France, alors qu’en France, on préfère confier nos orchestres à des tacherons à la petite semaine (on pense à <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/lawrence-foster/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Lawrence Foster">Lawrence Foster</a> qui passe de Montpellier à Marseille), à des redondants surfaits même pas capable de bien enregistrer le peu d’œuvres qu’ils rabâchent au concert (on pense à <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/tugan-sokhiev/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Tugan Sokhiev">Tugan Sokhiev</a> et sa <a href="http://www.resmusica.com/2011/12/18/les-limites-du-systeme-sokhiev/">navrante <em>Symphonie n°5</em> de Tchaïkovski),</a> sans oublier les chefs de division d’honneur comme <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/marko-letonja/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Marko Letonja">Marko Letonja</a> à Strasbourg ! Mais heureusement, le disque est là pour admirer ce que l’Hexagone n’a pas et n’aura jamais par incompétence managériale !</p>
<p>Suite aux quatre volumes des quatre symphonies, judicieusement complétées par des pièces orchestrales, le chef offre un nouveau volume avec l’intégrale du ballet le <em>Festin de l’araignée</em> et des suites du grandiose opéra-ballet <em>Padmâvatî</em>.</p>
<p>La culture stylistique du chef fait d’emblée mouche dans les épisodes du <em>Festin de l’araignée</em> traité avec un sens naturel des couleurs et des équilibres instrumentaux. La beauté de l’orchestration et l’inventivité mélodique de Roussel resplendissent sous cette battue, précise, féline et mais jamais lourde ou exagérément coloriste. Le jeune chef se hisse au niveau des grandes références de Jean Martinon (Erato), <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/ernest-ansermet/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Ernest Ansermet">Ernest Ansermet</a> (Decca) ou <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/andre-cluytens/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec André Cluytens">André Cluytens</a> (Testament).</p>
<p>Grandiose opéra et chef d’œuvre de la musique française, <em>Padmâvatî</em> avait fait l’objet d’une production au <a href="http://www.resmusica.com/2008/03/16/version-technicolor/">Théâtre du Châtelet,</a> en 2008. Cette initiative, restée hélas sans suite, était pourtant à saluer ! Pour ce disque, le chef offre les deux suites soit un peu plus de vingt minutes d’une musique enjôleuse, suggestive mais toujours d’un immense raffinement.  La concurrence discographie se limitant à un honnête disque de <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/jacques-mercier/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Jacques Mercier">Jacques Mercier</a> et de l’orchestre d’île de France (Accord), supprimé depuis des lustres, <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/stephane-deneve/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Stéphane Denève">Stéphane Denève</a> et ses Ecossais s’imposent sans peine par leur justesse de ton.</p>
<p>Bien qu’enregistré un peu sèchement, cet album est une pierre angulaire dans notre connaissance de la musique française et de son interprétation.</p>
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		<title>Les adieux genevois de Bénédicte Tauran</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 07:21:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Schmitt</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Musique de chambre et récital]]></category>
		<category><![CDATA[Bénédicte Tauran]]></category>
		<category><![CDATA[francis poulenc]]></category>
		<category><![CDATA[Hector Berlioz]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Gallois-Montbrun]]></category>
		<category><![CDATA[Todd Camburn]]></category>

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		<description><![CDATA[Genève. Théâtre Les Salons. 18-II-2012. Christoph Willibad Gluck (1714-1797) : extraits d’Iphigénie en Tauride. Hector Berlioz (1803-1869) : La Mort de Cléopâtre. George Bizet (1838-1875) : Les Adieux de l’hôtesse arabe ; La Coccinelle. Raymond Gallois-Montbrun (1918-1994) : Les Sept péchés capitaux. Francis Poulenc (1899-1963) : La Courte Paille ; extrait des  Mamelles de Tirésias. Bénédicte Tauran, soprano. Todd Camburn, piano]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/benedicte_tauran.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-50237" title="Bénédicte Tauran © DR" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/benedicte_tauran-362x543.jpg" alt="" width="362" height="543" /></a>Après trois années passées au sein de la troupe de chanteurs en résidence, la soprano <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/benedicte-tauran/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Bénédicte Tauran">Bénédicte Tauran</a> fait ses adieux au Grand Théâtre de Genève pour s’envoler de ses propres ailes dans la carrière de l’art lyrique. Sur la scène du Théâtre Les Salons, elle se présente dans le difficile et ingrat exercice du récital.</p>
<p>Un récital d’airs d’opéra et de mélodies françaises dont la première partie permet d’apprécier les nuances de la voix de la soprano. Une voix qui ne manque pas de clarté, ni de puissance, ni d’expressivité. Si ses aigus sont souvent bien lancés, lorsqu’ils sont à pleine puissance, l’articulation de la langue devient quelque peu confuse.</p>
<p>Après deux airs tirés d’<em>Iphigénie en Tauride </em>de Gluck chantés avec la retenue qu’on reconnaît à de telles œuvres, la soprano s’attaque à un monument du récital : <em>La Mort de Cléopâtre</em> de Berlioz. Mais chanter une cantate d’une vingtaine de minutes avec le seul accompagnement d’un piano (alors que l’œuvre est écrite pour voix et orchestre) est un exercice périlleux. Bien trop aventureux pour une si jeune soprano. Et Bénédicte Tauran n’échappe pas aux pièges de cette très longue cantate. Trop occupée au phrasé musical, elle peine à dire les mots de Pierre-Ange Vieillard. La crédibilité du personnage de Cléopâtre s’en ressent et, les derniers vers du poème ne sont pas empreints de l’agonie de la reine égyptienne mais bien plus de la fatigue de la soprano.</p>
<p>Si <em>Les Adieux de l’hôtesse arabe</em> de Bizet permettent de retrouver l’apaisement de la voix de la soprano. Son chant est moins  forcé, sans que pour autant elle ne soit complètement investie dans l’histoire que raconte cette mélodie, quand bien même les ultimes vocalises sur son sensible « <em>Souviens-toi</em> » restent très belles. Idéalement, l’air de <em>La Coccinelle</em> aurait mérité une Bénédicte Tauran osant projeter son talent de comédienne. La mutinerie de l’air en aurait gagné en subtilité.</p>
<p>Les sonnets de <em>La Courte paille</em> de Poulenc semblent plus à la portée de la soprano, non tant du point de vue vocal que de celui de la théâtralité du texte. Ici pourtant, peut-être qu’un peu moins de précipitation dans certains poèmes aurait bénéficié à une interprétation plus fouillée.</p>
<p>Mais c’est avec <em>Les Sept péchés capitaux</em> de Raymond Montbrun que le talent de la soprano trouve toute sa verve. Le texte plein d’humour de Pierre Dumayet inspire à la soprano un jeu théâtral superbe. Comme sortie d’un pensum, c’est une Bénédicte Tauran totalement libérée qui s’amuse sur ces mélodies charmantes qu’elle domine avec une verve débordante. L’impression d’assister à un autre récital. Ses mimiques, ses gestes mesurés, son sens comique, habitent ces textes avec un bonheur que le public goûte avec délices.</p>
<p>La verve comique, véritable nature de Bénédicte Tauran, se retrouve dans l’extrait des <em>Mamelles de Tirésias</em> de Poulenc où la jeune soprano explose dans une joyeuse démonstration de ses talents de comédienne. Qu’importe les aigus qu’elle n’assure plus aussi bien qu’en début de récital, elle est là, vivante, enjouée, rieuse et comédienne jusqu’au bout des ongles. Son talent véritablement est là. Immense. Rare.</p>
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		<title>Marie-Nicole Lemieux emmène l’Italienne d’Alger à Nancy</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 22:24:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Thomé</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra]]></category>
		<category><![CDATA[David Hermann]]></category>
		<category><![CDATA[Donato Di Stefano]]></category>
		<category><![CDATA[Gioacchino Rossini]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Nicole Lemieux]]></category>
		<category><![CDATA[Nigel Smith]]></category>
		<category><![CDATA[Paolo Olmi]]></category>
		<category><![CDATA[Yijie Shi]]></category>

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		<description><![CDATA[Nancy. Opéra national de Lorraine. 17-II-2012. Gioacchino Rossini (1792-1868) : L’Italiana in Algeri, dramma giocoso en deux actes sur un livret d’Angelo Anelli. Mise en scène : David Hermann. Décors : Rifail Ajdarpasic. Costumes : Bettina Walter. Lumières : Fabrice Kebour. Masques et perruques : Cécile Kretschmar. Avec : Marie-Nicole Lemieux, Isabella ; Yijie Shi, Lindoro ; Donato Di Stefano, Mustafa ; Nigel Smith, Taddeo ; Yuree Jang, Elvira ; Olga Privalova, Zulma ; Igor Gnidii, Haly. Chœur de l’Opéra national de Lorraine (chef de chœur : Merion Powell) ; Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole (chef de chœur : Jean-Pierre Aniorte) ; Orchestre symphonique et lyrique de Nancy ; direction musicale : Paolo Olmi]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/italienne1_nancy.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-50264" title="Marie-Nicole Lemieux (Isabella) © Opéra national de Lorraine" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/italienne1_nancy-362x521.jpg" alt="" width="362" height="521" /></a>L’Italienne à Alger</em> réussit bien à Nancy. Sa précédente venue remonte à 1990 et alignait, dans la mise en scène fameuse de Pier Luigi Pizzi, rien moins que Lucia Valentini-Terrani, un William Matteuzzi totalement ébouriffant et le tout jeune Simone Alaimo ! C’est au souvenir encore vivace de ces illustres soirées que se confrontait donc cette nouvelle production.</p>
<p>Au lever de rideau, le monumental dispositif scénique conçu par Rifail Ajdarpasic surprend et inquiète quelque peu. Nous voici transportés en pleine forêt vierge, où s’est écrasé un avion de ligne dont l’imposante carcasse occupe tout le plateau. Mustafa en est l’ex-commandant, reconverti en chef tyrannique des rescapés, selon un scénario qui évoque la série télévisée <em>Lost</em>. Haly est probablement un stewart, Lindoro est reclus dans un réacteur et le chœur des passagers prisonniers se cache sous des masques tribaux dont ils se libèreront à la fin. Quant à Isabella et Taddeo, ils parviendront à les rejoindre en se frayant un chemin à la machette. L’espace de jeu semble réduit, le risque de se laisser piéger par un tel décor est patent mais c’est sans compter sur le talent du metteur en scène <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/david-hermann/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec David Hermann">David Hermann</a> qui va en occuper sans faiblir les deux étages et filer la métaphore aéronautique avec un humour et une avalanche de gags réjouissants. On rit donc beaucoup à ce spectacle – et c’est tant mieux – à voir Taddeo « cuisiné » pour servir de barbecue cannibale ou affublé d’un habit de Kaimakan pour le moins emplumé, à assister au service du café grâce aux célèbres chariots du transport aérien, dont les non moins fameux plateaux-repas semblent pourtant faire les délices du Pappataci Mustafa. Le duo Isabella-Taddeo « <em>Ai capricci della sorte</em> » à travers un fragment de fuselage et ses hublots est un véritable bijou de direction d’acteurs, un accidentel redémarrage du réacteur emporte dans son tourbillon le finale de l’acte I et le quintette du II « <em>Ti presento di mia man</em> » sur deux rangées de sièges d’avion atteint au grandiose quand les turbulences s’en mêlent, ceintures de sécurité, gilets de sauvetage et masques à oxygène inclus. Bien évidemment, les Italiens parviendront à s’échapper en redécollant, laissant Mustafa à son royaume de bambous.</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/italienne2_nancy.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-50265" title="© Opera national de Lorraine" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/italienne2_nancy-728x485.jpg" alt="" width="728" height="485" /></a>Succédant in loco à Lucia Valentini-Terrani, qu’elle nous a confié profondément admirer, <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/marie-nicole-lemieux/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Marie-Nicole Lemieux">Marie-Nicole Lemieux</a> aborde pour la première fois le rôle d’Isabella et réussit d’emblée une incarnation mémorable. La tessiture plutôt grave du rôle convient parfaitement à sa voix de contralto, cependant non dénuée d’aigus, sa forte personnalité emporte tout. Elle use de ses graves plantureux et de ses formes généreuses pour camper un personnage drôlissime et truculent. Irrésistible ! Tout juste pourrait-on lui souhaiter une colorature plus déliée et plus marquée. Son Lindoro permet d’entendre le jeune (29 ans) ténor chinois <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/yijie-shi/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Yijie Shi">Yijie Shi</a>, déjà fêté à Pesaro. Le matériau vocal impressionne, en puissance, en agilité, en sécurité et liberté du suraigu particulièrement. Il reste toutefois encore un peu brut et mérite d’être affiné pour y trouver plus de nuances et de variations de dynamique, son <em>forte</em> permanent finissant par lasser. Néanmoins, un Lindoro déjà passionnant. En Mustafa, <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/donato-di-stefano/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Donato Di Stefano">Donato Di Stefano</a> s’impose par ses dons innés d’acteur et de réelles qualités musicales ; les vocalises de son aria « <em>Già d’insolito ardore</em> » le montrent cependant plus précautionneux et moins brillant. Le Taddeo de <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/nigel-smith/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Nigel Smith">Nigel Smith</a> convainc lui aussi par l’engagement scénique et par une voix au timbre clair et affirmé. L’Elvira solide et altière de Yuree Jang n’a pour seul défaut que de trop dominer les ensembles par la puissance de ses aigus. Olga Privalova en Zulma et Igor Gniddi en Haly complètent cette distribution sans fausse note.</p>
<p style="text-align: left;">La direction idiomatique de <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/paolo-olmi/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Paolo Olmi">Paolo Olmi</a> parachève la réussite du spectacle. Dès l’ouverture se remarquent le sens du rythme (mais sans excès de vivacité du <em>tempo</em>), le soin apporté à la saveur des instruments solistes, la construction des <em>crescendos</em>, le flux et reflux de la masse orchestrale qui marqueront toute la soirée. Impeccablement suivi par l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, Paolo Olmi assure une irréprochable cohésion avec le plateau, sans jamais se laisser aller à sa tendance naturelle à le couvrir. Le Chœur d’hommes de l’Opéra national de Lorraine, renforcé par celui de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole où cette coproduction va être reprise en mars avec Isabelle Druet en Isabella, apporte également sa contribution splendide et essentielle.</p>
<p style="text-align: left;">Vraiment, comme nous le disions en préambule, <em>L’Italienne à Alger</em> réussit bien à Nancy.</p>
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		<title>Pollini en perspectives entre les époques</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 16:06:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Georges Montaigu</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Musique de chambre et récital]]></category>
		<category><![CDATA[Maurizio Pollini]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris. Salle Pleyel. 14-II-2012. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°24 en fa dièse majeur op. 78 « À Thérèse » ; Sonate n° 25 en sol majeur op. 79 « Alla tedesca » ; Sonate n° 26 en mi bémol majeur op. 81a « Les Adieux » ; Sonate n° 27 en mi mineur op. 90. Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Klavierstück X. Maurizio Pollini : piano.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/2012/02/20/pollini-en-perspectives-entre-les-epoques/pollinic_fred-toulet/" rel="attachment wp-att-50230"><img class="alignright size-medium wp-image-50230" title="POLLINI(c)_Fred Toulet" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/POLLINIc_Fred-Toulet-362x226.jpg" alt="" width="362" height="226" /></a>La première série « Pollini Perspectives », achevée en 2010, comportait pas moins de neufs concerts et mettait en perspective plusieurs compositeurs classiques avec leurs homologues modernes. La nouvelle série, bien plus concentrée puisque ne s’étalant que sur deux saisons et quatre concerts, mettra en regard les douze dernières sonates de Beethoven, données dans l’ordre de leur numérotation, avec, respectivement, Manzoni, Stockhausen, Lachenmann et Sciarrino. Le concert qui nous occupe ici était le deuxième de cette seconde série, qui s’achèvera sur les dernières notes de l’<em>Opus 111</em> le 18 mars 2013.</p>
<p>Si on devait trouver un mot pour qualifier ce concert, ce serait sans doute <em>crescendo </em>tant il nous sembla que <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/maurizio-pollini/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Maurizio Pollini">Maurizio Pollini</a>, dont on fête par la même occasion les 70 ans, nous sembla trouver progressivement ses marques entre une <em>A Thérèse </em>introductive hésitante et des <em>Klavierstück</em> conclusifs époustouflants. Car il faut l’avouer, on sentit le pianiste moins souverain que par le passé, et un peu pressé dans les allegro au point de réduire voire supprimer les respirations, sans que la pure virtuosité et l’équilibre des voix, points forts de toujours du milanais, n’en compensent totalement les effets. On s’en rendit compte dès le début de l’<em>Opus 78</em> avec une introduction <em>Adagio cantabile</em> donnant un intéressant ton de suspens légèrement mystérieux suivie d’un <em>Allegro ma non troppo</em> déjà fort vigoureux et plus vraiment <em>non troppo</em> auquel le très court second mouvement indiqué cette fois <em>Allegro vivace</em> que Pollini attaqua comme il se doit plus vite que le mouvement précédent, succéda non sans une certaine sensation de flottement sinon de flou dans les doigtés, le faisant arriver à son terme sans qu’on ait la sensation d’en avoir réellement profiter. Sans doute tout à sa concentration, Pollini attaqua la sonate suivante à peine assis avant même l’extinction des applaudissements, sans nous laisser, nous les auditeurs, le temps de notre propre concentration, et, sur sa lancée fila comme une flèche dans le <em>Presto alla tedesca</em>. Cette conception tout d’un bloc, concentrée, faisait la part belle à la densité de la musique de Beethoven, mais sa vélocité nous sembla moins favorable à nous en faire entendre les éléments de modernités contenues dans ces œuvres charnières entre les sonates plus classiques précédentes culminants dans l’<em>Appassionata</em>, et les formidables et éternellement modernes opus qui allait suivre. Du coup l’écoute nous sembla un peu frustrante d’autant que le sujet était justement la mise en perspective avec la modernité. Si Pollini ne changea pas fondamentalement d’optique pour les deux sonates suivantes, il s’y montra plus convaincant, les doigts, sans doutes bien échauffés, éliminèrent quasiment les petites imprécisions entendues avant, ce qui, allié à une écriture elle-même plus souple et variée à l’intérieur de chaque mouvement, produisit une meilleure impression, plus chantante et moins irrespirable, un peu plus près du cœur que des neurones, générant finalement de l’émotion musicale là où les deux premières avaient échouées. Reste qu’à notre sens, un peu plus de respiration n’aurait pas nuit, comme peut-être un poil plus de vigueur dans les attaque du clavier.</p>
<p>Ce que nous allions trouver après l’entracte, alors que le pianiste avait tombé la veste et chaussé ses lunettes pour lire la partition manipulée par une jeune et efficace tourneuse de page et les mitaines règlementaires prévues par Stockhausen pour réaliser certains passages très spécifiques, les clusters en glissando grâce aux mitaines protectrices, et les clusters en bloc avec l’avant bras entier plaqué sur le clavier, qu’une manche de veste auraient rendus plus délicats à réaliser. Pour l’anecdote, cela conduisit inévitablement le pianiste à prendre des positions curieuses voire cocasses qui, à un moment, amenèrent une partie du public à laisser échapper un rire autant naïf qu’inapproprié. Paradoxalement on trouva dans cette musique étrange, difficile sinon impossible à mémoriser (ces <em>Klavierstück</em> comptant d’ailleurs parmi les rares œuvres non exécutées de mémoire par Pollini), plus de satisfactions purement sonores et pianistiques qu’avant l’entracte, tant le pianiste réussit à utiliser toutes les capacités du grand Steinway, en dynamique comme en harmonique, parvenant à étirer au maximum, comme le demande le compositeur, la plus grande vélocité de doigts comme, à l’autre extrémité, la suspension maximale de la résonance de l’accord jusqu’à l’extinction final du son. Dans cette œuvre difficile, Pollini sembla s’y mouvoir comme un poisson dans l’eau, nous donnant l’évidente sensation qu’on venait d’en entendre une interprétation de très haut niveau. Ce qui impressionna vivement le public qui lui fit un triomphe appuyé.</p>
<p>Crédit photographique : M. Pollini/Fred Toulet</p>
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		<title>René Clemencic interroge la Kabbale</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 16:03:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Huc de Vaubert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[La Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Musique d'ensemble]]></category>
		<category><![CDATA[Les Sacqueboutiers]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>

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		<description><![CDATA[Toulouse 4 XII 2011. Auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines. René Clemencic (1928- ) :  Kabbala oratorio en hébreu (création française). Ensemble Clément Jannequin : Dominique Visse, Yann Rolland, contre-ténors ; Hugues Primard, Vincent Bouchot, ténors ; Stephan Mac Leod, basse ; Les Sacqueboutiers Ensemble de cuivres anciens de Toulouse : Jean-Pierre Canihac, cornet à bouquin, shofar ; Daniel Lassalle, Ruben Gonzalez, David Loqueneux, trombones ; Emilien Prodhomme, Florent Tysseyre, percussions. Direction : René Clemencic. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/2012/02/20/rene-clemencic-interroge-la-kabbale/kabbala_clemencic/" rel="attachment wp-att-50224"><img class="alignright size-medium wp-image-50224" title="kabbala_clemencic" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/kabbala_clemencic-362x241.jpg" alt="" width="362" height="241" /></a>Si le Docteur  ou le Professeur René Clemencic, comme on dit dans les pays germaniques, est plus connu en tant que flûtiste à bec et surtout l’un des pionniers de la redécouverte et de l’intérêt porté aux musiques du Moyen-Âge et de la Renaissance, il est également ethnologue, philosophe, musicologue, chef d’orchestre et compositeur, parlant pas moins de cinq langues. En musique ancienne, ses interprétations se caractérisent par une vigueur rythmique et une verdeur festive, voire paillarde, plus conforme aux liesses populaires qu’à la retenue guindée de la chapelle, encore qu’au Moyen-Âge, églises et cathédrales étaient plus des lieux de vie bruissants et bouillonnants que les sinistres musées qu’en a fait la civilisation moderne. À l’opposé des idées reçues sur une pratique policée de l’art, il s’est efforcé de retrouver et faire vivre la fonction sociale de la musique dans toutes ses composantes. Ses re créations des <em>Carmina Burana</em>, des <em>Cantigua de Santa Maria</em> ou de la <em>Messe de l’Âne pour le jour des sous-diacres</em> furent autant de révélations qui nous ont ouvert des univers insoupçonnés dans les sphères médiévales, de la Renaissance et du baroque, jusqu’à composer pour le cinéma la musique du fameux <em><a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/moliere/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Molière">Molière</a></em> d’Ariane Mouchkine.</p>
<p>Sa venue à Toulouse, qui inaugurait les festivités des 35 ans des Sacqueboutiers, avait valeur d’événement et il s’agissait de la création française de cet oratorio composé en 1992, dont il existe un unique enregistrement chez Con Legno en 2009. Assister à une création dirigée par son compositeur, qui est en outre une légende vivante de la musique au cours du dernier demi-siècle, provoquait une émotion légitime. Les 350 places de l’auditorium St-Pierre-des-cuisines (l’une des plus anciennes églises de la ville rose) n’étaient pas toutes garnies en cette fin de dimanche hivernal et le public était essentiellement composé de musiciens et d’aficionados des souffleurs toulousains.</p>
<p>Complexe dans son élaboration et ambitieuse dans son programme, l’œuvre proposée se reçoit plus par l’émotion que par l’intellect. Cette musique d’aujourd’hui, qui s’intéresse à l’éternité, est par nature intemporelle. Son écriture, pas plus atonale que tonale, baigne dans la pratique modale médiévale en se basant sur la solmisation, cette étude du solfège par le nom des notes, inventée au XIe siècle par Guido d’Arezzo, qui sera utilisée jusqu’à l’Ars Subtilior au XIVe siècle. Elle s’adapte à la langue hébraïque où chaque lettre est aussi nombre et son.</p>
<p>En un peu plus d’une heure et dix parties, le compositeur cherche une voie mystique vers la sagesse afin de libérer l’esprit par un retour vers Dieu, au moyen de la rencontre et du choc entre le chant hébreu et les instruments. René Clemencic reconnaît qu’il ne travaille pas une matière esthétique, mais s’efforce de retrouver leur magie primale dans l’effet des sons.</p>
<p>Le compositeur philosophe explique qu’au-delà du monde hébraïque, « la Kabbale s’adresse à l’humanité dans son ensemble, par son découragement existentiel, son exil, sa distance à Dieu et sa véritable nature, son développement existentiel, puis son retour dans la Jérusalem céleste ». Il considère que la sagesse concrète de l’ancien langage hébraïque a toujours été présente chez les grands penseurs et les grands artistes de l’occident et que la musique de JS Bach ne pourrait se concevoir sans elle.</p>
<p>Cette construction intellectuelle, qui pourrait faire fuir plus d’un auditeur, nous capte totalement du roulement de timbale initial, figurant une sorte de chaos destiné à vider la tête de l’auditeur, à l’Alléluia final de la Jérusalem céleste enfin retrouvée, élevant l’esprit et suscitant une vive émotion.</p>
<p>Les cinq chanteurs des Jannequin qui portent l’ouvrage sont admirables. Ils se jouent de la difficulté des lignes vocales et des parties aléatoires, alternant chant, cris, sifflements et chuchotements. Exceptionnel, le trio de trombones fait référence aux trompettes de Jéricho qui détruisirent les murs de la cité. Le cornet à bouquin de Jean-Pierre Canihac chante comme jamais et l’on entend par deux fois son double avec l’appel du shofar, cette corne de bélier, considérée comme l’un des plus anciens instruments au monde, qui résonnait au temple de Salomon. L’œuvre culmine peut-être au 8<sup>e</sup> épisode <em>Retour aux origines</em> par un duo saisissant entre le contre-ténor et le cornet.</p>
<p>Tout au long de l’ouvrage, les percussions virtuoses d’Émilien Prodhome et Florent Teysserre marquent une rythmique fondamentale, parfois aussi entêtante que celle du <em>Boléro</em> de Ravel. La combinaison du cornet avec les trois trombones, associés aux deux percussionnistes et aux cinq chanteurs construit un monde qui s’unit, s’oppose et se retrouve selon les séquences de l’œuvre.</p>
<p>À plus de 83 ans, René Clemencic dirige son œuvre d’une façon énergique, chaleureuse et passionnée, presque juvénile. Si la tradition juive interdit de se pencher sur la Kabbale avant quarante ans, au risque de devenir fou ; totalisant plus du double, René Clemencic nous mène sur la voie de la sagesse et de la réconciliation. L’émotion était forte dans la salle et des musiciens au public, personne ne regrettait  cette expérience rare.</p>
<p>Crédit photographique : DR</p>
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		<title>Hommage à Elizabeth Connell (1946-2012)</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 15:51:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Schmitt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Biographie]]></category>
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		<description><![CDATA[ResMusica rend hommage à la soprano sud-africaine Elizabeth Connell (Port Elizabeth, 22 octobre 1946 - Londres, 18 février 2012), très célèbre sur les rives du lac Léman car fidèle du Grand Théâtre de Genève.  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.resmusica.com/2012/02/20/hommage-a-elizabeth-connell-1946-2012/elizabeth-connell-col-cclive-barda/" rel="attachment wp-att-50211"><img class="alignright size-full wp-image-50211" title="ELIZABETH CONNELL-COL-(C)CLIVE BARDA" src="http://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2012/02/ELIZABETH-CONNELL-COL-CCLIVE-BARDA.jpg" alt="" width="311" height="467" /></a>&laquo;&nbsp;Quand je vous aurai chanté mes chansons, je ne chanterai plus !&nbsp;&raquo;</p>
<p>En novembre dernier, la soprano sud-africaine Elizabeth Connell donnait un récital à Hastings en Angleterre. La voix toujours claire, les aigus présents, le vibrato toujours admirablement contrôlé, à 65 ans, elle se payait le culot de chanter les airs de Lady Macbeth de Verdi avec une fougue et une présence vocale qui ne laissait en rien supposer que quelques mois plus tard, la voix d’Elizabeth Connell allait s’éteindre à jamais.</p>
<p>Encore pleine de projets, elle devait créer le rôle d’Ortrud dans une nouvelle production de <em>Lohengrin</em> à l’Opéra de Toulon, ainsi qu’une Turandot à Melbourne.</p>
<p>Elizabeth Connell faisait partie de ces chanteurs qui investissaient leurs personnages avec la volonté d’être toujours dans la performance. L’idée qu’à chaque instant, elle chantait pour la première ou la dernière fois sur une scène. Avec une générosité artistique qui faisaient le bonheur du public.</p>
<p>Sous la direction d’Hugues Gall, le Grand Théâtre de Genève l’a accueillie à plusieurs reprises. D’abord en mars 1982 où, sous la direction de <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/jeffrey-tate/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Jeffrey Tate">Jeffrey Tate</a> et aux côtés de <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/siegfried-jerusalem/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Siegfried Jerusalem">Siegfried Jerusalem</a> (<em>Idoménée</em>), d’Anne Howells (Idamante), de Valérie Masterson (Illia), Elizabeth Connell incarnait une Electre terrifiante. Les spectateurs genevois se souviennent de son impressionnant air final « D’Oreste, d’Aiace » chanté du haut du décor. Un succès qui allait se confirmer en octobre de l’année suivante quand la soprano retournait sur la scène genevoise pour offrir une magnifique Norma aux côtés de  l’Adalgisa d’Alexandra Milltscheva.</p>
<p>Les portes du théâtre genevois allaient à nouveau s’ouvrir pour Elizabeth Connell en avril 1986 pour un <em>Tannhaüser</em> mémorable. Avec un <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/rene-kollo/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec René Kollo">René Kollo</a> (<em>Tannhaüser</em>) dans une étonnante belle forme (alternant des hauts stratosphériques et enthousiasmants avec d’imprévisibles bas catastrophiques, chaque engagement d’alors était une prise de risque pour les théâtres !), la soprano sud-africaine a signé une Elizabeth d’une rare sensibilité aux côtés d’une Stefania Toczyska, Vénus belle à mourir !</p>
<p>Trois ans plus tard, en mai 1989, Elizabeth Connell revenait au Grand Théâtre de Genève, toute auréolée de ses succès internationaux, pour la plus belle réalisation du <em>Fidelio</em> de Beethoven jamais vue à Genève. Mis en scène par Johannes Schaaf (ah ! l’impressionnant silence de ces prisonniers tenant leurs pantalons sans ceinture, et ce parterre de roses rouges du tableau final), Jeffrey Tate portait au pinacle la Leonore d’Elizabeth Connell. Avec à ses côtés, le Don Fernando de Wolfgang Schöne, le Don Pizzaro de Sigmund Nimsgern, le Rocco d’Hans Tschammer entouraient <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/thomas-moser/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Thomas Moser">Thomas Moser</a> (Florestan) et Elizabeth Connell (Leonore) qui formaient le couple idéal de ce « Fidelio » légendaire.</p>
<p>En juin 1992, Genève accueillait à nouveau la soprano dans une production grandiose <em>d’Attila</em> de Verdi. Un majestueux <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/samuel-ramey/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Samuel Ramey">Samuel Ramey</a> dans le rôle-titre avait ravi les applaudissements du public sans pour autant que les genevois ne réserve un triomphe à l’Odabella fougueuse et débordante d’énergie d’Elizabeth Connell.</p>
<p>Mais bien sûr, la carrière d’Elizabeth Connell ne s’est pas bornée à ces six productions d’opéra et aux deux récitals de Genève. Elle avait débuté sa carrière en 1972 –elle n’avait alors que 26 ans- au Festival de Wexford, avant d’être engagée l’année suivante à Sydney pour l’ouverture de son tout nouvel opéra. Londres, Vienne, Berlin, Munich, Hambourg, l’Opéra Bastille à Paris, le Metropolitan Opera de New-York, la Scala de Milan et le San Carlo de Naples ont applaudit ses prestations.</p>
<p>Magnifique, énergique, toujours dans l’engagement total, la soprano sud-africaine ne ménageait pas ses efforts pour donner corps à ses personnages. Convaincu que sa carrière était sur scène, elle ne fréquentait pas assidûment les studios d’enregistrements. Sa discographie officielle reste donc des plus minces. En dehors d’une intégrale de <em>Guglielmo Tell</em>  de Rossini dirigée par <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/riccardo-chailly/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Riccardo Chailly">Riccardo Chailly</a> (Decca) où elle ne chante qu’un rôle secondaire et des  <em>Gezeichneten</em>  de Schreker dirigés par <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/lothar-zagrosek/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Lothar Zagrosek">Lothar Zagrosek</a> (Decca), on ne peut encore trouver qu’un seul enregistrement intégral d’opéra de la chanteuse sud-africaine. Réalisé lors des représentations de l’Opéra de Rome en décembre 1988, le  <em>Poliuto</em>  de Donizetti (Nuova Era) montre une Elizabeth Connell en pleine possession de ses moyens. Reprenant une œuvre qui avait fait l’un des plus grands succès de <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/maria-callas/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Maria Callas">Maria Callas</a>, Elizabeth Connell se lance crânement derrière le chant de son illustre prédécesseur. Les duos qu’elle chante avec la complicité d’un superbe <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/renato-bruson/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Renato Bruson">Renato Bruson</a> n’ont rien à envier à ceux que Maria Callas et <a href="http://www.resmusica.com/mot-clef/ettore-bastianini/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec Ettore Bastianini">Ettore Bastianini</a> chantaient en 1960.</p>
<p>Peu médiatisée par le disque, Elizabeth Connell s’est éteinte dans la presque totale ignorance d’un talent lyrique comme il est rare d’en rencontrer. Heureusement pas pour ceux qui ont eu la chance de l’applaudir sur les scènes restera l’image d’une grande artiste lyrique portant son art à ce à quoi il est destiné : à l’émotion.</p>
<p>Crédit photographique : Clive Barda</p>
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