Lieu : Bâle

Theater Basel: Alcina
Premiere: 10.06.2017
Copyright: Theater Basel / Priska Ketterer

Haendel à Bâle : Alcina ou Bradamante ?

Entre Donnerstag aus Licht en 2016 et The Rake's Progress en 2018, Lydia Steier noie le concept de sa mise en scène dans le bricolage d'une Alcina de bande-dessinée. Repli pour tous dans une partie musicale des grands jours magnifiée par La Cetra d'Andrea Marcon. Kate Royal s'est retirée de la production bâloise pour « raisons personnelles ». Quelles qu'elles fussent, on imagine mal l'intégration de la très classieuse cantatrice anglaise dans un ...
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Satyagraha de Philip Glass à Bâle : triomphe pour tous

Confier une mise en scène d'opéra à un chorégraphe peut s'avérer une fausse bonne idée. Pour le dernier volet de sa trilogie contemporaine, Bâle prouve le contraire en faisant appel, pour la première suisse de Satyagraha, à Sidi Larbi Cherkaoui. De ses vingt-cinq opéras, Philip Glass aime à dire que Satyagraha est son préféré. L'on devine aisément dans cette affirmation que, pour le compositeur, l'envergure humaniste du rôle-titre compte autant que ...
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Bâle en transe avec Calixto Bieito et Iannis Xenakis

Trois œuvres de la fin du XXe siècle au cours de la même saison à Bâle : entre Stockhausen et Glass, voici Xenakis. Son Oresteia bénéficie de tous les soins (ne manquent que des sur-titres français !) de l'audacieuse maison d'opéra et notamment de l'investissement galvanisant du metteur en scène catalan. Le musicien-architecte (il travailla avec Le Corbusier) Xenakis disait ne pas aimer l'opéra. On a envie de le taquiner en lui ...
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Le Don Giovanni des Don Giovanni à Bâle

« L'opéra des opéras » a droit à « la mise en scène des mises en scène » à Bâle. Le spectacle que Richard Jones a conçu pour cette co-production entre l'English National Opera (2016) et le Theater Basel rejoint les plus impressionnants Don Giovanni (Claus Guth, Kasper Holten). Par bonheur, la partie musicale n'est pas en reste. Richard Jones est un metteur en scène très intelligent. Son récent Rosenkavalier pour Glyndebourne, trop éclipsé par la ...
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La Force du destin a encore frappé à Bâle

Courageux pari que celui de monter La Force du destin. Bâle, qui n'a décidément pas froid aux yeux cette saison, fait appel à Sebastian Baumgarten. Etait-ce le bon choix ? 1861 : à Saint-Pétersbourg, la créatrice du rôle de Leonora tombe malade. 1862 : sa remplaçante se voit privée à jamais de scène au lendemain de la première. 1960 : à New York, le baryton américain Leonard Warren meurt avant d'entrer en scène. 1971 : à ...
Die Tote Stadt à Bâle : la triomphale revanche de Korngold

Die Tote Stadt à Bâle : la triomphale revanche de Korngold

Le public de Bâle est sorti de sa réserve coutumière pour accueillir la première de l'opéra « dégénéré » de Korngold avec une très longue ovation adoubant de concert l'intelligence de la mise en scène et le haut vol musical.  Au risque de la redite, répétons combien il faut de temps pour rattraper les dégâts du totalitarisme. Ce ne sont pas cinq petites années et puis s'en vont. Dans le cas de Korngold, ...
Donnerstag aus « Licht » : retour vers le futur de la Musique

Donnerstag aus « Licht » : retour vers le futur de la Musique

De Licht, l'opéra "septalogique" de Karlheinz Stockhausen conçu de 1977 à 2003 pour chaque jour de la semaine, le mélomane distrait ne connaît le plus souvent que l'évocation un brin mégalomaniaque d'une des scènes de Mittwoch aus « Licht » dont la musique pour quatuor doit être diffusée depuis 4 hélicoptères ! Il peut à présent appréhender avec davantage de sérieux l'ambition cosmique du compositeur avec Donnerstag aus « Licht » que l'Opéra de Bâle, ...
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Macbeth selon Olivier Py : dictature mode d’emploi

Pour Macbeth, qui marque ses débuts à Bâle, Olivier Py déroule le somptueux tapis noir qu'il tisse année après année sur les scènes lyriques avec Pierre-André Weitz.  Olivier Py raconte toujours la même histoire. Celle du Sexe et de la Mort, alpha et oméga de presque tous les livrets d'opéra. C'est d'ailleurs à l'Opéra que, cadré par les partitions, il est à son meilleur. Ferveur et engagement intacts, imparable intelligence de ...
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Résurrection de Jesus Christ Superstar à Bâle

Un opéra-rock peut-il autant bouleverser qu'un opéra classique ? Bâle répond par l'affirmative en prenant au sérieux Jesus Christ Superstar, ravalé pour l'occasion par une emballante partie musicale et les bouleversantes bouffées poétiques de sa mise en scène. Le succès est le plus souvent un cadeau empoisonné. Celui qui, en 1971 (avec Jesus Christ Superstar, opéra-rock fondateur d'un genre qui essaima pour le meilleur jusqu'en France avec le Starmania de Michel Berger), ...
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La Flûte enchantée à Bâle, légère et revigorante

La Flûte enchantée a encore des choses à dire. Même dans cette nouvelle production bâloise (quatrième mise en scène lyrique de Julia Hölscher, jeune metteuse en scène issue du théâtre), toute de légèreté, où le minimalisme scénique parvient aussi à engendrer poésie et émotion. Jets de fumée latéraux, lointaine rampe de projecteurs au sol, serpentine forêt de cordages glissée des cintres : ainsi démarre le tube de Mozart dans un Stadttheater envahi ...
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La Khovantchina à Bâle : vibrant plaidoyer

Bâle frappe fort en confiant la Khovantchina au chef ukrainien Kirill Karabits et au metteur en scène russe Vasily Barkhatov. Le résultat bouleverse et clame haut et fort l'importance du « drame musical populaire » de Modeste Moussorgsky. « Le passé dans le présent : voilà mon devoir. » Dans son ultime opéra, Moussorgsky illustra parfaitement cette sienne profession de foi. Œuvre complexe, à la distribution imposante (14 solistes, un chœur à toute épreuve), la Khovantchina ...
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Bieito et Houellebecq désossent Cosi fan tutte à Bâle

Les 3 heures de Cosi fan tutte ramenées à 1h15 chrono, « agrémentés » de poèmes de Michel Houellebecq : Bieito l'a fait à Bâle. Pourquoi ? Cosi fan tutte n'est plus depuis quelques lurettes la bouffonnerie boulevardière sous-estimée par nos aïeux mais l'Opéra majuscule sur le Désir humain. Sa conclusion n'est plus le happy end que contredit sans relâche la musique sublime de Wolfgang et fait la délectation des metteurs en scène de notre ...
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La Juditha de Vivaldi triomphe à Bâle

Bâle offre la scène à Juditha Triumphans, unique oratorio de Vivaldi qui nous soit parvenu. La somptueuse partition bénéficie de la chorégraphie de Richard Wherlock mais surtout de l'excellence musicale de La Cetra Vokalensemble et La Cetra Barockorchester de Bâle. Représentée en 1716 avec un succès tel qu'elle fut considérée en son temps comme l'Hymne vénitien, cette allégorie à peine masquée de l'intrusion ottomane sur l'île de Corfou alors sous protectorat ...
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Bâle plonge Daphné dans l’enfer viril des hommes et des dieux

Mal-aimée jusque chez les inconditionnels du compositeur, la Daphné de Richard Strauss passe haut la main l'épreuve de la scène. Surtout quand elle est montée avec l'intelligence d'un Christof Loy et défendue par une magnifique équipe de musiciens, toutes conditions réunies par l'Opéra de Bâle. Née en 1938 d'une genèse houleuse avec un librettiste qu'un Strauss-orphelin d'une idéale collaboration avec un Stefan Zweig évacué par les nazis, dut sans cesse recadrer, ...
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Quand le public bâlois découvre Médée de Charpentier

La vindicative Médée avait de bonnes raisons de vouloir se venger du traitement qui lui avait été réservé fin 2012 au Théâtre des Champs-Élysées puis à Lille. Mise en scène insipide de Pierre Audi, direction brouillonne d’Emmanuelle Haïm, interprète dépassée par le rôle-titre : il était urgent de refouler ce pénible souvenir. La nouvelle production du Théâtre de Bâle pouvait en fournir l’occasion : même si on comprend difficilement l’ampleur de la cure ...
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Grand cru musical pour l’Otello très cru de Calixto Bieito

L'Opéra de Bâle ne déroge pas à son esthétique avec la radicalité d'un spectaculaire Otello confié à l'un des plus sulfureux metteurs en scène de la planète, Calixto Bieito. Personne, à Bâle, n'a oublié l'entracte du Don Carlos de Bieito, où le public était invité à s'aller rafraîchir pendant que les corps nus et sanglants de l'autodafé mis en musique par Verdi demeuraient à genoux sur la scène. Sa récente mise ...
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Hoffmann traîne dans la banlieue de Bâle

Davantage que pour tout autre opéra, le suspense est de taille lorsque l'on se rend à une représentation des Contes d'Hoffmann : quelle mise en scène ? une seule chanteuse pour les 3 rôles féminins ? mais surtout : quelle version pour ce génial opéra où Offenbach mit l'art de toute une vie? L'Opéra de Bâle vient d'apporter sa réponse dans une nouvelle production où la partie musicale fait davantage rêver que la partie scénique. Décédé ...
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La Damnation de l’Humanité à Bâle

Qui a répandu l'idée que La Damnation de Faust n'était pas un opéra? Voilà une assertion qui ne peut plus avoir cours à une époque où l'on sort régulièrement le chef-d'oeuvre berliozien de la fosse dans laquelle son appellation ambiguë par le génial Hector lui-même de « Grand opéra de concert » l'a longtemps cantonné. Accusant ses incessants changements de tableaux et ses nombreuses pages orchestrales, on a cru que le confier à ...

Blanche-Neige à Bâle, le chef-d’oeuvre de Holliger naufragé par la scène

Ils ne se marièrent pas et n'eurent pas d'enfants. La Blanche-Neige de Heinz Holliger, créée à l'Opéra de Zurich en 1998, n'adapte pas le conte traditionnel : c'est un extraordinaire texte de jeunesse du Bernois Robert Walser (1878-1956), que Holliger a utilisé, en l'abrégeant, comme livret de son opéra (on peut le lire en français aux éditions José Corti). Le conte est déjà fini, restent les personnages : le prince ...
Wagner, Lohengrin, photo 1, par Hans-Jörg Michel

Lohengrin conquiert Bâle

Cette production de Lohengrin court le risque de ne pas immédiatement séduire (ici, nul regard ni des images forts ; nul cinglant angle d’attaque). À petit feu et avec intelligence, elle s’attache à convaincre chaque spectateur, et y parvient. Le rideau levé, la coupe biologique d’une église romane (décor attendu et sage) se dévoile : dans le sens de la profondeur, trois piliers latéraux, chacun prolongé par sa voûte ; au fond, une grande ...
©Hans Jörg Michel

Idoménée à Bâle : pari réussi

En 2010, à l’Opéra de Munich, le jeune metteur en scène David Bösch avait frappé un grand coup avec un Mitridate de Mozart admirable d’ardeur juvénile, qui révélait une capacité d’analyse des enjeux dramatiques de l’œuvre rarement atteinte : lui confier Idomeneo, trois ans plus tard, c’était donc pour le Théâtre de Bâle la suite logique de cette réussite initiale, mais aussi un véritable pari, tant ce chef-d’œuvre complexe semble ...
Britten, War Requiem Rolf Romei, par Hans-Jörg Michel (1)

Bâle : Ardente et lucide mise en scène pour War Requiem

Les circonstances sont connues. En 1918, sur le front de la Somme, mourut, à vingt-cinq ans, le poète anglais Wilfred Owen (1893-1918) ; quoique son œuvre pointât les contradictions entre le christianisme et la guerre et rendît hommage à chaque belligérant quel que soit son camp, il accomplit donc son devoir national. Lors de la Seconde guerre mondiale, l’aviation allemande détruisit la cathédrale de Coventry. En 1962, pour célébrer la ...
Massenet, Manon, photo par Tanja Dorendorf

Théâtrale Manon à Bâle

Manifestement, cette production a cherché à savoir quels lecteurs de l’abbé Prévost les deux librettistes (Henri Meilhac et Philippe Gille) furent. Comme pour retrouver l’alacrité d’un tableau que ses restaurateurs successifs ont rendu opaque, Elmar Goerden a essentiellement retenu l’écart dans lequel Manon et le chevalier se situent par rapport aux lieux où circulent et s’échangent les normes morales, sociales et politiques de leur temps. Exeunt le rococo (trop facilement ...
Verdi, Un ballo in maschera, par Hans-Jörg Michel

Bâle : Un bal masqué intense et enjoué

Voici un fort intéressant regard porté sur Un ballo in maschera. Négligeant tout autant le tropisme italien, même de bon aloi, auquel toute mise-en-scène verdienne serait sensée se plier, que le Regietheater, cette production sert finement l’ambiguïté dont Verdi a fait la substance de cet opéra trop rarement joué. Non pas un droit fil narratif mais un alliage de situations hétérogènes ; non pas l’unique genre tragique mais un entrelacs ...
Janacek, Kat'a Kabanova, photo 1, par Hans-Jörg Michel

Bâle : Katia Kabanova, captivant et original

Aux deux lieux dissemblables dans lesquels s’inscrit cette œuvre (la Moravie, selon Janáček ; et, en Russie, les bords de la Volga, selon Ostrovsky), cette production en ajoute un troisième : une usine de traitement des eaux usées. Elle déplace donc l’époque (de nos jours) et le lieu : par excellence, le terrain de l’anti-Nature ou de la contre-Nature. Cette Nature salie pèsera sur tous les rapports humains : personne ...
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Ariodante brille à Bâle

Peut-on faire d’Ariodante un véritable spectacle théâtral ? Non que l’opéra baroque soit par nature inapte à la scène moderne : ne serait-ce que chez Haendel, des opéras comme Rodelinda, Alcina ou Xerse bénéficient de livrets remarquables qui font la joie des metteurs en scène et du public. Ariodante ne fait hélas pas partie de cette catégorie, comme en témoignent d’ailleurs des deux dernières productions parisiennes de l’œuvre (Jorge Lavelli ...
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Bâle : Carmen par Calixto Bieito

Tout le monde a déjà vu la Carmen montée par Calixto Bieito, créée en Espagne en 1999, promenée depuis dans toute l’Europe – hors la France, inexplicablement hostile – et éditée en DVD. Tout le monde, sauf l’auteur de ces lignes, qui l’aura découverte douze ans après sa création, à l’occasion de cette reprise montée par le metteur en scène lui-même pour l’une des maisons d’opéra les plus ouvertes à ...
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À Bâle, un peu trop d’idées pour Rusalka

Haute qualité musicale et mise en scène inaboutie mais foisonnante et prometteuse. Le Théâtre de Bâle, distingué deux années de suite (2009-2010) comme « opéra de l’année » par le magazine allemand Opernwelt, a bâti une bonne partie de sa réputation sur une collaboration durable avec de grands metteurs en scène européens comme Calixto Bieito ou Christoph Marthaler. Cette Rusalka est pourtant une très belle occasion de constater que, contrairement à ...