Mot-clef : Antonín Dvořák

Le geste serein

Julia Fischer & Emmanuel Krivine, le geste serein

Le concert du Philharmonique du Luxembourg proposait un programme intéressant, beau diront certains, varié ça c’est sûr. La pièce de Dusapin, Uncut, septième et dernière du cycle de soli pour orchestre, commence par une fanfare des cors proprement jouissive. Très vite cependant, la texture se densifie jusqu’à devenir complètement étouffe-chrétienne. Les basses sont profondes, les parties extrêmement exigeantes, mais le tout ne produit qu’une sensation de monotonie grisâtre jusqu’à la ...
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Un concerto de Dvořák à retenir avec Gautier Capuçon

Fidèle à sa méthode de programmation en trois opus par concert, Paavo Järvi nous proposait ce soir deux pièces de musique française encadrant le plus fameux concerto pour violoncelle du répertoire, et si on met le concerto à part, la cohérence du programme était donnée par la présence de l’orgue dans la La Barque solaire de Thierry Escaich et bien sûr dans la Symphonie n°3 de Saint-Saëns. Composée en 2008 et ...
Splendide Rusalka

Splendide Rusalka à Glyndebourne

Depuis quelques années, le festival de Glyndebourne succombe à la mode des «produits dérivés». Pour le plus grand bonheur des collectionneurs et amateurs d’enregistrements historiques. En effet, le prestigieux festival, réhabilité depuis 1934 par le chef allemand Fritz Busch, a marqué le monde de l’art lyrique de productions prestigieuses que le disque restituait d’abord sous le manteau et plus officiellement depuis quelques années. Des documents uniques dont nos lignes ont ...
La Bohème au féminin

La Bohème au féminin

Riches d’une collaboration de plusieurs années et d’une discographie plutôt axée sur la musique allemande et française (Mendelssohn, Brahms, Fauré, Saint-Saëns, Ravel), c’est un charmant programme tchèque que nous proposent cette fois Antje Weithaas et Silke Avenhaus. Outre des pièces plus ou moins connues, deux raretés intéresseront les curieux et les inconditionnels. Certes, le Capriccio : Rondo di concerto de Dvořák est loin d’être un chef-d’œuvre (le compositeur ne trouva d’ailleurs aucun ...
Eternelle jeunesse

Eternelle jeunesse de Riccardo Chailly

La soirée, avec un programme «tout Dvorák», fut d’une intensité rare, sur scène aussi bien que dans la salle. Le concert commence dans une véritable fête, avec l’Ouverture «Carnaval», euphorique et radieuse. Dans un bain d’exubérance sonore, la mélodie se détache avec allégresse, donnant une sensation de grande liberté. Riccardo Chailly et ses musiciens, débordants d’énergie – en high spirits serait l’expression juste – entraînent d’emblée le spectateur dans leur univers. ...
Rudolf Kempe, la leçon de style

Rudolf Kempe, la leçon de style dans Strauss et Dvořák

Nouveau venu dans le monde des labels, ICA Classics n’est en fait que la continuité de projets éditoriaux menés depuis quelques années, avec étiquettes aussi diverses que BBC Legends ou la collection Great Conductors of the XXe Century de EMI. La nouveauté consiste en une combinaison de parutions en CD et en DVD avec une grande majorité de titres d’archives et quelques enregistrements plus récents. Il faut placer au sommet de ...
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Franz Welser-Möst, le verre à moitié vide !

Le programme choisi par le chef autrichien Franz Welser-Möst pour son concert munichois est entièrement consacré au souvenir l’ancienne double monarchie austro-hongrois, à travers trois œuvres au caractère on ne peut plus contrasté. La symphonie de Haydn qui ouvre le concert est sans doute l’une de ses œuvres les plus étonnantes : en trois mouvements seulement, courte et dense, elle est d’un caractère particulièrement recueilli qui s’explique en particulier par l’utilisation ...
L’Ondine prisonnière de l’aquarium

Rusalka à Munich : l’Ondine prisonnière de l’aquarium

Ni cet excès d’honneur, ni cette indignité : comme on pouvait s’y attendre, l’équipe de mise en scène a reçu des huées assez violentes ; comme on pouvait s’y attendre, les chanteurs de cette nouvelle production de Rusalka d'Antonín Dvořák ont été ovationnés. De ces deux réactions, aucune ne paraît justifiée par le niveau de cette première. Il est toujours gratifiant pour un chanteur d’être à l’affiche d’un opéra rare, surtout quand il ...
L’Ondine du Muséum

Rusalka, l’Ondine du Muséum

Avant-dernier de la série des dix opéras composés par Antonín Dvořák, avec des fortunes diverses, Rusalka en est certainement le chef d’œuvre et le plus retentissant succès. Inspirée au librettiste Jaroslav Kvapil par des sources aussi diverses que Undine de La Motte Fouqué, La Petite Sirène d’Andersen et La Cloche engloutie de Hauptmann, l’histoire tragique de cette ondine qui troque sa voix pour acquérir des jambes et accéder ainsi à ...
Paavo Järvi réussit son Dvořák avec l’Orchestre de Paris

Paavo Järvi réussit son Dvořák avec l’Orchestre de Paris

A la veille de sa prise de fonction à la tête de l’Orchestre de Paris, où il remplacera dès la saison prochaine Christoph Eschenbach, Paavo Järvi nous a préparé un programme plutôt grand public, avec deux des tubes du répertoire, L’Empereur et la Nouveau Monde. Et pour le concerto, il fit appel à un pianiste apprécié aussi bien par le public que par la critique, le toujours aussi zen Radu ...
Antonín Dvořák, l’intégrale oubliée

Antonín Dvořák par Witold Rowicki, l’intégrale oubliée

En matière de symphonies de Dvořák, le catalogue Universal se partage traditionnellement entre deux sommes gravées par Rafael Kubelik (DGG) et István Kertész (Decca) et l’on oublie presque toujours un autre coffret, de grande valeur, enregistré par le trop oublié Witold Rowicki à Londres, entre 1965 et 1972. Witold Rowicki (1914-1989) fit l’essentiel de sa carrière est Pologne à la tête de l’orchestre philharmonique de Varsovie qu’il conduisit entre 1950 et ...
Le National à l’heure tchèque

Le National à l’heure tchèque

Orchestre National de France Pour l’originalité des œuvres choisies (grand répertoire tchèque) et la forme du concert (ouverture, concerto, entracte, symphonie), on repassera. Le public a cependant répondu présent (y compris des jeunes, attentifs…au deuxième balcon) pour ce concert du National, dirigé par Kurt Masur, à la tête de la formation parisienne entre 2002 et 2008 et à présent directeur musical honoraire à vie. Masur aime ses musiciens et ces derniers ...
Zinman à Zurich : l’accomplissement

Zinman à Zurich : l’accomplissement

Si dans les pays francophones, David Zinman reste encore trop sous-estimé, il apparaît incontestablement comme l’un des plus importants chefs du plateau musical actuel. Directeur musical de l’orchestre de la Tonhalle de Zurich, depuis 1995, il a gravé des sommets symphoniques consacrés à Beethoven (ouvertures, concertos et symphonies), Schumann, Strauss et maintenant Mahler. Alors qu’il vient de terminer ce travail, de six ans, par un enregistrement de la symphonie n°10 ...
Rachamninov et Dvořák au soleil

Rachmaninov et Dvořák au soleil

Vêpres et Liturgie de Saint-Jean Chrysostome mises à part, on connaît peu la production chorale de Rachmaninov. De même pour Dvořák. Quant à Rheinberger, sa renommée n’a pas franchit le Rhin. Paradoxalement, c’est un ensemble situé bien loin de la Russie, de l’Allemagne ou de la Bohême-Moravie qui nous fait découvrir ces œuvres. La Maîtrise des Bouches-du-Rhône est un chœur d’enfants établi depuis de nombreuses années à Marseille, attaché à l’opéra ...
Deux chefs légendaires au début de leur carrière discographique

Szell et Kubelík, deux chefs légendaires au début de leur carrière

Ce disque de l’excellent label anglais Avid est essentiel, et cela pour deux raisons au moins : il permet de découvrir deux chefs légendaires à l’aube de leur carrière discographique, tout en complétant admirablement la trilogie des CDs Opus Kura consacrés à la Philharmonie Tchèque sous la direction du chef qui l’a véritablement façonnée, Václav Talich. On sait que lors de ses tournées à Londres dans les années 30, ce dernier ...
« È sempre la Gruberovà… »

« È sempre la Gruberovà… »

Certes, à plus de soixante-deux ans (âge officiel !), la voix n’est plus de la plus grande fraîcheur et de la plus grande souplesse. Surtout en début de programme, les aigus sont légèrement «tubés», les graves se cherchent et le médium paraît un rien instable. Les Mozart de la première partie perdent ainsi en naturel et en spontanéité, d’autant plus que le français de la diva tchèque demeure quelque peu artificiel. ...
Splendides transferts de Václav Talich par Opus Kura

Splendides transferts de Václav Talich par Opus Kura

Grâce à l’imposante « Václav Talich Special Edition », les gravures Supraphon de Václav Talich (1883-1961) sont pour ainsi dire intégralement rééditées en CD. Nous les avons suffisamment commentées par ailleurs pour revenir encore sur la carrière de l’illustre chef d’orchestre tchèque. Naxos a depuis peu entamé la réédition des 78 tours EMI des années 30 par Mark Obert-Thorn qui fait autorité en ce domaine : cela nous a valu d’excellents ...
Quatuor Prazak

Quatuor Pražák, un petit air de Bohème aux Bouffes du Nord

Cela fait un certain temps que le Quatuor Pražák a pris pour habitude d’établir ses quartiers parisiens dans le théâtre des Bouffes du Nord. La rencontre de ce lieu fascinant et de ces interprètes d’exception fait merveille à chaque fois, et il semble qu’une relation intime se soit créée entre le public et les artistes. Conquise d’avance, l’audience accueille avec recueillement et enthousiasme leur magistrale leçon de musique. Les Pražák forment ...
Ah ces russes, ils prennent tout au tragique !

Duo Kniazev Fedoseiev : ah ces Russes, ils prennent tout au tragique !

Orchestre Symphonique Tchaïkovski de Moscou Passant par Paris au milieu d’une tournée européenne, le duo russe Kniazev Fedoseiev nous a offert ce soir un bon bain de romantisme slave, que l’on pourra d’ailleurs retrouver très bientôt dans les bacs des disquaires (chez Lontano/Warner Classics), et dès le 12 mars à 14h30 lors de la diffusion de ce concert sur France Musique. Dvorák d’abord avec le plus célèbre concerto pour violoncelle du ...
Un Stabat Mater inoubliable

Le Stabat Mater de Dvořák par Harnoncourt, inoubliable

Une musique qui nous laisserait tel quel mériterait-t-elle quelque considération appuyée ? Rien à craindre à cet égard après l’écoute du Stabat Mater op. 58, pour quatre solistes vocaux, chœur mixte et orchestre, que le Tchèque Antonín Dvořák écrivit au cours d’une période douloureuse de sa vie, marquée par plusieurs deuils insupportables. Nous avions gardé un splendide souvenir d’une version du Stabat Mater gravé par Rafael Kubelik (DG) il y a une trentaine ...
Le rêve d’une sirène de la rue

Le rêve d’une sirène de la rue

Rusalka Ce vendredi 5 décembre 2008, la Monnaie donnait en première représentation Rusalka (1900), dixième des onze opéras de Dvorák. L’histoire d’une ondine, slave, une petite sirène, plus démoniaque que le personnage d’Andersen. Un «conte lyrique», merveilleux, qui révèle un rôle-titre audacieusement muet au cœur du récit. Un conte métamorphosé par les visions complices de Stefan Herheim et Heike Scheele. Plongés dans une scénographie somptueuse, les nymphes deviennent prostituées, le prince ...
Tout est bien qui finit bien

Tout est bien qui finit bien

Orchestre Pasdeloup «Tourbillon de folie» annonçait le programme du concert. Malgré un choix de pièces courtes et connues, si bien écrites qu’elles paraissaient adaptées à un public d’après-midi, le concert ne fût pas des plus convaincants. La fameuse Moldau ouvre le concert. Après un départ bancal dans l’introduction bucolique des flûtes, les cordes exposent le célèbre thème principal. Par son interprétation réservée, la pièce manque de cet élan, celui de la vague ...
Charles Münch, dans la plus pure tradition romantique

Charles Münch, dans la plus pure tradition romantique

Après un programme entièrement dévolu à Beethoven, West Hill Radio Archives nous offre cette fois, toujours avec Charles Munch à la tête du Boston Symphony Orchestra, une série d’enregistrements de concerts s’étalant d’octobre 1951 à décembre 1957, et consacré essentiellement à des compositeurs romantiques et post-romantique allemands : Johannes Brahms, Robert Schumann et Richard Strauss ; la Symphonie n°9 « du Nouveau Monde » du Tchèque Antonín Dvořák tant admiré et soutenu ...
Sous le signe de l’efficacité…

Sous le signe de l’efficacité…

Elève de Leonard Bernstein, Marin Alsop mène une carrière qui la conduit à la tête des plus grands orchestres du monde. Le label Naxos lui offre l’opportunité d’enregistrer le grand répertoire avec les deux orchestres auprès desquels elle assure une fonction de direction musicale : l’orchestre anglais de Bournemouth et l’orchestre étasunien de Baltimore que l’on a connu très brillant sous la conduite de David Zinman. Avec cette dernière phalange, Marin ...
Le doux réconfort offert par Dvořák aux plus malheureux.

Le doux réconfort offert par Dvořák aux plus malheureux.

Cette version du Stabat Mater d'Antonín Dvořák n’est en rien une ébauche, ou un travail préparatoire à la version orchestrale crée en 1881. Rien ne permet de dire que la version avec piano de 1876 ait été donnée du vivant du compositeur. Pourtant il s’agit bien d’une version pensée avec et pour le piano. La qualité de l’écriture (l’introduction du premier morceau) et le détail des indications de tempo et ...
Le sens de la respiration !

Dvoràk par Jakub Hrůša, le sens de la respiration !

Le jeune chef Jakub Hrůša nous avait fait très forte impression lors d’un concert avec l’orchestre de La Monnaie (2006) dans un programme bigarré : Schœnberg, Dallapiccola, Stravinski et Dvoràk, assez sidérant de maîtrise. On le retrouve donc avec grand intérêt dans des pages tchèques dont les deux magnifiques sérénades de Dvoràk. D’apparence simple, ces deux pièces sont pourtant assez redoutables à interpréter car il faut garder un sens de la ...
Talent….à dompter ?

Tomáš Netopil, talent….à dompter ?

Dans la grande famille des jeunes chefs prometteurs, Supraphon nous offre simultanément deux galettes de prodiges tchèques des pupitres : Tomáš Netopil et Jakub Hrůša. Ce premier disque est consacré au premier des deux espoirs. Lancé lors du festival de Salzbourg 2006 dans Lucio Silla de Mozart (enregistré ensuite à Venise), le musicien affiche un palmarès déjà assez impressionnant de grandes phalanges ! C’est lui qui assurera la conduite d’une nouvelle ...
Vol. 2 : son oeuvre

Centenaire Herbert von Karajan : son oeuvre

Comme Beethoven, Karajan eu trois périodes stylistiques dans sa longue carrière. La première, qu’on peut qualifier de « classique » va de ses débuts jusqu’à peu près la création du Philharmonia de Londres. La seconde, correspondant aux années 50, sera celle du murissement et de l’approfondissement de son style, et la troisième prendra ses racines dans les années 60, lorsque le style typique et caractéristique du chef sera définitivement établi, ...
Dvořák Cap sur l’Amérique !

La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák : cap sur l’Amérique

Créée en décembre 1893 au Carnergie Hall de New York, la Symphonie n°9 en mi mineur dite du "Nouveau monde" d'Antonín Dvořák est comme la Rhapsody in Blue de Gershwin, le tube d’un compositeur. Jouée par tous les orchestres, des phalanges de prestige aux formations d’étudiants, elle est également sur toutes les lèvres des amateurs de musique. 1. Présentation de l’œuvre Composée entre janvier et mai 1893, la partition remporte d’emblée un ...
Krivine : quand le chef est la musique

Krivine : quand le chef est la musique

Le choix des œuvres est intéressant par son originalité : il allie deux œuvres de Schumann relativement peu connues à un « tube » de la musique classique. Mais s’il est toujours intéressant, au moins d’un point de vue historique, de découvrir ou redécouvrir des œuvres, surtout lorsqu’elles sont servies par des interprètes hors pair, c’est parfois pour constater que l’on ne perdait pas grand chose en ne les connaissant pas ...