Mot-clef : Gioachino Rossini

A Saint-Denis, Daniele Rustioni dans le Stabat Mater de Rossini

A Saint-Denis, Daniele Rustioni dans le Stabat Mater de Rossini

Présent quelques semaines dans la capitale pour reprendre Rigoletto à l’Opéra Bastille, le nouveau directeur musical de l’Opéra de Lyon Daniele Rustioni livre au Festival de Saint-Denis un solide et touchant Stabat Mater de Rossini. En prenant le contre-pied de l’idée de légèreté trop accolée à la musique du compositeur, sans pour autant alourdir l’œuvre à la façon d’un Requiem de Verdi, le jeune chef italien parvient à agencer le ...
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La Cenerentola de Rossini, une œuvre moins binaire qu’il n’y paraît

Lorsque Rossini entame l’écriture de La Cenerentola, tous les chemins de la gloire semblent s’ouvrir à lui. Auteur de 19 opéras à succès, il cherchait un nouveau sujet pour la période du Carnaval de Rome qui fasse rire sans nuire à la bienséance papale. Son librettiste Jacopo Ferretti lui proposa une Cendrillon à l’italienne, à cheval entre le conte et la farce. Deux jours plus tard, le jour de Noël 1816, il ...
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La Cenerentola à Garnier, une nouveauté déjà démodée

Pas de pantoufle ni de marâtre pour La Cenerentola de Rossini, mais sous la mise en scène de Guillaume Gallienne et la direction musicale d’Ottavio Dantone, la citrouille ne se transforme pas non plus en carrosse. La distribution vocale fraîche et pétillante, dominée par un charismatique Roberto Tagliavini suscitant les applaudissements les plus nourris en fin de représentation, semble tout de même manquer d’envergure dans cette salle si prestigieuse qu’est ...
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Antonio Pappano et Yuja Wang, pour le pire et pour le meilleur

L’association explosive, le temps d’un concert lors d’une tournée européenne, du fougueux chef anglais Sir Antonio Pappano, à la tête de son orchestre romain, et de la phénoménale pianiste Yuja Wang, avait de quoi attirer les foules dans la Grande salle de la Philharmonie de Paris. Un concert rare et très attendu qui ne tint pas toutes ses promesses, oscillant entre outrance, flamboiement et théâtralité, pour le pire et le ...
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A la Scala, le retour virevoltant d’une Pie voleuse toute en grâce

Après 176 ans d’absence, la Scala de Milan retrouve son oiseau préféré, la Gazza Ladra de Rossini (la Pie Voleuse). Curieux, curieux en effet, qu’après un succès triomphal pour sa première en 1817, et des reprises sans relâche jusqu’en 1841, l’oiseau espiègle tombe aux oubliettes jusqu’à la veille de son bicentenaire. Et enfin la voici, intensément désirée par Alexander Pereira, le surintendant du théâtre milanais, et par Riccardo Chailly, son directeur ...
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À Munich, Guillaume Tell, ce tyran

Drôle de soirée à Munich pour ce Guillaume Tell partagé entre mise en scène peu convaincante et distribution de qualité, avec un point noir. Ce n'est pas forcément fait exprès, mais programmer le jour du second tour de l'élection présidentielle française un opéra aussi éminemment politique que Guillaume Tell montre de la part de l'Opéra de Bavière un sens de l'à-propos très enviable. Il serait cependant très mal venu d'appliquer au ...
Opera National de Lorraine, SEMIRAMIDE. Nancy, FRANCE -28/04/2017

Sur les planches mais sans théâtre, une Semiramide baroque à Nancy

La plupart étaient venus pour Franco Fagioli. En s’attaquant à l’intégralité du rôle d’Arsace, le contre-ténor vedette mettait la barre très haut. Le challenge n’est qu’incomplètement réussi, au sein d’une distribution de grande qualité et dans une mise en scène qui offre de belles images mais manque cruellement de vie et de dramatisme. Pour la metteuse en scène Nicola Raab, Semiramide est « un opéra qui se situe entre baroque et ...
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À Genève, Joyce DiDonato dans la joie du chant

En dépit d'un accompagnement orchestral laborieux, la mezzo-soprano américaine Joyce DiDonato, en grande professionnelle, s’impose dans un récital de très bonne tenue. Après les années de travail pour obtenir l'instrument avec lequel on arrive à tout raconter, à émouvoir un public, à s’émouvoir soi-même, comme ce doit être jouissif de pouvoir en profiter pleinement. C’est l’impression évidente que laisse la mezzo-soprano Joyce DiDonato dès qu'elle lance un saisissant Ai ceppi ed ...
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Programme tout Rossini avec Marie-Nicole Lemieux

Générosité, énergie, joie du chant. Telles sont les qualités que l’on retiendra du dernier concert de Marie-Nicole Lemieux. La grande contralto canadienne, qui va bientôt affronter à Strasbourg la redoutable Cassandre de Berlioz, fait décidément éclater toutes les coutures. Nous l’avions vue à Nancy, il y a quelques saisons, en Isabella de L’Italienne à Alger, rôle dont la tessiture plutôt basse convenait idéalement à son grave plantureux et à son ...
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Cecilia Bartoli et Cenerentola mises en espace par Claudia Blersch

Distribution homogène, orchestre au jeu léger et percutant, mise en espace juste et pertinente : toutes les clés du succès sont réunies pour un spectacle drôle, brillant et émouvant. Et quand Angelina a pour nom Cecilia Bartoli, l’ambiance est à la fête ! Le concept de l’opéra « mis en espace » semble se généraliser dans nos salles de concert. Si certains pourront toujours regretter l’absence de décors, qui donnent un ...
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Raretés italiennes par Riccardo Chailly avec le Filarmonica della Scala

Riccardo Chailly, maître de la Scala depuis deux ans, continue ses recherches de pièces oubliées ou composées dans leurs versions initiales par les grands maîtres du romantisme. Il avait déjà fait de telles prospections pour Decca avec son Gewandhausorchester de Leipzig dans Mendelssohn ou Schumann (avec les retouches de Mahler pour les symphonies de ce dernier), puis avec Puccini où l'on pouvait trouver pour la première fois au disque la fin ...
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Semiramide à Munich, musique sans théâtre

À défaut de théâtre, Munich offre au Rossini sérieux un orchestre somptueux et une distribution solide. Dans Semiramide, le personnage principal est au fond Azema, l'objet du désir des trois protagonistes masculins. Mais ni Rossini, ni son librettiste ne font d'elle autre chose que cela : un objet qui n'a guère le droit à la parole. David Alden a bien saisi ce paradoxe et l'illustre de façon frappante : on retrouve ...
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À Genève, John Neschling tout en musique

A la tête d’un excellent Orchestra Filarmonica della Fenice, la musicalité extrême du chef brésilien John Neschling fait briller Rossini, Wagner et Rachmaninov. Dès les premières notes de l’ouverture de l’opéra Semiramide de Giacchino Rossini, on se sent transporté dans la quintessence de la musique du maître de Pesaro. On se dit alors que cette musique est la musique des Italiens. Il y a dans ses accents des senteurs si typiques ...
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Finale Chant du 71e Concours de Genève

Chaque année le Concours de Genève attire beaucoup de monde pour assister aux épreuves finales. Et, comme dans chaque concours, les décisions des jurys soulèvent des interrogations sinon des réprobations. Avec le chant, cette nouvelle édition n’a pas fait exception. S’il est deux domaines où les mélomanes sont rarement en accords avec les décisions des jurys, ce sont ceux qui concernent le piano d’une part et le chant d’autre part. Cette ...
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Ermione au TCE : magistrale bascule des rôles

L'opéra Ermione de Rossini, créé en 1819 au Teatro San Carlo de Naples, n'est pas celui qui a connu le plus beau succès de postérité, mais il comporte d'admirables pages musicales qui font évoluer l'action à partir du canevas d'après Andromaque de Jean Racine. Devant répondre à des exigences techniques effroyables, chacun des chanteurs ce soir-là aura donné une image impressionnante de ce que Rossini pouvait écrire et quels chanteurs ...
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Vladimir Spivakov, de la musique avant toute chose

C’est dans une salle conquise que Vladimir Spivakov et son orchestre de chambre des Virtuoses de Moscou ont inauguré l’exposition Icônes de l’Art moderne. La collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton. Même si Vivaldi, Rossini et Boccherini composaient une programmation bien choisie mais sans véritable surprise, c'est l’interprétation de la musique de Chostakovitch qui suscite notre adhésion L’année franco-russe du tourisme culturel lancée en avril dernier a pour objectif ...
Il barbiere di Siviglia

Bob Dylan chante Rossini à Berlin

Moderne ? Non, clinquant. Le Barbier de Séville version boulevard hype à Berlin. Ceux qui étaient jeunes il y a cinquante ans l’auront reconnu à la première seconde : c’est le jeune Bob Dylan lui-même (Tansel Akzeybek) qui, accompagné à la guitare électrique, susurre avec tous les maniérismes du temps (le sien, pas le nôtre, ni celui de Rossini) la sérénade du comte Almaviva (et la vidéo ira bien sûr ensuite sur Youtube). ...
Podleś, Flórez, Peretyatko, trois stars à Pesaro

Podleś, Flórez, Peretyatko, trois stars à Pesaro

Cette année au Rossini Opera Festival de Pesaro, retour de la grande Ewa Podleś dans une reprise réussie de Ciro di Babylonia, et deux nouvelles mises en scène : Le Turc par Davide Livermore et La Donna par Damiano Michieletto. Un Ciro d’époque Versatile, irisée, sombre, luisante, monstrueusement divine et émouvante, la voix monte des tripes et semble venue de l’océan du temps, jade, miel et chocolat. Une voix de trois octaves qui va ...
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Petite messe solennelle au festival Classica

C'est un retour aux sources de redécouvrir La Petite messe solennelle dans sa simplicité, deux pianos et un accordéon (remplaçant l'harmonium) comme seuls instruments. Aux dires de Rossini, c'était le dernier péché mortel de sa vieillesse ! Ce testament musical apparaît comme le dernier regard jeté sur la croix  - ou un rire sarcastique - pour voiler le néant de la mort. Belle unité sonore amplifiée par l'acoustique du lieu. La ...
Délirante italienne de Laura Scozzi au Capitole de Toulouse

Délirante italienne de Laura Scozzi au Capitole de Toulouse

De son passé de chorégraphe, Laura Scozzi a gardé le désir de mettre en scène les corps, avec cette dose d'humour et d'énergie qui signe chacune de ses mises en scène. Sans doute trop provocante pour une partie du public favorable à une certaine "tradition", cette Italienne à Alger s'inscrit dans la droite ligne des Indes Galantes données dans ce même Théâtre du Capitole en 2012. En déplaçant l'intrigue dans un ...
Rossini

Karine Deshayes, une vie et une voix pour Rossini

Il est rare qu’on trouve une telle adéquation entre une voix et un répertoire. Karine Deshayes a tout pour chanter Rossini et ce disque, en attendant les intégrales que nous appelons de nos vœux, en est le plus précieux témoignage. On saluera tout d’abord l’intelligence et l’habileté du programme. En plus des grands tubes rossiniens enregistrés par la plupart de ses consœurs, Karine Deshayes propose un certain nombre de mélodies pour ...
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A Cologne Adriana Bastidas-Gamboa brille dans La Cenerentola

Annoncée en forme de concert, cette Cenerentola, savamment mise en espace, révèle la formidable Angelina d’Adriana Bastidas-Gamboa. Prévue pour novembre 2015, la réouverture de l’opéra de Cologne n’a pas pu se faire. Les travaux perdurent, et on parle désormais de fin 2017, voire 2018. La programmation, du coup, a dû être revue, plusieurs reprises ayant été remplacées par des opéras en concert. Pas de Billy Budd donc, ni d’Orfeo ed Euridice, ...
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Le Barbier de Séville entre Molière et Ionesco

L'Opéra de Nice fait venir d'Italie (production du Circuito Lirico Lombardo AS.LI.CO.) un Barbier de 2011 délocalisé dans l'Ohio des années 50, pour un étourdissant jeu de marionnettes mâtiné d'un soupçon d'absurde. On ne connaissait pas Federico Grazzini mais l'on jurerait que le metteur en scène italien connaissait la géniale mise en scène que Jean-luc Lagarce conçut pour La Cantatrice chauve du grand Eugène. C'est sur la même pelouse verte qu'il ...
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Le Turc à Dijon

Un zeste de tragédie, une pincée de sérieux, une once de pirouettes, et surtout une livre de fantaisie font du Turc en Italie une recette théâtrale réjouissante, comme ici dans cette reprise dijonnaise. Le chef d'orchestre Antonello Allemandi, spécialiste de la musique rossinienne, sait mener l'action assez conventionnelle de cet opéra avec un tempo giusto sans faiblesses. L'Orchestre de Dijon a commencé par nous faire une frayeur ! L'introduction lente a ...
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Armida de Rossini à l’opéra de Gand, entre passion et football

La très rare Armida de Rossini renaît à l'opéra de Gand, sous la baguette du vétéran Alberto Zedda. Une distribution très homogène domine une partition redoutable et fait oublier la minceur de la mise en scène de Mariame Clément. Composée pour la réouverture du San Carlo à Naples en 1817, Armida de Rossini puise dans le célèbre passage de la Jérusalem délivrée du Tasse, relatant les amours d'Armide et de Renaud. ...
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A Lausanne, Cenerentola entre rêve et comédie burlesque

Sous la direction d’Adriano Sinivia, l’un de ses metteurs en scène fétiches, l’Opéra de Lausanne ouvre brillamment sa nouvelle saison avec une éclatante Cenerentola dominée par la jeune mezzo italienne Serena Malfi dans le rôle-titre. On s’attache souvent à dire que Il Barbiere di Siviglia est le meilleur opéra de Rossini. S’il est certainement très populaire, La Cenerentola est sans contredit son plus grand chef d’œuvre musical. Quelle musique, quels magnifiques ...
Guillaume Tell

Guillaume Tell à Genève, l’adieu aux légendes

Le Grand-Théâtre de Genève ouvre sa saison d’opéra avec la grande fresque patriotique suisse, basée sur la légende de Guillaume Tell, imaginée par un écrivain allemand, versifiée par deux librettistes français, mise en musique par un compositeur italien et mise en scène par un scénariste anglais ! Adieu légendes ! Wagner écrivait les siennes et les faisaient chanter en allemand. Ici, Gioacchino Rossini s’empare d’une légende suisse allemande pour la créer, voici bientôt ...
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Ninetta, Lucia et Lisetta, trois héroïnes tragi-comiques à Pesaro

Trois "petits" opéras de Rossini présentés par le Festival de Pesaro. Porté par la poésie de cette première mise en scène du jeune Graham Vick pour le Rossini Opera Festival en 1994, l’ Inganno felice, (décor et costumes de Richard Hudson, lumières de Matthew Richardson) transcende les limites d’une histoire invraisemblable. Cette farce en un acte, opéra comique, drame joyeux, l’un des trois écrit par Rossini en 1812 et son ...
Ruben Amoretti (Don Basilio), Miguel Sola, (Dottore Bartolo), George Petean (Figaro), Yijle Shi (Conte Almaviva), Lana Kos (Rosina), Carine Séchaye (Berta)

À Avenches, un beau plateau pour le Barbier

Dans cette production avenchoise du Barbiere di Siviglia de Rossini, le plateau vocal rattrape une mise en scène sans caractère et sauve le tout d’une trop grande déception. Sur l’immense ouverture de scène des arènes, Emmanuelle Favre (décors) imagine un village de maisons de toile blanche qui, pivotant, permettent de voir l’intérieur stylisé de ces maisons. Placées sur des pilotis, l’accès à l’étage requiert nombre d’escaliers assez habilement mus pour ne ...
Guillaume Tell

Guillaume Tell à Pesaro, sensation surtout vocale

La mise en scène de Graham Vick en décevra plus d’un, mais l’interprétation vocale de haute volée rend pleinement justice à la réputation du Rossini Opera Festival de Pesaro. Lors du Rossini Opera Festival de 2013, la nouvelle mise en scène du Guillaume Tell de Rossini avait été moyennement appréciée. Peut-être avait-on exagérément souligné la dimension politique, voire communiste, de la lecture de Graham Vick, marquée effectivement par le rouge d’un ...