Mot-clef : Giuseppe Verdi

Tous dupés

Véronique Gens mène le jeu dans Falstaff à Nantes

Cette nouvelle production de Falstaff suscitait beaucoup d’attentes du fait de la présence de Véronique Gens, dans un répertoire qui n’est pas celui auquel on l’associe habituellement même si elle a déjà chanté le rôle à Baden-Baden, mais aussi du tandem de metteurs en scène auquel Angers Nantes Opéra doit quelques unes de ses plus évidentes réussites depuis 2004. Ces attentes n’ont pas été trahies et le public nantais a ...
Les mystères d’Aida

Les mystères d’Aida à Cologne

Il y a des mises en scène qui fascinent, d’autres qui agacent, d’autres encore qui ennuient. Et il y en a celles qui laissent perplexe. La nouvelle Aida de l’Opéra de Cologne fait partie de ces dernières. Dans les sombres décors de Kaspar Glarner, contrastés seulement par les costumes fantaisistes du couturier Christian Lacroix, Johannes Erath nous raconte une histoire en constante contradiction avec le texte chanté. Mais raconte-t-il vraiment ...
L’irrésistible enthousiasme

Thomas Hampson, l’irrésistible enthousiasme

Irrésistible enthousiasme, c’est le sentiment qui se dégage du récital offert par le baryton Thomas Hampson. Jacques Brel disait que « le talent c’est l’envie ». Ce récital en est la confirmation. Une irrésistible envie. Celle de chanter Verdi, Massenet ou Ambroise Thomas comme ce superbe musicien quand bien même nous ne sommes pas chanteurs. Même si parsemée de petits décalages, l’énergique Marche slave de Tchaïkovski sait trouver sa place et ...
La Truite rebutée, il trouva du Verdi !

La Truite rebutée, il trouva du Verdi !

De la musique de chambre entre Autrichiens ! C’est l’assurance d’un concert réussi, quitte à ne pas sortir d’un académisme strict. L’affiche est elle-même à moitié autrichienne, mais c’est l’autre moitié qui va faire le charme du concert. L’Ensemble Wien, composé de Rainer Honeck, Raimund Lissy (violon), Peter Götzel (alto) et Joseph Niederhammer (contrebasse), ose du Verdi revu par Toscanini en première partie. Un Quatuor à cordes signé par un auteur d’opéras ...
Verdi et Muti à Chicago

Requiem de Verdi et Muti à Chicago

Il s’agit avec ce double CD de la troisième version du Requiem de Giuseppe Verdi confiée aux micros par Riccardo Muti. Après la première version EMI à la tête de l’orchestre Philharmonia, après celle enregistrée en 1987 avec les forces de La Scala, parue chez EMI également, le maestro italien confirme ici sa vision éminemment théâtrale d’une œuvre dont il semble désormais maîtriser la moindre nuance, le moindre chuchotement. L’orchestre ...
Le baryton George Petean, heureusement...

Le baryton George Petean, heureusement…

Un Ballo in Maschera Y a-t-il une cohérence à transposer le livret du Ballo in Maschera à notre époque ? Ou plutôt à celle des Etats-Unis des années soixante ? Probablement pas plus que de l’imaginer sur la planète Mars ! Le metteur en scène Philippe Sireuil affirme avoir été impressionné par l’assassinat du sénateur Robert Kennedy au point d’en faire l’accroche du Ballo in Maschera de Verdi monté à Lausanne en co-production avec l’Opéra Royal ...
Bilan contrasté

Bilan contrasté pour Simon Boccanegra à Strasbourg

Crée sans grand retentissement à la Fenice de Venise le 12 mars 1857, six ans après Rigoletto, quatre ans après Le Trouvère et La Traviata, Simon Boccanegra est une œuvre à laquelle Giuseppe Verdi tenait beaucoup. Il y appliquait en effet les principes de sa rénovation de l’opéra, visant un flux musical continu, abandonnant la découpe trop marquée en airs et ensembles, creusant la psychologie des caractères ; c’est probablement ce ...
La fille de la gitane

Il Trovatore à Québec, la fille de la gitane

L’Opéra de Québec offre pour la première fois à ses nombreux mélomanes, Il Trovatore de Giuseppe Verdi, un ouvrage fascinant malgré une dramaturgie que d’aucuns jugent bancale ; un opéra qui se situe entre la vocalità à l’ancienne et un renouveau dramatique propre au chantre de Bussetto. Elle fait partie de ce que la tradition nomme désormais, la «Trilogie populaire», encadré en amont par Rigoletto et suivi de La Traviata. ...
Requiem sous le signe du théâtre

Requiem de Verdi, sous le signe du théâtre

Avant de le donner à deux reprises au Musikverein de Vienne, l’Orchestre National de France et son directeur musical Daniele Gatti proposaient le Requiem de Giuseppe Verdi au public parisien. L’œuvre est un hommage à Rossini, mort en 1868 (le Libera me date de cette époque) et à l’écrivain Alessandro Manzoni (1785-1873), deux figures qu’admirait particulièrement Verdi. Créé avec succès sous la direction du compositeur à l’église San Marco de ...
Luisa Miller à l’Opéra de Vienne

Luisa Miller à l’Opéra de Vienne

Luisa Miller n’a jamais été le mieux aimé des opéras de jeunesse de Verdi, en dépit de ses multiples beautés et des superbes rôles qu’il propose aux (rares) chanteurs capables de maîtriser l’hybridité stylistique d’une écriture encore très fortement marquée par la tradition donizettienne, mais qui regarde déjà vers les ouvrages de la maturité ; à cet égard, la scène au cours de laquelle Rodolfo fait boire le poison à Luisa ...
Macbeth au pays du pétrole !

Macbeth au pays du pétrole !

A priori, le concept semble fonctionner. L’action est transposée à notre époque dans un pays d’Amérique latine riche en ressources pétrolières. Macbeth, général de l’armée, instaure une nouvelle dictature après avoir assassiné le président Duncan. Stimulé par l’ambition et la soif de pouvoir de son épouse, il utilise sa junte militaire pour anéantir ses nombreux opposants. Malgré le nouveau régime de terreur qui sévit, le bien finit évidemment par triompher. ...
Don Carlo à Orange, cru 1984 !

Don Carlo à Orange, cru 1984 !

Sur le plan vocal, on pouvait difficilement faire mieux en ce milieu des années 1980, et chacun des solistes réunis pour ce beau soir de juillet 1984 sur le plateau du Théâtre antique d’Orange atteint des sommets d’émotion musicale. Giacomo Aragall, en cette époque qui précédait encore l’engouement planétaire pour les «Trois ténors», surclasse aisément, par l’élégance de ses phrasés et le charme latin de son ténor essentiellement lyrique mais ...
Gros, vulgaire  et triomphal !

Aida à San Francisco : Gros, vulgaire et triomphal !

Cette nouvelle co-production (Houston, ENO, San Francisco), nouvelle in loco, par ses excès, ses outrances, voire ses abus, surenchérit encore, comme si cela s’avérait encore possible, mille productions locales entrevues et joue le grand jeu du tout pour le tout. C’est gros, c’est vulgaire, c’est criard... et c’est gagné ! Grâce à l’»énhaurme» Zandra Rhodes, fofolle et géniale enfant terrible des modes londoniennes des annés 60 : certains de ses tissus rappellent ...
Un Rigoletto ni bossu, ni grotesque

Un Rigoletto ni bossu, ni grotesque à Montréal

L’Opéra de Montréal ouvre sa 31ième saison sur une très bonne note. Il est vrai qu’en misant sur l’un des chefs-d’œuvre de Verdi, la Maison minimisait les risques d’un échec. D’autant plus que cette production de facture classique, n’a rien pour déplaire au public. Les décors et les costumes chatoyants de Carl Toms, nous ramènent à l’époque du drame, l’illustrent magistralement. Les éclairages d’Anne-Catherine Simard-Deraspe cisèlent chaque tableau de ses ...
Une Lettonne en Espagne

Elīna Garanča, une Lettonne en Espagne

L’Espagne, c’est sa passion ! Dès son premier album, enregistré pour Deutsche Grammophon en 2006, Elīna Garanča se dédie régulièrement à la musique proprement espagnole ou inspirée par la culture ibérique. A Düsseldorf aussi, l’Espagne est à l’honneur. Annoncé comme un concert pour promouvoir son dernier CD (intitulé «Habanera»), le programme varie pourtant sensiblement. Certes, on retrouve certaines compositions espagnoles, on retrouve Carmen aussi, mais à côté, on découvre également des ...
Mécanique de l’enfermement

Don Carlo, mécanique de l’enfermement

La production de Don Carlo conçue en 2000 par Jürgen Rose est fréquemment présentée comme un morceau de choix au Festival d’opéra de Munich, à la fois parce que cet opéra donne à des distributions prestigieuses une bonne occasion de briller et parce que la spectaculaire réalisation scénique de Rose n’a pas perdu son pouvoir de fascination, d’autant qu’elle est ici remontée de façon assez vivante. Limité à une sorte ...
L’effroi et le néant

Requiem de Verdi par Valery Gergiev, l’effroi et le néant

Au lendemain d’un Viaggio a Reims décevant, le plat de résistance du Festival d’été 2010 de Baden-Baden pouvait bien être le Requiem de Giuseppe Verdi réunissant, sous la baguette de Valery Gergiev, les forces chorales et orchestrales du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Et, de fait, elles furent fidèles à leur réputation. L’orchestre, chantant à l’unisson cette partition qui lui convient bien mieux que celle de Rossini, fit valoir le velouté de ...
Attila le gentil

Attila le gentil à Saint-Pétersbourg

Festival Etoiles des nuits blanches Le XVIIIème festival «Etoiles des nuits blanches» au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg proposait trois nouvelles productions de Spartacus, du Château de Barbe Bleue et d’Attila le 13 juillet. L’opéra de Verdi était le seul à bénéficier de la baguette de Valery Gergiev, directeur musical du festival depuis sa création en 1993. Le nom du festival fait directement référence aux légendaires nuits blanches de Saint-Pétersbourg. Avec un ...
Les aléas de la météo

Les aléas de la météo pour Otello à Nancy

Non, vraiment, le métier de directeur d’opéra n’est pas de tout repos. Il faut savoir composer avec les conflits d’ego, les problèmes techniques, les caprices des stars du chant ou de la baguette… et les problèmes de santé. En raison du climat détestable de ce printemps finissant, l’Opéra national de Lorraine vient d’en faire les frais avec l’angine qui a terrassé, le matin même de la première, le ténor Philip ...
Macbeth de Verdi selon Warlikowski

Macbeth de Verdi selon Warlikowski

Pour clôturer une saison placée sous le signe de la tragédie, La Monnaie de Bruxelles offrait Macbeth de Verdi réglée par le bouillant Krzysztof Warlikowski. Chef d’œuvre de jeunesse, Macbeth ouvre d’innombrables potentialités dramaturgiques et stimule les metteurs en scène. On attendait donc du scénographe polonais une lecture décapante et violente. Les spectateurs n’ont pas été déçus et ont copieusement hué le metteur en scène : comportement rarissime à La Monnaie où ...
Péplum en décors réels

Nabucco à Massada, péplum en décors réels

Chaque année l’Opéra d’Israël, unique scène lyrique du pays basée à Tel Aviv, fait sa dernière production scénique de l’année au Parc Hayarkon, au nord de la ville (Carmen pour 2010). A partir de cette année une production supplémentaire est proposée dans un des grands lieux du pays. Pour cette première édition, la très symbolique forteresse de Massada, face à la Mer Morte, dernier bastion juif à résister à l’envahisseur ...
Falstaff ? So british !

Falstaff ? So british !

Filmé en 2009 au festival de Glyndebourne et diffusé alors sur Arte, ce Falstaff nous arrive maintenant en DVD. Alors que le flot des parutions de DVD semble se tarir quelque peu, les Anglais d’Opus Arte continuent pourtant à éditer, avec un rythme très soutenu, les productions de toutes les scènes majeures d’Europe. Falstaff est l’un des opéras les mieux représenté sur DVD avec près de dix parutions différentes ! Dès lors, ...
Comme Clark Gable…

Aida à Avignon, comme Clark Gable…

Comme Clark Gable qui affirmait devoir songer à un bon steak pour se forcer à embrasser sa partenaire Vivian Leigh dans le mythique Autant en emporte le vent, à quoi aurait dû penser le ténor coréen Jeong-Won Lee pour manifester plus d’empressement auprès de la magnifique Indra Thomas ? Sa prestation vocale fut aussi sans couleur, sans chaleur, plate et fade ; et la première aria Celesta Aida, victime d’une tradition tenace, ...
Meurtres en série au fond du puits

Macbeth à Strasbourg: meurtres en série au fond du puits

L’exploration du grand répertoire verdien se poursuit à l’Opéra du Rhin. Après Un Ballo in maschera en 2008 et la reprise de Falstaff en 2009, avant Simon Boccanegra annoncé pour la prochaine saison, voici Macbeth, chef d’œuvre de transition créé dès 1847, à l’époque d’Attila et de I Masnadieri, mais donné ici, comme à l’accoutumée, dans sa version de 1865 révisée pour le Théâtre Lyrique Impérial de Paris et traduite ...
Tradition, triste tradition…

Simon Boccanegra par Barenboim : Tradition, triste tradition…

Parfois, le risque est grand d’aller voir un spectacle dans sa “distribution B”… Surtout lorsqu’on lit dans toute la presse que le couple vedette – Plácido Domingo, dans le rôle titre, et Anja Harteros, dans celui d’Amelia – forme un duo d’anthologie. Mais peut-être ce succès planétaire (entre temps, le ténor a en effet chanté à nouveau Simon Boccanegra au Metropolitan Opera, dans une autre production) a-t-il été un aiguillon ...
Le retour de Matti Salminen

Le retour de Matti Salminen à Cologne

Don Carlo Ce fut un moment attendu. Matti Salminen, troupier à Cologne dans les années 1970, revint au bord du Rhin après 30 ans d’absence. Pour lui, on avait repris la froide mise en scène de Don Carlos de 2002, signée Torsten Fischer, qui avait transposé cet opéra de façon plutôt maladroite dans l’Espagne franquiste. On parle d’épée, mais on brandit des pistolets, les députés flamands rappellent les Juifs et Philippe ...
Une œuvre d’une noirceur implacable

Simon Boccanegra, noirceur implacable

Simon Boccanegra est une œuvre singulière dans la production de Giuseppe Verdi. Plombée d’une histoire compliquée à souhait et de l’invraisemblance d’un scénario aux ressorts dramatiques suspects, ces défauts inhérents à la pièce n’entachent nullement les qualités intrinsèques de l’œuvre. On pourra rétorquer que le répertoire abonde de ces intrigues mal ficelées. Il fallait du courage, voire beaucoup d’audace de la part de la direction de l’Opéra de Montréal pour ...
Moderne et passionnant

Macbeth moderne et passionnant à Cologne

Peu présent et souvent maltraité sous la direction antérieure, Verdi revient en force à l’Opéra de Cologne cette saison. Après une nouvelle Traviata en novembre et avant une reprise de Don Carlos à la fin du mois – à la distribution particulièrement alléchante -, c’est au tour de Macbeth. Présentée pour la première fois en 1998, la production de Robert Carsen n’a pas pris une ride. Situant l’histoire dans ...
Tout est dans l’austère

Don Carlo à la Bastille : tout est dans l’austère

Austérité, toute la scénographie de ce Don Carlo réside dans ce mot. Des décors réduits à une simplicité efficace, une mise en scène statique à en perdre toute dimension théâtrale – au moins l’œuvre est respectée. Seule entorse au livret original : Don Carlos s’évanouit (meurt ?) sur la pierre tombale de Charles Quint. Pour le reste Graham Vick propose plus des tableaux saisissants qu’une véritable direction d’acteurs, le tout justifié par ...
Programme hybride

Programme hybride

Après le succès de la symphonie n°1 de Mahler, Exton propose une nouvelle galette consacrée au tandem composé de l’orchestre symphonique de Pittsburgh et du chef Manfred Honeck. De prime abord, on est assez désarçonné par le choix du programme qui associe Verdi et Strauss à une création du compositeur Alan Fletcher. Bien caractérisée et bien mise en place, l’ouverture de La force du destin pulse avec énergie, mais la ...