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Christophe Rousset et le Mausolée de Couperin

Comédie des Champs-Elysées

C’est au prolifique et versatile fondateur des Talens Lyriques que revenait l’honneur de clôturer le très beau cycle de clavecin 2000-2001 initié par Jeanine Roze. Alors que la Cité de la Musique programmait, il y a peu, les vingt-sept Ordres de , proposait une soirée alternant certains d’entre eux avec des pièces de son oncle Louis.

Au sein d’une discographie déjà pléthorique, l’interprète a souvent servi le premier. Leçons de Ténèbres, Petits Motets, Livres de clavecin, entre autres, ont été accueillis avec chaleur. Faut-il tirer le François si composite des Ordres vers l’apparat (relatif) des monuments pour orgue que sont les Messes, par exemple, ou vers le registre très intérieur des Leçons ?

Attentif aux influences italiennes qui se font jour dans le Cinquième, Rousset choisit avec élégance et raffinement la première optique. Virtuose reconnu, plasticien de génie, architecte incontestable, il élève au plus notoire des créateurs de la lignée un mausolée splendide, aux multiples moirures, avec de merveilleuses attaques (Deuxième Ordre), un dosage parfait des rythmes…

Mais cela ne correspond qu’en partie à l’esprit introspectif et nostalgique – le règne du Roi Soleil s’achève, en 1713, par de sombres turbulences – qui doit parfois sourdre de ces pages. Sur un splendide instrument, il aborde de manière marmoréenne, quoiqu’avec une once de mélancolie, l’œuvre souvent dissonant et anxieux du précurseur Louis. La Suite reste austère ; la Pavane est bien moins bouleversante que ce qu’un Leonhardt offrait il y a peu chez ce même compositeur, et dans la même salle.

« La principale règle est de plaire et de toucher », écrit Racine, peu après la mort de Louis Couperin, dans sa préface de Bérénice. Sur le premier point au moins, et avec un seul bis, a réussi le sans-faute.