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Michael Tilson Thomas et la Symphonie n° 9 de Mahler

et le ont donné au Festspielhaus de Baden-Baden une Neuvième de Mahler proche de la perfection absolue sur le plan instrumental, à laquelle il ne manquait qu’un supplément d’âme pour entrer dans les annales.

Soyons justes : dans le dernier mouvement, le chef américain atteignait au sublime, prenant la juste mesure d’une œuvre dont les prémonitions morbides sont bien connues du public et voulues par Mahler. MTT déployait un chant élégiaque et torturé, aux frontières de l’atonal et qui, en réalité, n’annonce rien sauf la mort de son auteur ; Mahler fermait ainsi derrière lui la porte qu’il avait commencé d’entrouvrir.

Que dire des glissandos des violons du LSO sinon qu’ils laissent rêveur ? de l’absolue précision des trompettes sinon qu’elle n’a pas d’équivalent ? et des attaques des tuttistes sinon qu’elles nous hantent bien après le concert encore ?

Et pourtant, quelques-uns ne gardaient du concert que quelques souvenirs peu imprégnés d’émotion ! C’est que MTT traverse l’œuvre en chef américain et s’il ne privilégie pas forcément le spectaculaire comme le ferait un Levine, il ne cherche pas non plus cette autre dimension de la musique qu’un Haïtink trouverait !

Bien évidemment, la pure splendeur et la précision extrême du LSO constituent d’indéniables et extraordinaires atouts. Une sonorité d’ensemble hors du commun et l’absence de toute erreur de justesse dans une partition d’une difficulté extrême ne peuvent que convaincre, mais laissent espérer une vision plus approfondie de l’œuvre.

Tilson Thomas nous avait habitués à un travail axé sur l’originalité et l’engagement, il semblerait qu’il lui manque encore cette envergure supplémentaire qui fait la différence. Question de temps sans doute et de maturité.

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