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Le sacre des animaux

Figures animales

« Figures animales » a été le titre de cette nouvelle série de concerts gratuits produits par Radio-France, dont le sujet porte pour la présente exécution évidemment sur l’interaction entre musique et littérature. On y retrouve les maîtres de la fabulation, de La Fontaine à Renard et Ovide en passant par des poèmes d’Edmond Rostand, de sa femme Rosemonde Gérard et de Guillaume Apollinaire. Vu le thème on s’attendait à une atmosphère onirique, ironique, tendre et charmante. Pourtant le vrai moment magique (presque le seul) a été les trois minutes où la flûte seule nous a offert la danse de la chèvre d’. Dès les premières notes, Thomas Prévost nous plonge dans une atmosphère enchantée, pleine de charme et presque intime. Les sons nés dans le silence meurent dans le silence, avec un rythme capricieux et une grâce particulière qui nous évoque la liberté et la grâce même de l’animal. Un grand bravo à ce flûtiste qui nous enchante aussi en orchestre dans la deuxième fable de La Fontaine mise en musique par Maurice Delage : La cigale et la fourmi, une très jolie esquisse ironique du caractère de l’animal qui impose sa loi à la cigale dans un finale bien réussi, malgré un Nicolas Rivencq peu convaincant qui s’efforce (sans grands résultats) de créer l’atmosphère fabuleuse du monde animal mais qui finit par caractériser de la même façons tous les animaux, avec des aigus périlleux.

Le Concertino de Janacek, qui a été conçu avec le titre Le Printemps, laisse la part principale au piano qui engage dans chaque mouvement un dialogue avec les différents instruments. Le cor répond en écho à la question sur 10 notes du piano. Le thème est en suite varié dans une harmonie tendre et relaxante pour revenir à la dynamique du début et conclure de la même façon. Le più mosso du second mouvement est dédié par contre à la petite clarinette en mi bémol qui se produit dans une danse vivante et bien jouée. Ainsi dans les deux derniers mouvements tous les instruments jouent ensemble jusqu’à l’allegro final, imitation stylisée de danse folklorique. Les deux extraits des Six métamorphoses d’après Ovide de Britten pour hautbois seul sont correctement exécutées par mais un peu trop dure sur l’attaque du son : on ne sent pas trop la transformation qui devrait souligner et suggérer les métamorphoses des deux personnages ovidiens, Pan et Aréthuse.

Final réservée au piano et à la voix sur les Histoires Naturelles de Maurice Ravel, qui, une fois de plus, nous permettent d’apprécier le jeu merveilleux et tout en finesse d’ (quelle merveille que ses arpèges dans le Cygne). Dommage que Nicolas Rivencq n’en soit pas à la hauteur.

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