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Feu d’artifice à la Fête des belles voix à Cologne

Tous les ans au printemps, l’association des «Amis de l’opéra de Cologne» organise un concert de gala intitulé «Fest der schönen Stimmen» («Fête des belles voix»). Pour cette occasion, elle invite une star internationale qui se produit aux côtés de jeunes talents de la troupe de l’opéra de Cologne. Cette fois, c’était le tour de qui avait choisi de chanter des extraits de Linda di Chamounix, de Lakmé et du très rare Robinson Crusoé de Jacques Offenbach.

Vocalement, la soprano coréenne s’est présentée en grande forme : timbre cristallin, registres homogènes, vocalises impeccables, piani sublimes, aigus et suraigus faciles. En ce qui concerne l’interprétation des pièces choisies, on a été un peu déçu du Donizetti. Le fameux «O luce di quest’anima» nous paraissait un rien mécanique, et la grande scène de la folie de l’acte de II de Linda di Chamounix manquait carrément de puissance et de panache. En revanche, s’est montrée plus à l’aise chez Offenbach et surtout dans Lakmé. Pour ce rôle, elle possède en effet toutes les qualités requises : la virtuosité, bien sûr, mais aussi la couleur virginale du timbre, l’art des nuances et une prononciation très honorable du texte français. Le duo «Viens, Mallika» et le célèbre Air des Clochettes ont été salués par des ovations bien méritées.

Chanter aux côtés d’une telle star ne doit pas être facile pour de jeunes musiciens. Et pourtant, les membres de la troupe de Cologne n’ont nullement démérités. Si le ténor sud-africain doit encore peaufiner son aigu et si la mezzo allemande Viola Zimmermann devrait retravailler le passage au registre grave, tous deux présentent des moyens considérables. On a été encore plus séduit par la voix de baryton puissante et homogène de (l’association lui décerné le prix Offenbach, récompensant ainsi son évolution vocale et scénique), par le timbre rond et chaud de la mezzo , par le ténor très jeune, mais très prometteur Adrian Strooper ainsi que par la soprano pétillante .

La direction musicale du concert avait été confiée au chef italien qui travaille beaucoup dans les maisons d’opéra du Sud de la France. S’il a été difficile de regarder sa gestuelle exagérée et maniérée, le résultat musical a été tout à fait convaincant : du brio pour Donizetti, des couleurs plus élégiaques pour Delibes et de la verve pour Offenbach.

A la fin, le public a ovationné tous les musiciens – sans pour autant obtenir un seul bis.

Crédit photographique : © DR