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George Rochberg

On peut remercier le label Naxos. En explorant des territoires quasiment vierges d’écoute musicale, il met à la disposition de tout un chacun des partitions souvent destinées à sombrer dans l’oubli et l’indifférence. Dans le cas de l’Américain , décédé en mai dernier à l’âge de 88 ans, Naxos, à peu de frais pour l’acquéreur, propose une très intéressante Symphonie n°2 chargée de modernité pour l’époque de son élaboration, c’est à dire 1955-1956. Il y affiche sa profonde fascination pour l’esthétique de Schœnberg et de Webern, et, si la technique des douze notes différentes mène le bal, on peut assurer que la valeur intrinsèque de l’œuvre ne s’en trouve absolument pas amoindrie. Les cinq mouvements de cette Symphonie n°2, variés, vifs (Declamando et Quasi tempo Primo) ou apaisés (Adagio), et débarrassés de toute passion sentimentaliste mais au signifié intelligent et organisé, répondent très justement à la définition qu’a donné de sa partition Rochberg lui-même, la considérant comme porteuse d’un « romantisme exigeant ».

Ainsi encore, cette composition pour orchestre, Imago Mundi, de 1973, largement inspirée par un séjour au Japon, s’apparente-t-elle à une sorte de « rituel » d’un rendu extraordinaire résultant d’une orchestration non conventionnelle et d’une atmosphère extra-occidentale n’ayant rien cependant d’un cliché touristique. Pour servir ces conceptions bien peu académiques (pour l’époque) l’Orchestre symphonique de la Radio de Sarrebruck se lance dans l’aventure et ne laisse pas d’étonner par sa précision, son homogénéité, ses timbres et plus globalement son immersion bienveillante en faveur d’une musique parfois exigeante.

La participation du chef d’orchestre (de plus auteur du texte de présentation), antérieurement remarqué pour ses nombreuses interprétations d’œuvres contemporaines et aussi par des musiques de son cru, nous parait incontournable et en tout point fort louable.

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