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Hommage à Lucia Popp

Décédée en 1993 à 54 ans, la soprano slovaque fut l’une des interprètes les plus marquantes de l’après seconde guerre mondiale. Epouse du chef d’orchestre Georg Fischer, sa carrière l’emmena sur les plus grandes scènes du monde où ses interprétations des rôles de Mozart et de sont entrées dans la légende. De son important legs discographique, on peut retenir sa participation aux enregistrements de La Clemenza di Tito de Mozart sous les direction d’ (Decca) puis de (Teldec), au Rosenkavalier sous la direction de (Sony) ; tandis que sa version des Quatre derniers lieder de (sous la direction de (Sony) compte parmi les plus belles choses de l’histoire du disque. Ce présent coffret de quatre disques compacts reprend des faces BASF d’une assez grande rareté, furtivement rééditées par le label Arts.

Aidée par un timbre rond et chaleureux, marque l’esprit par sa remarquable intelligence du texte et par une sensibilité musicale à fleur de peau. La sélection de lieder de Brahms apparaît comme le sommet de ce boîtier. Chaque note, chaque inflexion du texte est génératrice d’émotions. La chanteuse est accompagnée par le grand qui sait s’immiscer comme personne dans ce genre si particulier qu’est le lied. On peut en dire autant des lieder de Mahler magnifiquement servis par la voix fraîche et spontanée de la soprano. Le second disque de lieder dévoué à des pièces assez peu jouées de Dvořák, Prokofiev et Janáček est tout aussi intéressant, même s’il est plus difficile de rentrer dans ces pièces magnifiques de concentration.

Les deux disques d’airs d’opéras sont tout aussi prenants. Regrettons cependant la fonctionnalité des accompagnements orchestraux et le style sévèrement daté de l’interprétation instrumentale des airs baroques. Même dans des airs d’opéras français, domaine bien éloigné des principaux rôles de la chanteuse, comme « Allons ! Il le faut » extrait de Manon de Massenet ou « Depuis le jour » de Louise de Charpentier, l’oreille reste fascinée par la classe inimitable de l’artiste. Après avoir savouré différents airs d’œuvres peu connues comme Orphée de et Der Widerspenstigen Zähmung de Gœtz, l’auditeur pourra se pâmer devant une incroyable Ode à la lune extraite de la non moins remarquable Rusalka de Dvořák. Vendu à un tarif ultra économique, ce coffret se doit d’être sur les étagères des amateurs de chant.

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