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Anniversaire des 90 printemps d’Henri Dutilleux

Pour fêter ses quatre-vingt-dix printemps, était l’hôte d’honneur de la Maison de Radio-France ce dimanche 22 janvier, jour anniversaire du compositeur, à qui l’on avait donné carte blanche pour élaborer le programme de la soirée. Sur scène, au côté de Jean-Pierre Derrien qui assurait le relais avec France Musique – puisque le concert était retransmis en direct sur les ondes de la radio – se prêta de bonne grâce au jeu des questions du présentateur, évoquant au fil du concert ses amitiés et ses souvenirs avec l’humilité qui le caractérise.

C’est l’orchestre du conservatoire national supérieur de musique dirigé par qui débutait la fête avec Deux sonnets de Jean Cassou extraits des « 33 sonnets composés au secret » par le poète alors prisonnier de guerre : deux pièces très contrastées chantées par Neal Davies et enchâssées dans un riche écrin orchestral. dirigeait ensuite Métaboles, une œuvre que Dutilleux situe au tournant de sa recherche symphonique. Commande de l’orchestre de Cleveland et de son chef George Szell, elle témoigne de l’attachement inconditionnel de l’Amérique au compositeur français qu’elle ne cessera de combler des honneurs les plus prestigieux. On aurait souhaité une interprétation plus flamboyante pour cette œuvre emblématique que les jeunes interprètes eurent un peu de mal à maîtriser.

Sans réelle coupure allaient alors s’enchaîner une dizaine de pièces de musique de chambre jouées en grande majorité par les solistes « du National et du Philar » pour emprunter le jargon de la Maison. Retenons parmi ce choix éclectique, Les figures de résonances d’ pour deux pianos d’où et Franz Michel firent jaillir l’aura de mystère qui nimbe la partition. Peu jouées, Les citations pour clavecin, hautbois, percussion et contrebasse marient avec bonheur la diversité des timbres surtout lorsque Mathieu Dupouy assume sous ses doigts la conduite du discours. Le plus beau cadeau fait aux auditeurs et à Henri Dutilleux fut sans conteste le Quatuor VI de – joués par les solistes de l’orchestre National de France – une œuvre en un seul mouvement d’une intense poésie sonore qui fait écho à l’admirable quatuor avec voix de la compositrice. Retenue aux USA, avait délicieusement prolongé de quelques mesures sa partition en une sorte de variation sur un thème de circonstance…On passera volontiers sous silence les interprétations douteuses des pièces de , et qui ne furent certainement pas à la hauteur de notre attente mais le quatuor Castagneri, au terme de ce (trop) long marathon pour un public qui était dans la salle depuis dix-huit heures, sut recentrer l’écoute de l’auditoire avec son interprétation soignée et sensible du quatuor à cordes Ainsi la Nuit qui reste, à ce jour, un des chefs d’œuvre de son auteur.

Crédit photographique : © Ersnt von Siemens

 

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