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Mozart en Borinage

L’ORCW et la Chapelle Musicale en concert

Organisé par le Lion’s Club Mons-Haut Pays avec la collaboration de la commune de Colfontaine, représentée par son bourgmestre Monsieur Patrick Piérard, ce concert se déroulait dans la très belle salle culturelle, ancienne salle de la Maison du Peuple de Pâturages. L’acoustique est très équilibrée, l’architecture, avec ses beaux balcons, très intéressante, mais il est dommage que l’estrade soit placée si haut et si loin du parterre, isolant exagérément les musiciens du public. Le programme est consacré à Mozart, et permet avec la Symphonie concertante et le Concerto pour piano n°9 d’entendre deux des œuvres orchestrales les plus inspirées de sa période salzbourgeoise, chacune contenant un mouvement lent extrêmement touchant.

Pour commencer, la Symphonie concertante pour violon et alto, que l’ORCW a déjà jouée plusieurs fois cette saison. Cette familiarité est très perceptible, tant dans le jeu très sûr de l’orchestre, que dans l’entente manifeste entre et . Les deux artistes proposent une vision assez musclée et contrastée de l’œuvre, loin de toute galanterie, avec un Andante douloureusement expressif, presque aride. Le violon d’ est lumineux et impérieux, alors que est une altiste passionnée, à la sonorité très sombre et au jeu farouche, qui toise le grand violoniste sans faiblir, et arrive à faire parler sa forte personnalité.

Pour les deux concertos qui suivent, Augustin Dumay range son violon et dirige son orchestre en accompagnement de deux élèves de la Chapelle musicale Reine Elisabeth. Leonid Smorguner ne semble pas tout à fait prêt, stylistiquement et techniquement, à aborder le Concerto pour violon n°3 de Mozart. Son jeu est inutilement nerveux, sa sonorité est vinaigrée, et ses phrasés sont souvent scabreux et alambiqués. Inutile de s’attarder sur cette prestation décevante, le trac peut-être. Le musicien n’a que vingt deux ans, et encore largement le temps de faire mieux.

Le Concerto Jeunehomme est nettement plus captivant. , musicienne plus expérimentée et plus mature que son collègue, joue ce concerto avec beaucoup de grâce et de poésie. La pianiste a un jeu imaginatif et travaillé, qui ose les suspensions, les demi-teintes et le rubato. Le discours peut sembler un peu coquet dans le premier mouvement, mais le résultat est éloquent et expressif, et donne une impression spontanée et sincère, avec un Andantino sensible et frémissant, très réussi, et un Rondo final véloce et agile, quoique certains traits soient parfois un peu précipités.

Le petit effectif de l’ permet une lecture délicate et chambriste du programme, toute en transparence et en finesse, avec des bois très présents. Dommage cependant que les cordes, très disciplinées, aient eu une sonorité un peu aigre. Un concert de bon niveau, dont les organisateurs doivent être félicités, et encouragés à continuer dans cette voie.

Crédit photographique : © 2006