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Schubert, Beethoven, Mozart

Festival de l’Orangerie de Sceaux 2006

En ce 14 juillet 2006, les frères Capuçon et ont ouvert les festivités de ce trente septième Festival de l’Orangerie de Sceaux. Un Festival qui s’affirme chaque année comme un des hauts lieux de la musique de chambre dans l’hexagone grâce à la programmation exigeante de sa directrice Jacqueline Lœwenguth, au talent des artistes qui s’y produisent et aux jeunes musiciens toujours accueillis et soutenus avec respect et attention.

C’est aussi grâce à l’enthousiasme, à la générosité et au dynamisme de l’équipe du festival que cette manifestation sans chichis ni mondanités inutiles tient toute sa place dans le grand concert des festivals de l’été. Courez à ce festival rare, où la musique de chambre est portée à des sommets de beauté et de perfection. Malgré l’exode estival de ce long week-end de 14 juillet, la ravissante salle de l’Orangerie était comble d’un public conquis par la qualité de ce concert qui s’est ouvert avec le Trio à cordes n°1 en si bémol majeur de Schubert composé à l’âge de dix neuf ans. Einstein a écrit à propos de ce trio inachevé, ne comportant qu’un mouvement Allegro en forme de sonate : « Une œuvre très gracieuse, un peu mozartienne, coulante et harmonieuse ».

Ces trois grands musiciens que sont au violon, à alto et au violoncelle en ont donné une interprétation pleine de charme, d’élégance, d’équilibre et de spontanéité, faisant chanter en beauté leurs instruments.

Ecrit probablement aux alentours de 1797-1798, le Trio à cordes n°5 en ut mineur op. 9 n°3 de Beethoven ne fut pas du goût des partisans de Haydn. Gérard Caussé, Gautier et ont su restituer la profondeur de l’atmosphère dramatique et pessimiste du premier mouvement Allegro con spirito avant la sérénité apaisante de l’Adagio con espressione et la puissance expressive du Presto final. On est touché par leur sens des couleurs et leurs sonorités lumineuses. Les trois musiciens sont remarquables de complicité, de cohésion, d’entente et d’engagement. Il est vrai qu’ils se connaissent bien et jouent régulièrement ensemble.

Le Divertimento pour cordes en mi bémol majeur fut écrit en 1788 par un Mozart criblé de dettes et déprimé par la mort de sa fille Thérèse le 29 juin de la même année. Le maître de Salzbourg livre une œuvre où il laisse parler ses sentiments et son cœur, une œuvre proche de ses pièces maçonniques sur le ton de mi bémol majeur. Il écrit un dialogue éblouissant de noblesse entre les trois instruments, notamment dans le premier mouvement Allegro. Dialogue remarquablement restitué par les trois interprètes complices dont les instruments sonnent à merveille. On se laisse porter par leur interprétation de l’Adagio, grave et pathétique. Un moment sublime de grâce et de profondeur avant de faire chanter un Andante lumineux de pureté et d’équilibre et d’achever ce chef-d’œuvre sur une note d’espoir.

Crédit photographique des artistes : © André Delacroix