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Festival Berlioz 2006 Vol IV : excellence et connivence

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La Frette. Eglise. 27-VIII-2006. Robert Schumann (1810-1856) : trois romances. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Le printemps. Karl Maria von Weber (1786-1826) : Sonate. Hector Berlioz (1803-1869) : Mélodies. César Franck (1822-1890) : Sonate. Caroline Sageman : piano ; Jean Ferrandis : flûte.

Il est des instants que les mots ne peuvent rendre. Il est des profondeurs que la parole ne sait dire. Il est des intensités que la verve la plus habile ne parvient pas à dévoiler. Le concert de clôture du festival Berlioz 2006 est de ces moments que seuls ceux qui l’ont vécu peuvent partager. L’intense respect et l’immense amitié qui lient la si délicate et le non moins attentionné , ont littéralement transcendé notre dernière soirée, livrant au public cet ultime accord des notes et des cœurs comme un trait d’union entre la magie d’un festival devenu souvenir et l’espérance d’un autre en devenir.

L’excellence était bien sûr au rendez-vous. Pouvait-il en être autrement avec de tels interprètes ? Il suffisait de regarder les doigts de parcourir son clavier pour être soi-même transporté par la douceur qui se dégageait du doux contact qui unit celle qui fut une jeune prodige à son instrument. Douceur portée par , parfois un peu dominant dans Schumann, mais sachant faire une réelle place à la pianiste dans Beethoven. Bien sûr chacun est un virtuose, mais au-delà de cela, … ils jouent ensemble. Non pas côte à côte, mais ensemble. Ils vivent le morceau de la même façon, ils l’interprètent à l’unisson l’un de l’autre. Il n’est qu’à les regarder s’attendre, s’éprendre l’un de l’autre par le truchement de l’instrument et de la partition pour s’en convaincre. Même les yeux fermés, on les entend encore respirer ensemble, s’animer, s’enthousiasmer ensemble. De leurs deux excellences ils n’en font plus qu’une au service de la musique.

C’est alors que l’on redécouvre le printemps de Beethoven. Les notes naissent et s’animent sous leurs doigts, les crescendo et les respirations donnent à l’œuvre toute l’âme qu’il fallait au printemps pour renaître. Ce jeu si subtil que Beethoven sait imposer à la partition pour unir la finesse de l’harmonie à la souplesse de la mélodie, transpire à chaque note. A eux deux, ils donnent vie au génie de Beethoven, transformant les habituels appels du violon en chant d’oiseaux auxquels la flûte prête sa voix. Et tandis qu’ils virevoltent au-dessus du piano, celui-ci se fait l’écho des animaux de la terre bondissant sous les ailes de la flûte.

A quelques exceptions près que nous mettrons sur le compte de l’essoufflement, toutes les difficultés sont surmontées, les réponses parfaitement en place, nous élevant petit à petit sous les voûtes de cette petite église de La Frette, sans qu’aucun désagrément ne vienne entraver cette apesanteur de grâce. Véritable résumé du thème de ce Festival, cette soirée a balayé le champ du romantisme allemand dans une progression chronologique conduisant insensiblement de Beethoven à César Franck en passant par Schumann et Weber, sans oublier Berlioz pour nous faire découvrir un visage finalement peu connu du compositeur dauphinois.

Crédit photographique : © Frédérique Le Calvez

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La Frette. Eglise. 27-VIII-2006. Robert Schumann (1810-1856) : trois romances. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Le printemps. Karl Maria von Weber (1786-1826) : Sonate. Hector Berlioz (1803-1869) : Mélodies. César Franck (1822-1890) : Sonate. Caroline Sageman : piano ; Jean Ferrandis : flûte.

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