- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Le cœur de Lucilla Galeazzi, D’amore e acciaio

Souvent choisie dans les génériques des émissions radiophoniques, elle se présentait avec l’Ensemble Arpeggiata qui la sollicite depuis la sortie du disque que nous avons tous adoré, en mai dernier, pour la soirée de France Télécom, Mécène de la Musique Vocale 2006, au concert donné à la Salle Gaveau. Toute la salle ainsi que la journaliste de France Musique étaient sous le charme dès son entrée sur scène pour notre plus grand bonheur aux cotés, entre autres, d’un Philippe Jaroussky qui nous a proposé un arrangement ultra jazzi d’un air de Monteverdi.

Dans ce dernier disque, Lucilla Galeazzi nous emmène dans l’Italie de son cœur avec des compositions personnelles et des reprises d’un répertoire qui l’a toujours habité. Nous passons, tour à tour, aux rythmes de la Tarentella en passant par le chant a capella de ses racines, jusqu’à ceux d’une valse chaloupée mais sans oublier un mambo d’enfer !

E tempo dell’amore ouvre le bal, il faut savoir que cette cantatrice, au chemin atypique, n’hésite pas à prendre la plume pour s’exprimer (et comment !) et offre ce qui lui est proche quand elle livre une chanson forte et poignante avec le Il 12 dicembre a mattina, texte grave qui nous replonge dans les horreurs du terrorisme d’où qu’il vienne. (Date symbolique, elle est celle du Congrès Mondial de Vienne pour la Paix en 1952 que celle de l’assassinat de Gébrane Tuéni, journaliste et député libanais opposé à la Syrie. NDLR).

Utilisant les techniques qu’elle connaît parfaitement, nous donne aussi ses versions du chant traditionnel italien aux côtés de Sara Marchesi dans Gesu mio son preparato. Il ne faut pas oublier qu’un certain Georges Brassens avec une mama italiana s’est inspiré de cet art de la cancione pour nous offrir ses plus belles partitions. Alors goûtons aussi Cosa piangi mia cara gemma ou Ho fatto quatto nodi al fazzoletto.

est une artiste qui façonne la musique comme un sculpteur qui rentre dans la terre ou la pierre et sait s’attacher de musiciens de grande qualité qui comprennent son engagement et son bonheur de vivre. Comme Antonio Ramous, au violoncelle, qui lui donne dans Gente di cerivoglio e di pineto une réponse digne d’un Pierre Nicolas qui, on le sait, aura surtout été l’accompagnateur de Brassens.

Il y a des voix qui pénètrent et qui envoûtent dès la première écoute. Celle de Lucilla Galeazzi ne pourra plus jamais vous laisser indifférent. Pour trouver ce disque qui n’est pas distribué sur les sites habituels, vous aurez la possibilité de mieux connaître Lucilla Galeazzi et découvrir les prochaines dates de ses concerts en Europe en visitant ZonediMusica. com ainsi que le site de cette artiste.

Ce disque vient de recevoir la distinction du meilleur album de la chanson de la « Targa Tenco » 2006.

(Visited 202 times, 1 visits today)