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Les limites de la technique

Fait-on plus témoin d’une époque que les Symphony anthems de  ? Il est difficile pour l’auditeur néophyte d’apprécier, au sens intellectuel du terme, ces œuvres religieuses d’un genre particulier. Si elles peuvent être agréables à entendre, ou qualitativement irréprochables, ce n’est pas ce qui en donne l’intelligence et la saveur. En bonnes musiques de l’Eglise protestante, elles visent d’abord à donner un sens au texte qu’elles supportent. La charge émotive du texte s’exprime dans des passions que les compositeurs tentent de rendre par la monodie appuyée sur un basso continuo, par une certaine architecture musicale symbolique qui donne à l’œuvre toute sa saveur et sa profondeur spirituelle, mais aussi par la mise en situation scénique et géographique des différents chœurs et des instruments, accessoires de doublures pour la mise en valeur des voix. Les anthems de ont été pensés et conçus pour des instruments précis de la cour devant se produire dans un lieu précis, qui dicta certaines compositions et donc l’équilibrage de l’œuvre. C’est cet ensemble de données que et ont tenté de reproduire dans cet enregistrement. Il est regrettable que la prise de son ne rende pas cette reconstitution pourtant indispensable de l’interprétation. Il est probable que la qualité d’un concert eut été de meilleure qualité que cet enregistrement finalement assez quelconque et décevant. Une fois encore, il s’agit plus d’une naturelle déficience de l’enregistrement que d’un défaut réellement musical ou technique. Notons, en tout cas, que les voix s’épousent mal, ce qui est d’autant plus dommage qu’elles sont indépendamment l’une de l’autre de bonne qualité, quoiqu’un peu lourdes dans l’interprétation des tutti ou du basso continuo. La lourdeur du chœur et le caractère très pesant que peut revêtir parfois la partie proprement instrumentale conduit à des manques de précisions dans les diverses entrées. Au final, il semble manquer beaucoup d’équilibre et de légèreté pour ce qui est pourtant un des enjeux du style anthem de la restauration telle que l’avait impulsé le roi Charles Ier. Alors qu’elle devait avoir un rendu très impressionnant dans la cathédrale de Westminster ou de Winchester, afin d’entraîner l’auditeur dans les passions mêmes de l’âme du psalmiste, l’enregistrement se révèle vite ennuyeux et certainement loin de l’effet voulu par et . C’est en tout cas ce que la notice très argumentée et bien construite de ce dernier nous invite à penser.

Ce disque est distribué par le distributeur belge Lavial. Pour toute information, contacter info@lavial. be

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