ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

La musique du film coup de poing d’Al Gore « une vérité qui dérange »

Après les pamphlets de Michael Moore, les fictions accusatrices d’Oliver Stone, voici qu’un homme politique américain décide à son tour de prendre la caméra afin de poursuivre le combat qu’il mène inlassablement contre l’effet de serre.

Ce film apolitique mais néanmoins accusateur (sortie en France le 11 octobre) réduit à néant toutes les critiques qui jusque là s’offusquaient de la léthargie dont faisaient preuve les dirigeants américains sur ce sujet. Vice-président des Etats-Unis sous Bill Clinton entre 1993 et 2001, auteur du best-seller mondial Earth in the Balance : Ecology and the Human Spirit, paradoxalement membre des conseils d’administration d’Apple et de Google, Al Gore a toujours été très actif sur les questions environnementales. Ce film, réalisé par Davis Guggenheim, matérialise son combat contre le réchauffement de la planète en présentant aux spectateurs une argumentation scientifique solide, confrontée aux récents bouleversements climatiques (Katrina par exemple), et qui d’une certaine manière juge avec une grande sévérité les familiarités dangereuses que les gouvernements américains entretiennent avec le lobby pétrolier.

La musique que signe le guitariste Michael Brook (qui a travaillé notamment avec U2) est tout aussi inquiétante que ce que dénonce le film. Une composition qui n’a rien d’orchestrale : écrite pour piano, guitare basse, guitare électrique, guitare acoustique et une batterie de synthétiseurs, cette partition atmosphérique lorgne davantage du côté de (Music For Airports – ( et Michael Brook sont tous les deux les initiateurs de l’» ambient music ») et des compositions intimistes et hallucinées du groupe canadien de rock progressif A Silver Mt Zion.

Empruntant volontiers aux idéaux de la « muzzak » et, dans une moindre mesure, de la musique concrète, cette mélodie lancinante et envoûtante, extrêmement réverbérée, accompagne gravement et subtilement les propos du film, sans jamais tomber dans la musique synthétique facile qu’on entend d’habitude dans les documentaires (souvenez-vous de ces compositions interminables au synthétiseur Bontempi, qui plus est de mauvais goût, qu’on entendait dans les films sur la reproduction humaine diffusés en cours de biologie au lycée…).

L’écoute du CD, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’a rien d’ennuyeuse (la durée du disque est relativement courte). Il suffit de fermer les yeux, de s’allonger, de ne penser à rien d’autre et d’oublier que cette musique accompagne des images poignantes… L’expérience peut s’avérer bouleversante…