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Never Mind de Daniel Larrieu : franc et direct

a délaissé les joliesses de ses précédentes créations Cenizas ou N’oublie pas ce que tu devines pour une danse efficace et directe, incarnée par des interprètes d’expérience. Avec ces corps de 30 ou 40 ans, il retrouve le plaisir du jeu sans excès d’innocence, comme si la liberté retrouvée d’une compagnie indépendante (il dirigeait le centre chorégraphique de Tours jusqu’en 2002) l’avait débarrassé du désir de paraître.

Franche et nette, sans fioritures, sa danse se frotte avec simplicité au Stabat Mater de Pergolèse, dans la version des Talens Lyriques enregistrée par Christophe Rousset. Petite particularité, la chorégraphie a été élaborée en silence dans un studio, et ne s’est confrontée à la musique que sur le plateau. Au mi-temps du spectacle, s’offre une parenthèse rock, jubilatoire et foutraque, où l’énergie de ces électrons libres peut enfin exploser. Même si elle n’a jamais vraiment manqué de sérénité, la danse très maîtrisée de acquiert une maturité tranquille qui se permet le jeu.

Des frappes de main qui déclenchent la lumière, des martèlements de pieds qui résonnent comme dans une salle de sport, des tentatives d’évitement ou de rapprochement qui font furieusement penser aux jeux d’une cour de récréation. Vingt-quatre ans après ses débuts audacieux au Concours chorégraphique de Bagnolet, la danse de Daniel Larrieu sait toujours être ludique et malicieuse.

Crédit photographique : © Raphaël Pierre