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Le Jazz et la Diva, l’improbable mariage

A l’origine de ce spectacle, fêtant ses trente ans…de carrière, et ses douze ans de mariage avec la chanteuse – la fille de son père Jean-Claude. Charmant et amusant prétexte pour opposer – ou réunir – jazz et opéra, amour de l’autre et amour de la musique.

C’est ainsi qu’entre des saynètes pleines d’humour, le récit de leur première rencontre, une scène de ménage, une crise de jalousie, une réconciliation…toutes les manières possibles d’aborder la musique sont évoquées. Saviez-vous qu’il existe au moins trois façons envisageables de chanter Colchiques dans les prés ? On sent le sujet abordé mille fois entre eux de la liberté du jazz face aux contraintes du classique, de l’improvisation face à la tradition, de la musique vivante face à celle qui date de plusieurs centaines d’années, mais tout cela aboutit à la même conclusion : toutes les musiques sont bonnes à jouer, bonne à écouter, les cloisonnements sont arbitraires aussi bien pour les musiciens que pour les mélomanes.

Chacun interprétant quelques morceaux de son répertoire, ils dialoguent, échangent, accompagnant par exemple à sa façon la Mort de Didon de Purcell, ou bien ils se déclarent leur amour avec le célèbre duo « la ci darem la mano » dans lequel, pendant que chante les parties de Zerline, celles de Don Giovanni sont interprétées au violon par Didier Lockwood. Ils se lancent des défis aussi : le violoniste jouera une Sonate de Fauré sans rajouter une seule note, la cantatrice prendra le micro d’un impayable air dégoûté pour chanter Le jazz et la java.

Le public, auditeur attentif des petites histoires de douze ans de vie commune, participe : sur trois notes sifflées par un spectateur, Lockwood, accompagné par l’excellent pianiste Dimitri Naïditch, se lance dans une étourdissante improvisation.

Bref, il serait inutile de tout raconter : les musiques s’enlacent, se mêlent, se confondent, s’éloignent, se rejoignent, et c’est toujours de la musique. Ce spectacle, alliant tendresse et humour, a obtenu le Molière 2006 du meilleur spectacle musical, a été nominé aux Victoires de la Musique 2006, et sera représenté jusqu’au 6 janvier 2007 au théâtre Tristan Bernard. Il serait dommage de le manquer.