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Porgy and Bess utilement épuré

A l’issue de la première représentation de Porgy and Bess à Broadway en 1935, offrit à , le directeur du théâtre, un paquet de feuillets de la partition originale en le remerciant de lui avoir permis de couper près de quarante minutes de musique !

En 1970, la partition originale a été reconstruite et enregistrée trois fois. Lorin Maazel chez Decca, pour RCA et Sir pour EMI. Pour ce nouvel enregistrement, c’est la démarche contraire qui a été choisie. Le chef américain , assisté du musicologue , est revenu aux partitions laissées par alors qu’il dirigeait les répétitions des représentations de Broadway. Son travail de mise en place terminé, le compositeur ne devait plus revenir dans ce théâtre et par conséquent, ne plus modifier ses partitions avant sa mort qui devait survenir deux ans plus tard. A moins d’être un collectionneur invétéré, pour qui possède un (ou plusieurs) des enregistrements précédemment parus, il est peut-être inutile d’acquérir cette nouvelle mouture. Pourtant, cette interprétation jouit de quelques atouts non négligeables par rapport aux versions concurrentes. En plus d’avoir été utilement épurée !

La direction de donne au Nashville Symphony Orchestra un caractère chargé d’une certaine rudesse qui convient tout à fait à l’œuvre. Ici, l’aspect «grand opéra» de l’œuvre s’affirme par opposition à celui de «comédie musicale» qu’on retrouve dans les autres versions jusqu’ici présentées. Une attitude musicale responsable qui se reflète dans la manière qu’ont les solistes d’aborder leurs rôles. Ainsi, (Porgy) et Marquita Lister (Bess) affrontent leurs personnages avec beaucoup de conviction. Parmi les autres rôles, Linda Thompson Williams (Maria) affirme une foi débordante dans sa prière « Come on sister, come on brother » Même s’il est un peu trop langoureux, le « Summertime » de Nicole Cabell (Clara) est superbement chanté. (Sporting Life) est un parfait voyou distillant sans vergogne sa poudre aux yeux. Son « It ain’t necessarily so » est un irrésistible modèle d’ironie diabolique, de vulgarité contenue.

Le portrait de cette excellente version ne serait pas complet sans mentionner la parfaite préparation des chœurs.

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