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Sans retour de François Verret : dans la tourmente !

Corps frôlés par le vent de puissantes turbines, les haubans qui se balancent et une passerelle de bateau en métal projettent les danseurs dans l’univers inhospitalier de la haute mer et le fracas de la tempête, évoquée par Herman Melville dans Moby Dick. Psalmodié comme un gospel, le texte poétique de Charles Olson présente les personnages emblématiques d’Ismaël et d’Achab. Des séquences de calme, très contemplatives, succèdent aux séquences de tempête où les danseurs luttent contre le vent. Les superbes costumes à base de jersey de laine ardoise et de laine bouillie blanche évoquent les cordages de chanvre et les voiles déchiquetées du navire, une plaque de zinc tendue comme un arc symbolisant la baleine. Le tapis de danse immaculé et le fond de scène blanc, l’absence de machineries trop importantes font de Sans retour un spectacle moins sombre que les précédents opus de .

La danse, aussi, y est plus présente, âpre, impérieuse et violente, parfois très masculine et brute, parfois plus fluide et poétique. L’éclairage est souvent manipulé à vue par un des danseurs, saisissant un projecteur à pleines mains pour l’orienter vers un camarade, créant une atmosphère sophistiquée et sépulcrale, presque cinématographique. Les clins d’œil au cinéma ne manquent d’ailleurs pas dans ce spectacle, qui en utilise tous les artifices (projecteurs, ventilateurs surpuissants) jusqu’aux lunettes noires de la star ou des flics de films noirs. Beaucoup d’images naissent de ce spectacle ample, fluide et foisonnant, dont la grande beauté formelle sortirait renforcée par une meilleure lisibilité dans la juxtaposition des séquences.

Crédit photographique : © Christian Berthelot