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Elektra par Christoph von Dohnányi à Zurich

Ces derniers mois le DVD vient en renfort salutaire à l’opéra, et de manière tout à fait opportune et efficace. Et souvent de façon fort enthousiasmante. Pour une somme assez modeste, il devient loisible de regarder et écouter le répertoire d’opéra le plus large possible. Le sous-titrage multilingue contribue également à rendre plus intelligibles tous ces chefs-d’œuvre merveilleux. , à l’instar de tant d’autres bénéficie amplement de ce mouvement. Elektra, son opéra en un acte sur un livret de Hugo von Hofmannsthal, créé à l’Opéra de Dresde en 1909, a connu un nombre phénoménal de représentations et de mises en scène distinctes de par le monde. Sans revenir sur le récit de Sophocle et ses distorsions inventées par le librettiste pour les besoins de la scène en corrélation indéniable avec les apports de Freud et de Nietzsche, il apparaît qu’Elektra détend sensiblement le corset étriqué des conventions héritées des époques précédentes.

Encore une fois l’opulence de l’orchestre domine et s’impose et plus encore, reçoit le renfort de recherches sonores, parfois audacieuses car regardant vers les limites de l’harmonie, vers une certaine brutalité, vers une présence marquée des percussions, une rythmique plus primitive que d’ordinaire, un emploi appuyé des dissonances…

Tous ces paramètres se retrouvent exacerbés dans la direction de à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Zürich à la fin de l’année 2005. La direction scénique de insiste sur ces aspects modernistes et parvient à livrer un travail intéressant même si la nudité imposée ici ne s’avère pas plus dérangeante qu’indispensable, même si la chorégraphie peu inspirée insiste inutilement sur le grotesque.

L’orchestre luxuriant, chaleureux et très présent s’empare à juste titre et sans conteste de la vedette. Quant aux chanteurs, ils sont excellents et à l’aise avec en premier lieu la prestation de l’Elektra d’ très présente vocalement mais également imposante scéniquement. La mezzo-soprano (Clytemnestre) amplifie son personnage et lui colle à la peau depuis ses débuts dans ce rôle à Covent Garden en 1990. La rencontre d’Elektra et de Clytemnestre marque ici aussi un des sommets dramatiques de la partition, de même que les retrouvailles avec Oreste (), deux situations caractérisées respectivement par un tourment musical se rapprochant de l’atonalité et par une marche inexorable vers une grande tension paroxystique.

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