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Energie, fougue, perfection … merci Julia Fischer et Yakov Kreizberg

Si les œuvres pour violon soliste de Tchaïkovski sont peu nombreuses, toutes sont des pièces qui allient grande virtuosité et recherche de l’expressivité. L’énergie, la fougue mais aussi le pouvoir émotionnel du Concerto pour violon ont attiré plus d’un violoniste, plus d’un orchestre.

Moins connues, la Sérénade mélancolique, la Valse-scherzo et le Souvenir d’un lieu cher ont les mêmes atouts et difficultés, la même signature. Composées entre 1875 et 1878, ces quatre œuvres constituent à la fois un défi technique et une opportunité musicale pour les interprètes.

Nombreux sont les violonistes qui ont enregistré ou donné en public le concerto pour violon de Tchaïkovski, nombreux également ceux qui s’y sont légèrement brûlé les ailes. On peut louer la fougue et la musicalité de certains, mais parfois au détriment de la justesse et de la précision, d’autres – plus rares – ont choisi de soigner chaque note, chaque trait, mais parfois au détriment de l’énergie et de la mélancolie intrinsèque de cette œuvre ô combien difficile. , quant-à-elle, nous offre la perfection : énergie, fougue, chaleur du son, lignes mélodiques soignées, justesse impeccable. Cela vous emporte, tout simplement. Une déferlante de notes et de musique, d’émotions musicales, surtout, sans les petits dérapages ou grincements souvent inévitables dans une telle musique. Si l’ semble parfois, sur quelques petits passages, manquer un peu de rebond, il offre cependant un soutien magnifique au violon, avec la même chaleur, la même énergie, la même pâte sonore qui se déroule sans jamais faillir.

Les deux pièces suivantes bénéficient de la même magie romantique : virtuosité, précision, élans lyriques, énergie dramatique, le tout enrobé dans un ton délicieusement mélancolique.

Pour la dernière œuvre, Souvenir d’un lieu cher, s’installe au piano. Ses qualités d’accompagnateur à l’orchestre se retrouvent au piano. Et cette pièce, certainement la moins connue, attire irrésistiblement l’oreille : le son profond, doux, simple de s’associe parfaitement à la délicatesse de . Chaque son est cueilli au creux du silence et résonne avec une intensité émotionnelle saisissante. Si lors d’une première audition on est tenté de ne retenir des œuvres pour violon et orchestre que les élans rythmiques et les fortissimi, cette dernière pièce nous rappelle que la force de cet enregistrement réside également dans la délicatesse et l’intensité des passages piano.

D’aucuns ont tendance de reprocher à la musique de Tchaïkovski un goût trop prononcé pour les effets grandiloquents et une association permanente entre sentimentalisme et virtuosité … peut-être, mais n’est-ce pas ce qui, associé à une écriture qui ne tombe jamais dans la banalité, fait que l’on y retourne toujours par plaisir ?

Voilà en tout cas une version de référence pour tous les amoureux du grand romantisme … les mots ne pourront en rien égaler les sensations que procure cet enregistrement : écoutez-le !

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