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Grand Mahler pour Christian Arming ?

Que n'a-t-on écrit depuis un siècle sur la Symphonie n°5 de  ? Toujours est-il que l'on ne dénombre pas moins de 160 enregistrements pour cette œuvre-phare commencée en 1901-02 et perfectionnée par le compositeur jusqu'en 1909. On retiendra, selon son goût, selon la verve de l'interprétation, en tout cas pour la fréquentation de l'œuvre, la direction d'orchestre par Bruno Walter (1938 et 1947), par Leonard Bernstein (1963, 1968, 1972 et 1986), par Pierre Boulez (1968, 1970 et 1996), par Bernard Haitink (1970, 1986, 1988 et 2004), par Claudio Abbado (1980, 1983, 1993 et 2004) ; celle enfin de Lorin Maazel (1982, 1983, 1991 et 2002).

Œuvre popularisée – «sortie du purgatoire» dirent certains –, et immortalisée par sa mise en scène dans le film non moins célèbre de Visconti, Mort à Venise (1971), d'après le court ouvrage éponyme de Thomas Mann (1913).

Le Viennois est l'un des plus prometteurs chefs d'orchestre de la jeune génération. Depuis 1994, début de sa carrière, il a multiplié les apparitions auprès d'orchestres de renom. A moins de 35 ans, sa collaboration commencée en 2004 avec le New Japon Philharmonic se place selon deux angles d'activités. La programmation d'un tour des grandes salles européennes ainsi qu'une série d'enregistrements : à l'automne 2004, Fontec produisait un double CD avec la Symphonie n° 1 de Brahms et la Symphonie n° 3 de Mahler, vite suivi (été 2005) de l'enregistrement de la Symphonie n° 5.

La Symphonie n° 5 est construite de manière concentrique autour d'un mouvement central qui prend pour forme un «scherzo exubérant». Différentes polyphonies s'y font entendre, menant de façon irrésistible des ténèbres à la lumière, de la nostalgie à la joie.

Sans être brillante à l'extrême, la direction de sait faire passer des émotions et, à ce titre, fera réagir l'auditeur selon toutes les turbulences et les fulgurances de cette œuvre riche que l'on ne saurait résumer au célèbre Adagietto, le quatrième mouvement choisi par Visconti qui se dénoue dans une valse langoureuse. On relèvera bien sûr le deuxième mouvement, «sauvage et convulsif», qui croît de violence tout en faisant entendre un thème lyrique, ainsi que le rondo final qui précipite toute l'œuvre dans une dimension festive et fantaisiste, follement irrésistible.

A découvrir donc !

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